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Full text of "Catalogue sommaire des monuments exposés dans le Musée national de la̕rt arabe"

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: CATALOGUE SOMMAIRE 


DES MONUMENTS EXPOSÉS DANS LE 


MUSÉE NATIONAL 


DE 


L'ART ARABE 


T : I D NA Ve a 
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PAR 


MAX HERZ 


- Architecte en chef du Comité de Conservation des Monuments de Art Arabe 
| Délégué par le Comité à la Conservation du Musée. 


LE:CAIRE 


G. LEKEGIAN & C#*, ÉDITEURS 


1895 


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5 


SMITHSONIAN 
INSTITUTION 
Dur 7 


CATALOGUE SOMMAIRE 


DU 


MUSÉE ARABE 


TOUS DROITS RÉSERVÉS 


ER Ed et ge 
Le Caire. — Imp. J. BARBIER. — 1805 


CATALOGUE SOMMAIRE 


MUSÉE NATIONAL 


L'ART ARABE 


PAR 


MAX HERZ 


Architecte en chef du Comité de Conservation des Monuments de l’Art Arabe. 
Délégué par le Comité à la Conservation du Musée 


LE CAIRE 


G. LEREGIAN & Cr", ÉDITEURS 


‘1895 


À SON ALTESSE 


ABBAS II 


=. 


KHÉDIVE D'ÉGYPTE 
SUR SA HAUTE AUTORISATION 
CET OU ER AGE 


EST RESPECTUEUSEMENT 


DÉDIÉ 


Bar 
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: 


PA 


 AVANT-PROPOS 


rs ER 


Le Musée national de l’art arabe est une 
inslitulion récente. Tandis que la littérature 
arabe était déjà au XV siècle l'objet d'études 
assidues en Occident, il n'en était pas de même 
de l’art qui, en décadence dès: cette époque, 
notamment en Egypte, n'était pas méme connu 
en Europe, si ce n’est, dans une certaine me- 
sure, l’art mauresque. Plus tard quand l’inté- 
rêét commença à s'éveiller sur cette question, 
ce ne fut que d'une manière toute superficielle, 
ainsi qu'en font foi les reproductions fantaisistes 
qui accompagnaient ordinairement les ouvrages 
sur l'Orient. 


Les événements politiques qui marquèrent le 
commencement du XIX® siècle, en créant des 
relations permanentes entre l'Orient et l'Occident 
permirent aux voyageurs de s'initier à l’art mu- 
sulman. Mais il s’en faut qu'il ait tout d’abord 
été apprécié à sa juste valeur. Ce n'est guère 


LT 


13 AVANT-PROPOS 


qu'en ces dernières années que le goût du public 
s'y est intéressé el que les collections publiques 
et privées lui ont réservé une place. Il est cu- 
rieux de noter que cette tendance nouvelle coïn- 
cideavec l'invasion en Egypte des produits étran- 
gers, qui cependant n'ont pas le moindre rapport 
avec les conditions matérielles et morales dupays. 


Un grand nombre d’édifices, débris de l’an- 
cienne splendeur, firent alors place à des con- 
structions d'un art bâtard et sans caractère. 
Quelle riche moisson s’offrit en cette occurrence 
aux amateurs de ces ruines précieuses ! La spé- 
culation ne tarda pas à s'en mêler; tout ce qui 
portail le cachet d’un joli style, d’une belle cré- 
ation, quelle qu'en fût la provenance, maisons 
particulières, palais, mosquées, ne tarda pas à 
prendre le chemin de l'Europe. Il était grand 
temps que l’on organisât le sauvetage des der- 
niers vestiges pouvant encore attester le haut de- 
gré de développement artistique atteint par la 
civilisation arabe. 

Ce fut en 1869 que S. A. le Khédive Ismail 
décida, sur la proposition de l'architecte Salz- 
mann, la création d’un Musée arabe. Il chargea 
S. E. Franz Pacha, alors chef du bureau. tech- 
nique de l'Administration des wakfs, d'appro- 


AVANT-PROPOS III 


prier dans ce but un bâtiment appartenant à 
l'Etat. On ne donna malheureusement pas suite 
à cette décision d’une utilité incontestable, le 
local désigné ayant été affecté à une autre 
destination. Ce ne fut que onze ans plus tard 
que ce projet reçut un commencement d’exécu- 
lion, en vertu d'un ordre de $. A. le Khédive 
Tewfik, invitant l'Administration des wakfs à 
réunir dans un local spécial tous les objets ar- 
listiques de réelle paleur recueillis dans les an- 
ciennes mosquées. 

S. E. Franz Pacha fut de nouveau chargé de 
l'organisation du Musée ; il s'acquitta de cette 
mission avec autant de zèle que d'intelligence. 

Tout ce qui avait survécu aux injures du temps 
et avait échappé aux mains avides des collection- 
neurs, fut dégagé du milieu des décombres accu- 
mulés depuis des siècles. Les arcades formant 
le liwan Est de la mosquée d’el-Häkem, servirent 
de premier asile aux fragments et aux diverses 
pièces que l’on recueillait activement de tous 
côtés. 

Toutefois le Musée ne prit un développement 
réel qu'en 1SSr, lorsqu'un décret khédivial eut 
institué le «Comité de conservation de l'art arabe» 
dont l'art. 4 définissait ainsi les attributions : 

«Le Comité portera son attention sur toutes 


4 AVANT-PROPOS 


les trouvailles qui pourraient avoir de l'intérêt 
pour l’art arabe.» 

La surveillance du Musée se trouvait par là 
dévolue au Comité, dont l'actif concours n'a, du 
reste, jamais fait défaut à cette institution. 

$S. E. Yacoub Artin Pacha, feu Rogers Bey, 
avec le concours de MM. Grand bey et Baudry, 
ont été pour S. E. Franz Pacha de précieux col- 
laborateurs dans la classification des collections 
du Musée. Les deux premiers surtout, grâce à 
leurs connaissances spéciales, ont apporté un 
réel talent dans le déchiffrement des inscriptions, 
dont beaucoup présentaient de grandes difficul- 
tés de lecture ‘. 

Par suite de l'augmentation continuelle des 
collections, le Comité reconnut bientôt la néces- 
sité d’abriter les objets qui entraient chaque jour 
au Musée et qui ne trouvaient plus de place sous 
les arcades du liwan. Il demanda, en consé- 
quence, à la Direction des wakfs un local plus 
vaste et répondant mieux aux besoins du Musée. 
La Direction des wakfs accéda à cette demande 
et désigna une construction bâtie en 1883 dans 


1 à : £ 

Nous avons pris ces renseignements dans un rapport rédigé 

par S.E. Franz Pacha, ainsi que dans quelques notes que m'a gra- 
cieusement communiquées S. E. Artin Pacha. 


AVANT-PROPOS N: 


la cour même de la mosquée d’el-Häkem. Ce lo- 
cal lui-même, il est aisé de le reconnaitre, est 
aujourd'hui insuflisant ; une grande partie des 
collections est, par manque de place, entassée 
péêle-méêle, et un nombre considérable de pierres 
funéraires dont les inscriptions présentent un 
incontestable intérêt, ne peuvent étre convenable- 
ment exposées, 
Le Comité, convaincu de l'importance du Mu- 
sée au double point de pue de la science et du 
développement des arts industriels, qui peuvent 
J' trouver des modèles, a cru devoir appeler l’at- 
tention du Gouvernement de Son Altesse sur la 
nécessité d'installer les collections dans un local 
mieux approprié. Cette demande a heureusement 
reçu l'accueil le plus favorable ; aujourd’hui la 
construction d'un bâtiment spécial affecté au Mu- 
sée arabe et à la Bibliothèque khédiviale n’est 
plus qu'une affaire de temps. Il faut donc espé- 
rer que, dans un avenir prochain, chacun pourra 
admirer ces trésors artistiques dans un milieu 
digne de leur haute valeur. 
Depuis 188 7,c'est-à-dire depuis que S.E.Franz 
Pacha s’est retiré du service actif de l'Adminis- 
tration des wakfs, le Musée est resté sans di- 
recteur effectif et a été privé, par conséquent, de 
surveillance directe. Il en est résulté un grand 


vx AVANT-PROPOS 


relâchement dans l'entretien des collections, et 
c'est à la suite de nombreuses plaintes soulevées 
à ce sujet, que le Comité, dans sa séance du 20 
avril 1892, me fit l'honneur de me charger de. 
la surveillance du Musée et de sa gestion. 

: Mon premier soin fut de reviser l'inventaire 
el de procéder à unnumérotage rigoureux des ob- 
Jets. Estimant alors que le public devait tirer 
profit de cette nouvelle classification, je dressai 
à son usage un catalogue sommaire qui ne fut 
pas imprimé, mais dont le manuscrit fut déposé 
dans les galeries à la disposition du public. 

Le nombre des visiteurs devenant d'année en 
année plus considérable, j'ai cru utile de dresser 
un nouveau catalogue raisonné, c’est-à-dire ne 
se bornant pas à la simple énumération des objets 
exposés, mais pourou d'indications techniques et 
historiques. Cette disposition leur permettra 
d'embrasser d’un coup d'œil toutes les phases 
par lesquelles ont passé les diverses branches 
des arts industriels représentés au Musée. Dans 
cette tâche quelque peu aride, j'ai dû recourir, 
en ce qui concerne la provenance des objets, à 
l'inventaire dressé jadis par S.E. Franz Pacha. 
Dans l'exéculion de ce travail, j'ai apporté le 
plus grand soin à ce que les inscriptions fussent 
relevées avec exactitude. Je liens à signaler ici 


AVANT-PROPOS VII 


l’intelligent concours que m'a obligeamment prêté 
Youssef effendi Ahmed, dessinateur au bureau 
du Comité, et dont j'ai eu souvent occasion 
d'apprécier l'habileté toutes les fois qu'il s'est agi 
de reconstituer des textes mutilés, études sur 
la calligraphie et l'épigraphie arabes à toutes 
les époques. Le Musée, tel qu'il est actuellement 
composé, n'offre pas encore un aperçu complet 
de toutes les branches de l’art arabe appliqué 
à l'industrie; les armes et les armures, par 
exemple, y font complètement défaut ; l'industrie 
textile y est à peine représentée, les ouvrages 
en cuir ne le sont que par des reliures. 

Ainsi que nous l'avons déjà dit, le Musée arabe 
ne fait que débuter, mais il a un bel avenir de- 
sant lui. Un grand pas sera fait le jour oùles 
collections seront exposées dans les galeries qui 
lui sont réservées ; là seulement elles pourront at- 
teindre tout le développement dont elles sont sus- 
ceptibles. Ilsera temps alors d’aviser au moyen 
de les enrichir par la vente ou l'échange des 
doubles, et surtout par les acquisitions favorisées, 
nous l’espérons, par les libéralités du Gouverne- 


ment de S. A. le Khédive. 
M. H. 


— 8e SEE he 


INTRODUCTION 


es ie ie —0— 


Le Musée de l’art arabe ne peut avoir, 
dans son état actuel d'autre prétention que 
de nous offrir d’intéressants échantillons de 
diverses branches d'industrie. Leur valeur est 
parfois inégale, mais nous ferions bon mar- 
ché de ce défaut si nous n'avions pas à con- 
stater des interruptions par trop fréquentes 
dans les séries. Nous serons malheureuse- 
ment oblig:s de constater qu’il en est qui 
ne sont représentées que par une époque. 

Quoi qu'il en soit, dans les chapitres con- 
sacrés à chaque art en particulier, nous nous 
efforcerons. de donner une idée aussi com- 
plète que possible du génie national, en nous. 


X INTRODUCTION 


servant soit des échantillons que le Musée 
a pu recueillir, soit des monuments que le 
temps a respectés. C’est par l'architecture 
surtout que nous pourrons concevoir le tem- 
pérament artistique des Arabes. Les merveil- 
leux monuments que nous admirons encore 
ne sont pas seulement de muets témoins des 
lointaines époques, ils nous révèlent encore 
que l'architecture était pour les Arabes l’art 
par excellence et cela à un degré qui n'a 
jamais été atteint chez les peuples occiden- 
taux. Chez eux, les diverses branches de 
l'art n’ont, pour ainsi dire, pas de vie propre 
en dehors de l'architecture ; le peintre et le 
sculpteur se résignent à n'être que de simples 
auxiliaires du constructeur. C’est grâce à: 
ces conditions que l'architecture put prendre 
un essor considérable et créer des formes 
d’une rare perfection. : 

Une autre considération nous impose ici 
l'étude sommaire de l’architecture, c’est que 
le Musée est particulièrement riche de ces 
objets mobiliers, accessoires ordinaires des 


INTRODUCTION XI 


mosquées, qui étaient dans un rapport in- 
time et harmonieux, avec l’ensemble de l’é- 
difice. Dés lors, comment s’en faire une 
idée exacte sans avoir une notion de la struc- 
ture et de l’économie de ce même édifice ? 

La méthode que nous nous proposons de 
suivre est la méthode historique ; les grandes 


divisions de l’histoire de l’art étant en par- 


faite correspondance avec les principales pé- 
riodes de l'histoire politique, nous allons 
nous astreindre à les examiner l’une après 
l’autre. 


Dynastie des premiers khalifes. — Dynasties 
des Omayyades et des Abbassides. 
18-256 de l’hégire (639-8770). 


Bien que l'Egypte ait été conquise dès 
l'an 18 de l’hégire (639) par le second kha- 
life, elle ne joua qu'un rôle secondaire tant 
qu'elle fut administrée par des gouverneurs 
sous la suzeraineté des khalifes. Cet état de 
choses dura près de deux siècles et demi, 


Histoire 


XII INTRODUCTION 


pendant lesquels plus de cent gouverneurs 
administrèrent le pays sans avoir pu le lan- 
cer dans la voie du progrès. 

Si nous exceptons, en effet, l'illustre gé- 
néral Amr ibn el-Ass qui a doté de la pre- 
mière mosquée la nouvelle ville de Fos- 
tât dont il fut le fondateur, nous ne con- 
naissons aucun autre gouverneur qui ait at- 
taché son nom à quelque importante création. 
Cette époque, stérile au point de vue de l’ar- 
chitecture, embrasse les règnes des quatre 
premiers Kkhalifes, toute la dynastie des 
Omayyades, dont le siège était à Damas, et 
celle des Abbassides qui avaient choisi Bag- 
dad comme capitale de leur vaste empire. 

Dès l’origine, pourtant, les princes abbas- 
sides se distinguent par leur amour des 
sciences et des arts. Le fondateur de cette bril- 
lante dynastie (762) fait traduire les ouvrages. 
étrangers et le goût scientifique se propage 
vite dans toutes les classes de la société mu- 
sulmane. Haroûn-el-Rachid (786), le con- 
temporain de Charlemagne, donne une im- 


INTRODUCTION XIII 


pulsion considérable à la civilisation arabe. 
Sa haute et libérale protection ne s’éten- 
dait pas seulement aux lettres etaux sciences; 
les arts étaient aussi l’objet de sa sollicitude 
éclairée. Son goût très vif pour l'architecture 
est resté légendaire. Son filset successeur, 
el-Mamoûn, protège les travaux intellectuels 
avec la même magnificence, mais son tem- 
pérament le portait de préférence vers les 
sciences. Ce prince visita l'Égypte en 217 
de l'hégire et s’occupa de la restauration 
du nilomètre de Rodah, construit une cen- 
taine d'années auparavant. Il y fit graver 
une inscription coufique que l’on voit encore 
aujourd’hui. 

Cette époque splendide ne nous a guère 
laissé que des monuments littéraires ; pour 
ce qui est des arts en général et plus particu- 
lièrement de l'architecture, il ne nous en reste 
rien d’appréciable. On ne peut que regretter 
cette lacune, car il eût été intéressant d’étu- 
dier les manifestations d’un art encore à son 
aurore. 


XIV INTRODUCTION 


A défaut de monuments, nous devons faire: 
appel à la tradition historique pour deman- 
der la solution du problème des origines 
de l’art arabe. Nous savons que les Romains 
et les Grecs de Byzance firent rayonner leur 
civilisation jusqu'aux plus lointaines régions 
de l'Orient. C’est là qu’il faut chercher les 
racines de cet art né avec la nouvelle foi. 

De la même manière que l’évolution, dans 
la nature, est un phénomène continu, sans 
aucune espèce d'interruption, ni de saut 
brusque, l'esprit, lui aussi, ne progresse que 
pas à pas et les idées rouvelles, quelle que 
fût leur énergie, ne pouvaient créer d’un seul 
jét la splendide civilisation musulmane: elles 
devaient nécessairement prendre pour base 
l’ordre de choses existant. Les chefs-d'œuvre 
que l'antiquité avait semés partout, se trou- 
vaient à portée des artistes de la jeune é- 
cole ; il y avait là un terrain particulière- 
ment propice à l’éclosion de ces germes ar- 
tistiques qui devaient en peu de temps por- 
ter de si beaux fruits. Nous comprenons dés 


INTRODUCTION XV 


lors que l'art ait conservé un caractère 
identique en Egypte,en Syrie aussi bien qu’en 
Espagne, puisque les conditions étaient les 
mêmes pour ces contrées!. 

Il est donc tout naturel que, si l’on con- 
sulte les rares vestiges de cette première 
époque parvenus jusqu'à nous, nous retrou- 
vions une ressemblance flagrante entre l’art 
de l'Egypte et celui de ces pays. 

Malheureusement, ce ne sont pas les édi- 
fices encore debout qui nous renseigneront 
sur la valeur artistique des deux premiers 
siècles, ce sont les entrailles de la terre qui 
seules pourront nous donner de précieuses 
indications. En fouillent les mamelons qui 
s'étendent au sud du Caire, nous retrouvons 
‘peu à peu les objets enfouis dans les tom- 


1 M. AI. Riegl, dans ses Stilfragen, donne, dans son 4% 
chapitre une intéressante étuda sur les arabesques. Il dé- 
montre que les diverses formes du feuillage générateur de 
l’arabesque,dérivent de l’ornementation antique. 

Son travail peut être considéré comme une des études 
les mieux documentées sur les origines de l’art arabe. 


KVI INTRODUCTION 


beaux depuis les trois premiers siècles de 
l’hégire. C'est ainsi que nous avons découvert 
des épitaphes en lettres coufiques, gravées 
en relief sur des dalles de toute forme. 

Le texte de l'inscription est presque tou- 
jours encadré d’une bordure à peu près sem- 
blable à celle que l’on rencontre sur les mo- 
numents coptes (Egypto-Byzantins). ! 


ÎLe Musée des antiquités égyptiennes contient ce pré- 
cieux restes de la primitive civilisation chrétienne en Egypte. 

Voir notamment Gayet, dans sa dissertation sur cet art, 
qu’il donne comme le générateur primordial de tout l’art 
arabe. 

Mais on ne saurait admettre la thèse qu’il soutient dans 
son ouvrage intitulé: L’Art Arabe, où il prétend que l’art 
musulman, dans presque toutes ses manifestations, n’est 
qu'une dérivation de l’art copte. 

La civilisation des Coptes relevait de l’esprit byzantin ; 
leur religion ne se différenciait nullement de celle du reste 
de l'empire grec. Si, à l’origine, l'esprit musulman s’est in- 
spiré des œuvres byzantines et si, en Egypte, il s’est laissé 
influencer par l’art copte, cet état ne pouvait être station- 
naire. L'art copte continuait son évolution normale dans la 
voie qui lui avait été tracée par les siècles écoulés, tandis 
-que, sous l'influence d'aspirations nouvelles, guidés par des 
lois qui rompaient violemment avec les anciennes traditions, 
les musulmans devaient accepter les conséquences de cette 
révolution religieuse, subir son impulsion vers d’autres 
voies, devenir, en un mot, un peuple nouveau. 


INTRODUCTION XVIE 


Ces tombeaux renferment encore un grand 


nombre de boiseries dont la provenance est 
souvent difficile à déterminer, et qui ont ser- 
vi à confectionner des cercueils. 

Nous y retrouvons le plus ancien spéci- 
men des travaux d'assemblage; les pein- 
tures et les sculptures quiles décorent sont 
de style byzantin. 


Dynastie des Toulounides 
257-298 (8'70-904) 
L'an 255 de l’hégire (868), Ahmed ibn 
Touloûn, fils d’un esclave affranchi du-kha- 
life de Bagdad, fut nommé gouverneur de 


l'Egypte. 


Les Coptes eurent l’avantage de trouver leur route toute 
tracée; ils n'avaient plus qu’à suivre la direction que leur 
imprimait la civilisation mère. Les musulmans, au contraire, 
de prime abord aux prises avec de nombreuses difficultés, 
en lutte avec leur entourage, rompant avec le passé, se trou- 
vèrent subitement dans un complet isolement et durent 
avoir un moment d’hésitation.— Voyez aussisur la civilisa- 
tion copte l'étude de M. GEORG EBers, Sinnbildliches. Die 
Koptische Kunst ein neues Gebiet der altchristl. Sculptur 
und ihre Symbole. 


Histoire. 


Architecture. 


XVIII INTRODUCTION 


L'année suivante, il se déclara indépen- 
dant et ne voulut reconnaître aux khalifes 
de Bagdad que le pouvoir temporel. Avec 
cet événement, l'Egypte entre dans une ère 
nouvelle ; elle à alors, en quelque sorte, son 
histoire à elle, et le rôle qu'elle joue dans 
le monde musulman est des plus brillants. 
La dynastie des Toulounides a donné cinq 
souverains et a duré trente-sept ans. Pen- 
dant cette courte période, et surtout sous le 
règne du fondateur dé la dynastie, la richesse 
et le bien-être se répandirent en Egypte et 
favorisèrent, en même temps que la prospé- 
rité des métiers, l'épanouissement des arts. 

Le goût des constructions se développa 
bientôt et dota la capitale de nouveaux et 
magnifiques quartiers. Près de Fostât, à 
Askar, s’élevèrent de splendides palais, en- 
tourés de vastes jardins. Au palais du prince 
construit avec un luxe inouï, s'adossait le 
grand Meidân où l’on assistait à ces merveil- 
leux tournois qui étaient alors en faveur. 

Mais l’esprit créateur n'était pas uni- 


INTRODUCTION XIX 


quement concentré sur les constructions 
de luxe et de plaisirs ; les établissements 
d'utilité publique n'étaient pas négligés non 
plus et nous devons noter que c'est à Fos- 
tât que fut érigé le premier hôpital. Ahmed 
ibn Touloûn fit construire au milieu du 
nouveau quartier, sur le mont Yachkour, la 
belle mosquée qui porte son nom. 


Construite l'an 876, cette mosquée fut 
souvent délaissée. Tour à tour fermée, ré- 
parée, réouverte, et de nouveau abandon- 
née, elle eut des fortunes diverses et fut, pen- 
dant mille ans, le constant témoin des 
événements qui se sont déroulés en Egypte. 
La mosquée d'Ahmed ibn Touloûn subsiste 
encore aujourd hui et, dans les parties que 
le temps a respectées, elle nous offre des 
documents d’une inestimable valeur. Nous 
pouvons nous rendre compte des méthodes 
dont se servaient les architectes au IlIme 
siècle de l’hégire. 

La mosquée s'élève sur un plan rectan- 
gulaire. Sur les piliers, entourant la grande 


XX INTRODUCTION 


cour à ciel ouvert, reposent les arcs qui 
supportent la couverture en bois. Le grand 
axe du plan est orienté dans la direction 
de la Mecque. Le mihrâb (niche de prière), 
près duquel se trouve le minbar (chaire) 
est creusé dans le mur tourné vers la ville 
sainte, | 


Les parties couvertes, où l’on prie, portent 
le nom de /zouân. La cour proprement dite 
celui de sahn. 


Au centre de cette cour s'élevait primi- 
tivement une fontaine monumentale, ayant 
en son centre un Jet d'eau, lequel a fait 
place à une fontaine d'apparence plus mo- 
deste. 


En dehors de la mosquée et sur le côté 
opposé au mihrâb s'élève le minaret ! (me- 
nara ou madna). 


! Outre ce minaret en pierre de taille, la mosquée en 
possédait encore deux autres construits aux extrémités du 
mur du mihräb. 


Le seul des deux qui subsiste aujourd’hui est celui de 


INTRODUCTION XXI 


Le plan de cette mosquée, du moins 
dans ses parties essentielles, est semblable 
à celui de la première mosquée érigée au 
Caire. Cette forme s’est maintenue, à peu 
de choses près, à travers les siècles, même 
aux époques où de nouveaux modèles 
furent introduits en Égypte. Ce qui, pour 
nous, à un intérêt particulier, ce sont les 
détails mêmes de la construction. 


La maçonnerie est en briques crépies. 
Les grands piliers sont ornés, aux quatre 
coins, de colonnes engagées, dont la base 
imite les piédestaux antiques que lon 
retrouve dans un grand nombre de con- 
structions. . 

Le chapiteau est campaniforme et le feuil- 


l’angle est ; il est construit en briques et ses dimensions 
sont des plus modestes, 

De nombreux indices militent contre l'opinion qui fait 
remonter la construction du grand minaret à l’époque 
même de la fondation de la mosquée. Ni la maçonnerie, 
ni la forme des arcs du soubassement ne permettent de le 
rattacher à l’ensemble de l’édifice. 


XXII INTRODUCTION 


lage qui le décore paraît être une dérivation 
de l’acanthe. | 

On voit par cette courte description à 
quelle source puisèrent les vieux construc- 
teurs arabes. 

Si ces exemples ne suffisent pas, nous 
pouvons encore signaler les méandres que 
l'on remarque dans la bordure des arcs, la 
plate-bande en mosaïque de la couverture du 
mihrâb, les colonnes elles-mêmes du mihräb 
et une foule d’autres détails qui sont au- 
tant de preuves à l’appui de notre opinion’. 

Il ne saurait y avoir de doute que la 
mosquée grandiose élevée par Ahmed ibn 
Touloûn n'était pas une œuvre créée spon- 
tanément de toutes pièces. Nous ne pou- 
vons croire un instant que ce bel organisme 


Î Les intrados de quelques ares ont conservé leur 
ornementation. Elle consiste en un réseau polygonal meu- 
blé d’arabesques, le tout finement gravé dansle plâtre. Nous 
n'avons pas besoin d'insister sur l'importance de cette 
constatation. Dès le 3" siècle de l’hégire, le principe de 
l’ornementation arabe : l’entrelac polygonal et l’arabesque 
est tout trouvé. 


INTRODUCTION XXIII 


soit sorti, comme la Minerve, fille de Jupiter, 
du cerveau d’un seul créateur. 


Nous devons y voir, au contraire, un dé- 
veloppement normal qui a eu son point de 
départ dans la nécessité de créer un art 
nouveau en rapport avec une foi nouvelle. 
Malheureusement, nous ne pouvons invoquer 
d’autres témoignages que ceux qui nous sont 
fournis par les débris recueillis dans les 
tombeaux dont nous avons parlé. 

Or la sculpture des boiseries que nous y 
avons trouvées est identique à celle des baies 
des portes de la mosquée d’Ahmed ibn 
Touloûn. La conclusion est facile à tirer. 


Khalifes Abbassides.— 292-322 (905-934) 
(4 


Dynastie des Ekhchidites.— 323-362 (934-972). 


La dynastie des Toulounides, qui s’an- 
nonçait comme devant fournir une longue 
carrière, s’éteignit au bout de trente-quatre 
ans. Elle fut remplacée par celle des Abbas- 


Histoire. 


. Architecture. 


XXIV INTRODUCTION 


sides qui parvint à réunir le pouvoir 


spirituel au pouvoir temporel. Mais elle eut 
une durée aussi éphémère que la précédente. 
Abou-Bakr Mohamed ibn Takadj, qui gou- 
vernait l'Égypte au nom du khalife Raddi 
Billah, profita de la faiblesse de ce dernier 
pour se rendre maître absolu de cette magni- 
fique contrée. Il se déclara indépendant l’an 
935 de.J.-C. et prit le titre d'Ekhchid, c’est- 
à-dire de roi des rois. C'était le titre que 
prenaient les princes régnants de Fer- 
ghana, dont Abou-Bakr se disait originaire. 
Sous cette dynastie le pays ne goûta pas la 
tranquillité qu’on lui avait fait entrevoir. 
Le fait historique le plus saïillant de cette 
époque consiste dans les rélations intimes 
qu’entretenaient les princes égyptiens avec 
les cours asiatiques et .avec.,la Syrie, qui 
continue à unir son sort à celui de l'Égypte. 
Les guerres intestiries et les Complications 
que faisait naître une politique ondoyante ne 
pouvaient être favorables au progrès de l’art. 
Aussi l’histoire ne fait-elle aucune men- 


INTROPDUCÆFION XXV 


tion de travaux d'architecture. Aucun vestige, : 


d’ailleurs, n’est venu nous éclairer à ce sujet. 
Dynastie Fatymite. 
362-567 (972-1171) 

L'an 362, Moezz ibn el-Mansour fit la 
conquête de l'Égypte. Moezz appartenait à 
une dynastie indépendante des khalifes 
abbassides. Son royaume était situé au 
nord de l'Afrique et s'étendait jusqu'aux 
frontières égyptiennes. 

Les princes de cette dynastie se donnaient 
le nom de Fatymites parce qu’ils prétendaient 
descendre de Fatyma, fille du Prophète. 

Venue de l’ouest des montagnes de l’At- 
las, la tribu guerrière à laquelle appartenait 
le fondateur de cette dynastie s'était emparé 
de Kaïrouan. Déjà l’an 300 de l’hégire, un 
aïeul de Moezz se sentait assez fort pour 
attaquer l'Egypte. 

L'expédition ne fut pas heureuse, maïs les 
villes d'Alexandrie et de Medinet el-Fayoum 
restèrent néanmoins en sa possession. Plus 
tard, Gôhar, un des généraux de Moezz, fit 


Histoire. 


XVI . INTRODUCTION 


une nouvelle campagne contre l'Egypte, dont 

il réussit à s'emparer au nom de son maître. 
Avec les Fatymites s’ouvre pour l'Egypte 

une ère toute différente des précédentes. 

. Le pouvoir spirituel des khalifes abbassides 
tombe entre les mains des Fatymites, haïs 
comme chiütes! par leurs prédécesseurs. 

Sous les deux premiers rois de cette dy- 
nastie, l'Egypte se reprend et devient pros- 
père. Mais déjà, sous le règne de Hâkem bi 
Amr Allah, second successeur de Moezz, 
elle connaît de nouveau la misère et la déso- 
lation. D'un esprit inquiet et tyrannique, ce 
prince est sans cesse en butte aux révoltes 
que provoquent des ordres insensés et cruels. 

L'Egypte prend ensuite un nouvel essor, 
grâce, surtout, à la sage administration du 
premier ministre Bedr el-Gamâli. Mais cette 
tardive prospérité ne dure qu'un instant ; 
l'Egypte traverse bientôt une autre période 


1 Les chiites (hérétiques) reconnaissaient Ali, gendre du 
Prophète, comme le vrai élu de Dieu. 


INTRODUCTION XXVII 


de troubles sous les derniers princes faty- 
mites. : : 

C'est à cette époque que les premiers 
. croisés paraissent devant Constantinople et 

s'emparent de Jérusalem (1099), qu'ils en- 
lèvent à l'Egypte. 

Dans leur pays d’origine, les ae Architecture. 
avaient déjà élevé de nombreux monuments. 
Encore aujourd'hui, on voit en Sicile les 
constructions qu'ils y ont laissées. 

A peine le général Gôhar a-t-il achevé 
la conquête de l'Egypte, qu'il s'occupe de 
fonder une nouvelle capitale. Construite au 
nord de Fostât, la ville fut entourée de mu- 
railles. Au milieu s'élevait le palais du nou- 
veau maitre. Cette capitale reçut le nom 
d'el-Khâira, c’est-à-dire Ze Wrcéorieuse. 

Les grands dignitaires groupèr:nt leurs 
palais autour de la résidence du prince, et 
les travaux d'architecture furent l’objet de 
soins tout particuliers. 

Aujourd’hui ces palais ont disparu. A + 
place s'élèvent d’autres monuments autour 


XX VIII INTRODUCTION 


desquels se groupent des constructions mo- 
dernes. De cette glorieuse époque, il nous 
reste bien peu de choses. En premier lieu, 
nous citerons la mosquée d’el-Azhar, la pre. 
mière qui fut édifiée par le nouveau con- 
quérant. Elle a subi de nombreuses restau- 
rations. 

Signalons encore : la mosquée d’el-Hä- 
kem, qui, aujourd’hui, n'offre plus que des 
ruines ; la petite mosquée d’el-Akmar, éri- 
gée par le khalife Amer bi Ahkâm Allah 
en 519 de l'hégire; enfin la mosquée de 
Telayeh Abou Rezyk, le puissant ministre 
des derniers Fatymites. 

La plus ancienne de ces mosquées, celle 
d’el-Azhar, imite la mosquée d'Ibn Touloûn, 
du moins dans ses dispositions générales. 

On y voit de même une grande variété 
dans l'ordonnance des piliers et des colonnes. 
Ce qu’il y a de remarquable surtout, ce sont 
les arcs de forme dite persane ; il semble que 
ce soit là une innovation introduite en Egypte 
par les Fatymites. Nous remarquons en effet 


INTRODUCTION XXIX 


cette forme d'arc dans les autres monuments 
fatymites que nous avons énumérés. Il n’y 
a que la mosquée d’el-Hâkem où l'arc re- 
tourne à la forme ogivale employée dans la 
mosquée d'Ibn Touloûn. On remarque, 
d’ailleurs, entre ces deux mosquées, bien 
d’autres points de ressemblance. Quoi- 
qu’elles aient été construites à un siècle 
d'intervalle, nous pouvons encore distinguer 
les parties qui permettent de les apparenter, 
tout en reconnaissant à la mosquée d’el-Hâ- 
kem une plus grande liberté d’allure dans 
les diverses compositions. 

Nous appelons notamment l'attention sur 
les sculptures des tirants en bois qui re- 
lient les piliers, celles des panneaux de la 
porte exposée dans le corridor du musée. 
(N°°Yr.) 

La mosquée de Telayeh, construite cent 
soixante-quinze ans après celle d’el-Häkem 
et conçue dans le même esprit, marque déjà 
un notable progrès dans les travaux d’orne- 
mentation. Tandis que, dans la mosquée d’el- 


XXX INTRODUCTION 


Hâkem, les arabesques qui ornent les frises 
d'inscriptions sont pleines, ici elles se ré- 
solvent en une foule de détails qui produit 
sur l'œil l'effet d’un véritable filigrane. On 
peut affirmer que dans la mosquée de Te- 
layeh, les arabesques atteignent un dezré de 
développement qui se maintient pendant 
plusieurs siècles et qui ne le cède en rien à 
la beauté des décorations des siècles posté-: 
rieurs. La mosquée el-Akmar, construite 
trente ans 2près celle d’el-Hâkem, nous offre 
une précieuse particularité : c’est la seule 
qui nous ait conservé, de la période faty- 
mite, un exemple de façade correspondant 
avec les dispositions du monument. Jus- 
qu’alors, les façades ne jouaient qu'un rôle 
secondaire et nous ne pouvons en signaler 
aucune qui mérite vraiment ce nom. C'est 
un legs précieux que nous a fait cet âge 
intéressant, car il n’y a guère que là que 
nous puissions nous faire une idée complète 
des façades telles qu'elles ont été créées 
dans les monuments cités jusqu'ici. Il faut 


INTRODUCTION  XXXI 


avouer que les murs longs et bas qui clôtu- 
raient les mosquées se prêtaient fort peu à 
la formation de la façade. | 
Les modestes dimensions de la mosquée 
d'el-Akmar permettaient du moins de tenter 
un essai original. C'est ainsi que dans la 
façade sud, le portail est creusé en forme de 
niche peu profonde à sa partie supérieure et 
décorée d’un système de cannelures, dont 
l'idée première paraît être un emprunt à 
l'architecture classique à coquilles. Le 
milieu de cette coquille est percé d'une 
rosace à claire-voie dont le grillage se com- 
pose d’ornements et d'inscriptions. Le rin- 
ceau qui borde cette fenêtre rappelle, d'une 
fecon remarquable, le style byzantin. Il est 
probable que cette forme plus riche, plus 
chatoyante, ait déterminé les artistes à dé- 
laisser le style plus sobre des époques pré- 
cédentes. Ce même portail est, en outre, flan- 
qué de deux petites niches, le tout couron- 
né d'une frise avec inscription coufique. 
L'angle formé par cette façade et la fa- 


XXXII : INTRODUCTION 


çade nord est à pan coupé, et la transition 
s'opère à l’aide d'un système de stalactites 
superposées qui, à ma connaissance, en 
est le premier exemple dans l'architecture 
arabe d'Egypte. 

De là à résoudre ensuite les problèmes 
les plus compliqués en ce genre, il n’y avait 
qu'un pas. Il fut rapidement franchi!. 

Pour compléter la liste des monuments 
qui appartiennent à la domination fatymite, 
nous mentionnerons encore les trois portes 
de la ville du Caire, encore debout : la porte 
Bab el-Fetoûh (porte de la Conquête), Bab- 
el-Nasr (porte de la Victoire), et Bab-Zou- 
eila (ainsi appelée du nom d’une tribu ve- 


1 La mosquée d’el-Akmar, élevée par le khalife Amer bi 
Abkäm Allah, est située dans la rue el-Nahassyn. Sa façade 
principale est cachée par une masure, ce qui empêche d'en 
faire un examen complet. Le Comité de conservation des 
monuments de l’art arabe a, jusqu’à ce jour, fait de vaines 
tentatives pour obtenir la démolition de cette masure. Espé- 
rons que ce Comité, par ses démarches incessantes, finira 
par atteindre son but, (Voir le 67v rapport de la 2e Com- 
mission et un plan de cette mosquée, dressé par l’auteur— 
6m fascicule des comptes rendus. 


INTRODUCTION * XXXITI 


nue en Egypte sous les Fatymites). En tant 
que constructions militaires, ces portes pré- 
sentent trop de différences avec Îles modèles 
qui font l'objet de cette étude et demande- 
raient de trop grands développements pour 
entrer dans le cadre que nous nous sommes 
trace. 


Ce sont des constructions étrangères dont 
les auteurs sont trois frères architectes, ap- 
pelés au Caire par Bedr el-Gamäli, le fidèle 
ministre du khalife el-Mostanser. Ces portes 
datent de la fin du 5° siècle de l’hégire. 


Dynastie des sultans Ayyoubdites. 


567-648 (1171-1250) 


Réduits à l’état de simples jouets entre 
les mains de leurs vizirs, les derniers khalifes 
fatymites n'avaient plus qu’une ombre d’au- 
torité. Ces ministres turbulents et ambitieux 
se disputaient sans cesse le pouvoir. Ils ne 
devaient même pas tarder à se débarrasser 


Histoire 


Architecture. 


XXXIV INTRODUCTION 


par l'assassinat de l’un de leurs souverains. 
En définitive, la dynastie fatymite s’éteignit, 
victime de la rivalité des vizirs. 

L'Egypte et la Syrie eurent bientôt un 
maître en la personne du Kourde Voussef, 
fils de Nigm el-Dyn Ayyoub, et plus 
connu sous le nom de Saladin. (Selâh el- 
Dyn). Les règnes de Saladin et de ses suc- 
cesseurs, qui, les premiers en Egypte, prirent 
le titre de sultan, furent troublés au dedans 
et au dehors par des luttes mémorables. Des 
haines et de puissantes rivalités mirent aux 
prises les musulmans eux-mêmes. Mais cette 
époque demeure surtout célèbre par les 
guerres sanglantes qui, sous le nom de 
Croisades, eurent lieu entre musulmans et 
chrétiens. 


L'Europe chrétienne se précipita sur l’O- 
rient pour arracher les lieux saints à la domi- 
nation musulmane. Ces célèbres expéditions 
eurent surtout pour résultat d'établir d’inti: 
mes relations entre l'Orient et l'Occident. 

Ces relations exercèrent une incontes- 


INTRODUCTION XXXV 


table influence sur l'architecture musul- 
mane. Cette influence ne se manifesta pas 
d'un seul coup, il est vrai, ce fut tout 
d'abord en Syrie qu'elle se fit sentir. Les 
Croisés arrivèrent munis de tout ce qui devait 
les aider à créer une nation chrétienne. Leur 
but était, d’ailleurs, de rester définitivement 
dans cette contrée, qu'ils espéraient conque- 
rir. Leur passage, même éphémère dans les 
provinces, les villes et les bourgades, était 
marqué par la construction d’églises, que 
leurs ennemis, aussitôt que la victoire les 
favorisait, convertissaient en mosquées. 


Jérusalem resta pendant quatre-vingt-huit 
ans au pouvoir des Croisés; ce fut Saladin 
qui les en délogea en 1187. Partout où ils 
passèrent, les Croisés élevèrent des monu- 
ments selon l'esthétique occidentale et les 
architectes orientaux purent étudier de nou- 
velles formes. Si les musulmans n'imitèrent 
pas servilement ce style opposé à leur es- 
thétique, ils n’hésitèrent pas à l’apprécier 
et à s’en approprier les formules, lorsqu'elles 


XXXVI INTRODUCTION 


leur semblèrent aptes à s’harmoniser avec 
leur architecture. 

Saladin, le fondateur de la dynastie, était 
guerrier avant tout et favorisait de préférence 
l'architecture militaire. ; 

Les progrès de cet art ne lui permettaient 
plus de se contenter du palais des fatymites. 
Aussi se fit-il construire, sous la direction 
de son fidèle vizir, l’eunuque Bohà el-Dyn 
(Kara Kouch}), une nouvelle résidence sur 
un des sommets du Mokattam. C’est la cita- 
delle actuell:, le Kal'at el-Guebel (la forte- 
resse de la montagne). | 


Saladin voulut encore élargir l'enceinte 
de la ville; il ne put réaliser ce projet qu’en 
partie. Pour tous ces importants travaux, ce 
fut la petite pyramide de Guizeh qui fournit 
les matériaux. On fit beaucoup pour les 
constructions d'utilité publique ; pour les 
édifices religieux on adopta des dispositions 
particulières qui semblent avoir été dictées 
par des considérations d'ordre politique. 
N'oublions pas que la dynastie précédente 


INTRODUCTION XXXVIT 


était chiite, et que, par conséquent, les dogmes 
en vigueur différaient de ceux qu'avaient 
adoptés les disciples du Prophète. 

Dans le but de faire revivre dans le pays 
la foi orthodoxe, qui, sous les Fatymites, 
avait perdu beaucoup de prosélytes, les Ay- 
youbites créèrent de nombreux collèges (ma- 
drassa), où l’on enseignait les quatre doc- 
trines (mazhab) de la foi musulmane’. Le 
plan de ces collèges consiste en une grande 
cour carrée, sur les côtés de laquelle s’é- 
lèvent des chapelles voûtées; cette disposition 
donne à l'édifice une apparence cruciforme. 
Comme dans les mosquées, cette cour prend 
le nom de sahn, et les quatre chapelles 


Î La première madrassa fondée en Egypte fut celle de 
Nasrieh, située près de la mosquée el-Amr. On y enseignait 
les doctrises de l’imäm el-Chaléy. — El-Makrisi, tome Il, 
page 363. 

Dans ia madrassa du sultan Saleh el-Dyn, on institua 
pour la première fois des chaires pour les quatre doctrines 
orthodoxes. Id. tome II, page 374. 


XXXVIII INTRODUCTION 


celui de liwân!. L'édifice est orienté vers la 
Mecque et contient toujours la niche de 
prière. Il est facile de voir que l’école est 
composée des mêmes éléments essentiels que 
la mosquée. Dans la suite on ne fait même 
plus de distinction entre madrassa (l’école) 
et masguid (la mosquée}?. Cette disposition 
cruciforme se maintint dans la suite à côté 
des formes primitives, à portiques, auxquelles 
on la préférait quand il s'agissait de mosquées 
de petites dimensions. Examinons de plus 
près quelques-uns des édifices de cette 
époque. 

Le plus ancien est la mosquée du sultan 
el-Kâmel, qui fut érigée en 622 (1224). Cette 
mosquée est aujourd’hui en ruine ; on peut 
encore y reconnaître le plan primitif, mais 
il ne reste rien de ce qui faisait une si forte 


1 Dans les ouvrages historiques on écrit iwän ( sin ) 
dont on a fait liwân ( Das) ) appellation encoreusitée de 


nos jours. 


? Aujourd’hui, en effet, tout édifice religieux, quelle que 
soit sa destination, est appelé par le peuple : gäma. 


INTRODUCTION XXXIX 


impression sur ceux qui la visitaient au mi- 
lieu de ce siècle. Les derniers vestiges des 
riches décorations qu'on y avait prodiguées 
ont été recueillis par le Musée arabe (pre- 
mière salle). Ces ornements complètent ceux 
que nous avons trouvés dans la mosquée de 
Saleh Telayeh. 

La mosquée et la madrassa élevée dix-huit 
ans plus tard par le sultan Saleh Nigm el- 
Dyn, renferme plus de détails caractéris- 
tiques. 


Ces deux édifices étaient séparés par une 
ruelle, où l’on pénétrait en passant sous le 
minaret. Nous retrouvons dans sa façade la 
même conception que nous avons relevée 
dans la mosquée fatymite el-Akmar : un sys- 
tème de rainures peu profondes. Les angles 
rentrants des niches sont arrondis à une cer- 
taine hauteur, effectués par une naissance de 
stalactite. C’est une forme particulière que 
nous voyons pour la première fois. Les sta- 
lactites, dans cette mosquée, ont aussi servi 
à orner d’autres parties ; nous en voyons une 


XL INTRODUCTION 


5 


magnifique application dans la couverture 
de la niche du minaret!. 

En dehors des ornements dont nous ve- 
nons de parler, nous signalerons encore les 
plates-bandes dentelées, et quelques autres 
motifs qui ont servi de modèles décoratifs 
pour d’autres monuments. 

Dans les dômes nous constatons égale- 
ment de grands progrès. La trompe des 
angles, formée primitivement par une seule 
niche (par exemple, dans la coupole de 
la mosquée el-Hâkem), a été remplacée 
par tout un système de niches, La coupole 
du tombeau du sultan el-Saleh, ainsi que 
celle du tombeau, presque contemporain, 
de limâm el-Chafey, sont conçues sur le 
même type. 

L'influence occidentale se manifeste d’une 
manière évidente dans le tombeau de ce sul- 
tan. Ce tombeau élevé sept ans plus tard, 


Dans la partie supérieure du minaret, il existe bien une 
grande quantité de stalactites, mais ce ne sont plus les pièces 
primitives ; nous sommes en présence d’un travail de res- 
tauration. 


INTRODUCTION XLI 


est adossé à la madrassa, côté nord, et relié 
par une ouverture pratiquée dans le mur du 
liwân ouest. La conception de la façade du 
tombeau, du moins dans ses grandes lignes, 
est la même que celle des deux autres monu- 
ments. L’entablement est représenté par une 
gorge où sont sculptées des feuilles qui re- 
tombent sur les bords. 

Rien ne prouve mieux l'origine étrangère 
de cette forme que la fausse application qu’on 
en a faite. Cette gorge se redresse près du 
portail, qu’elle semble envelopper, selon la 
formule arabe, mais la position des feuilles 
n’est rien moins que naturelle. 

Dans l'art de sculpter le bois, on remar- 
que aussi un raffinement très prononcé dans 
le procédé que nous avons constaté en par- 
lant des monuments fatymites. Les motifs à 
dessin large sont remplacés par des arabes- 
ques en miniature. Il est vraiment dommage 
qu'il y ait un saut si grand entre ces deux 
systèmes : des bois sculptés de la mosquée 
Saleh Telayeh, parmi lesquels nous ne pos- 


Histoire. 


XLIÏ INTRODUCTION 


sédons que des tirants remontant à l’époque 
de la fondation même de cette mosquée, nous 
devons passer sans transition aux vantaux 
des deux tombeaux dont nous venons de 
nous occuper. La porte du tombeau de l’I- 
mâm el-Chafey date de l’an 608 (1211). 
Deux siècles séparent ces deux spécimens 
de travaux. À partir de cette époque, l’in- 
dustrie des bois travaillés se développe ra- 
pidement et atteint en peu de temps un haut 
degré de perfection. Ne quittons pas le 
tombeau de Saleh Nigm el-Dyn sans faire 
mention des lambris en marbre qui décorent 
le monument. Le travail est sobre et rien 
dans les dessins ne fait prévoir la richesse que 
nous rencontrerons seulement vingt ans plus 
tard. 


Dynastie des sultans mamlouks 


(Mamlouks turcomans ou baharites). 
648-784 (1250-1382) 


Les mamlouks étaient des esclaves ache- 
tés sur les divers marchés de la Géorgie, 


INTRODUCTION XLIII 


de la Mingrélie et du Caucase, d’où ils 
étaient amenés en Egypte pour être vendus 
aux grands dignitaires. Ceux-ci les dressaient 
pour la guerre et les incorporaient dans leur 
garde. On désignait ces esclaves sous le nom 
de halka (äl= ceinture ) parce qu'ils de- 
vaient entourer leurs maîtres comme une cein- 
ture protectrice. Il n’en était pas toujours 
ainsi, car nous voyons l’un de ces esclaves 
frapper le dernier des fatymites et s'emparer 
du pouvoir. 

Sans passé dynastique et n'ayant d'autre 
instrument de domination que leur valeur 
personnelle et surtout le concours de leurs 
fidèles mamlouks, ces nouveaux sultans 
étaient exposés à de dures vicissitudes 
quand ce concours venait à leur manquer. 
Et comment n’en eût-il pas été ainsi, quand 
chaque soldat pouvait à bon droit se consi- 
dérer comme ayant des titres égaux à ceux 
de son chef, et tout attendre, comme lui, de 
l’occasion pour satisfaire son ambition. 

C'est pourquoi toute cette période du 


XLIV INTRODUCTION 


règne des mamlouks ne fut qu’une longue 
suite de troubles, de guerres intestines et 
de révolutions de palais ; c'est une des épa- 
ques les plus orageuses de l’histoire de 
l'Egypte. | 

Parmi ces sultans, quelques-uns se dis- 
tinguèrent par leur intelligence et leur acti- 
vité, entre autres: Beibars et Bondoukdâri 
(1260-1277). Il combattit les croisés avec 
succès et sous son règne l'Egypte fut pros- 
père: 

Kalaoun, autre sultan mamlouk, fut éga- 
lement un souverain remarquable ; c’est le 
seul qui réussit à fonder une dynastie. Il 
prit le nom d’el-Mansour, auquel il joignit 
le prénom d’el-Elfi (du mot e/f, qui signifie 
mille, parce qu’il fut acheté mille pièces 
d’or). 

Kalaoun était digne de gouverner; il op- 
posa ses armes victorieuses à l'invasion des 
Tartares et réussit à préserver l'Egypte de 
ce fléau dévastateur. Notons aussi qu'il noua 


INTRODUCTION XLV 


des relations avec la cour d’Espagne. En 
689 (1290), Alphonse d'Aragon envoie à 
Kalaoun une ambassade qui eut pour résul- 
tat d’unir les deux pays par un traité avan- 
tageux. Ces relations exercèrent en outre 
une grande influence sur les arts. L’archi- 
tecture, toutefois, reste indécise ; les monu- 
ments présentent de profondes divergences. 
Ce n’est que sous le règne suivant que nous 
voyons l’art architectural se préciser, se cris- 
talliser pour ainsi dire, et revêtir un carac- 
tère définitif. Avant comme après le sultan 
Mohamed el-Nasser, fils et successeur de 
Kalaoun, jamais l'art ne prit un pareil 
essor. Jamais nous ne retrouvons, comme 
sous le gouvernement de ce prince, une telle 
variété dans les lignes, et, en même temps, 
un aussi grand développement industriel. 
Son règne, si fécond pour l’art, embrasse 
près d'un demi-siècle (exactement 44 
ans). 

Pendant les premières années du règne 
des Baharites, nous sommes en présence 


Arch'tecture. 


XLVI INTRODUCTION 


de formes et d'éléments artistiques dont nous 
devons rechercher l’origine ailleurs qu’en 
Egypte. Les moulures que l’on remarque 
sur la grande mosquée d’el-Dâher (construite 
par le sultan Beïbars en 1266), le système 
de façades adopté pour les constructions de 
Kalaoun, ont un frappant cachet d’exotisme. 
Rien d’ailleurs ne saurait mieux caractéri- 
ser l'arbitraire qui régnait alors en architec- 
ture que le fait suivant. Lorsque Mohamed 
el-Nâsser éleva le monument auquel il donna 
son nom, il en fit construire la porte avec 
les matériaux qui provenaient d’une porte 
gothique enlevée par son frère à l’église 
d'Akka (1291) et rapportée au Caire comme 
un glorieux trophée. Nous ferons toutefois 
observer que c’est là un cas très rare d’a- 
daptation d'une forme étrangère sans travail 
préalable d’assimilation. Cette exception ne 
pouvait beaucoup influer sur le dévelop- 
pement régulier de l’art arabe. Et si la Sy- 
rie, couverte de monuments chrétiens par les 
croisés, imposait ces formes nouvelles aux 


INTRODUCTION XLVII 


contrées environnantes, celles-ci n'arrivent 
qu'atténuées en Egypte où elles se plient 
aux exigences de l'esprit national. 

Il était nécessaire d’opposer une digue 
aux uille et une formes disparates qui 
_menaçaient d’envahir l'architecture. 

Le long règne paisible de Mohamed el- 
Nâsser se prêtait admirablement à un travail 
de sélection dont le résultat devait être la 
création d’un style original. Ce fut une é- 
poque de paix et de travail, le souverain 
donna lui-même l'exemple en dotant le Caire 
d’un collège auquel il adjoignit son tombeau 
et d’une grande mosquée construite sur la 
citadelle. 

En outre, il acheva cette construction 
complexe appelée el-Moristan, que son père 
avait commencée. 


Les membres de la famille royale et les 
grands dignitaires imitèrent la magnificence 
du souverain. La fiévreuse activité qui dis- 
tinzue cette ficonde piriode eut d’heureux 
effets dans le domaine de l’art. L'indécision 


XLVIIT INTRODUCTION 
des siècles précédents fait place à une grande 
netteté dans les conceptions. Malgré leur 
grande variété, une incomparable richesse 
de formes et de composition, l’unité de con- 
ception se dégage franchement et constitue 
un style d’une rare perfection. 

Dans la disposition des façades, nous ob- 
servons une accentuation progressive et ra- 
tionnelle des éléments que les époques pré- 
cédentes avaient légués. 


Les grandes surfaces sont comme sillon- 
nées de distance en distance par un système 
de hautes niches, peu profondes, formant 
sur les parois comme un appareil de rainures 
dans lequel vont se longer les fenêtres en 
doubles rangées. 

Ces niches sont terminées par une cou- 
verture horizontale formée de plusieurs as- 
sises de stalactites. Le portail est modelé 
d’après le même principe, avec cette diffé- 
rence que la niche est beaucoup plus large 
et plus profonde. 

La conséquence d’une pareille disposition 


INTRODUCTION XLIX 


a été de donner un Lo riche et plus i 
5 SORTE DIRE 


développement à ! mp! 


Les portails se distinguent encore par un 
riche revêtement en marbre. Le point de 
départ de ce système de décoration fut 
d'abord dans l’enchevêtrement des claveaux 
de l'arc de décharge. Un long bandeau 
épigraphique se déroule en haut des façades 
terminées par une moulure couronnée de 
créneaux. 


Les façades, d’une belle exécution, sont 
en pierres de taille, et le plus souvent de 
deux couleurs alternantes, elles ressemblent 
à celles des mosquées dont nous avons parlé 
jusqu'ici. Il n’y a donc rien de changé dans 
les dispositions générales, si ce n'est l’impor- 
tante addition du tombeau du fondateur 
toujours surmonté de la coupole, signe carac- 
téristique du tombeau. 


Dans l’intérieur des mosquées à portiques, 
les appuis sont désormais presque exclusi- 
vement formés de colonnes en marbre, pro- 


L .. INTRODUCTION 


venant, comme auparavant, de constructions 
en ruine. 

Pour atteindre une hauteur en harmonie 
avec les dimensions de l'édifice, on surhaus- 
sait la naissance des arcs. La couverture é- 
tait ordinairement en bois; les solives, ma- 
gnifiquement sculptées, s’ornaient de riches 
. dorures. Les lambris sont en mosaïque et 
couvrent les murs jusqu'à une hauteur de plu- 
sieurs mètres. Les mosaïques du dallage é- 
galent en beauté celles des murs. 

Le tout s'harmonise admirablement, et la 
richesse de l’ensemble est encore augmen- 
tée par la chaire (minbar), le pupitre (koursi 
el-kahf), ornés de marqueteries et de pein- 
tures fort gracieuses, ainsi que par de splen- 
dides lustres en bronze et de lampes en 
verre émaillé. 

Ce que nous venons de dire des mos- 
quées s'applique également aux autres con- 
structions. Malheureusement, nous ne possé- 
dons en entier aucun de ces monuments, 
mais les parties qui nous restent nous per- 


INTRODUCTION LI 


mettent de reconstituer l’ensemble et suf- 
fisent à nous convaincre de la splendeur de 
tous les édifices élevés à cette époque. 


Seconde dynastie des sultans mamlouks. 
{(Mamlouks CirTcassiens où bouroguites). 
784-923 (1382-1517) 


Avec les mamlouks circassiens, la dynas- "e- 


tie seule a changé. Le pays n’a pas cessé 
d'être agité par les rivalités des émirs. À 
part quelques souverains énergiques ou ani- 
més de bonnes intentions, les princes 
régnants ne se préoccupent en général que 
bien peu des intérêts du pays; tous leurs 
efforts tendent à conserver le pouvoir, même 
au prix d'un crime. 

Les mamlouks circassiens, qui gouver- 
nèrent l'Egypte et la Syrie pendant près 
d’un siècle et demi étaient d’origine sibé- 
rienne. On les appelait aussi bourguites, 
parce qu'ils étaient principalement employés 
par leurs maîtres à la défense des forteresses, 
en arabe bourg. 


LII INTRODUCTION 


Parmi les princes de cette dynastie qui 
rendirent de grands services à leur pays, nous 
citerons le sultan el-Zaher Barkouk, le fon- 
dateur de la seconde dynastie, qui sauva 
le pays de l'invasion des Tartares et le dota 
de nombreux monuments; le sultan el- 
Mouayyed, protecteur des sciences (ce qui 
lui valut le titre de cheikh ou docteur) et 
constructeur d’édifices remarquables. 

Mentionnons encore le nom de Barsabaï, 
qui régna pendant seize ans et dont on ne 
saurait trop louer le gouvernement pacifique, 
consacré tout entier au bien-être du peuple. 

Puis vinrent des jours de troubles qui 
menacèrent l'existence même de l'Egypte. 
Les Ottomans quittaient alors l’Anatolie, 
renversaient l'empire chrétien de Constan- 
tinople et les progrès de ce peuple nouveau 
effrayèrent le sultan d'Egypte, el-Melik 
el-Achraf Kaïtbaï. Les craintes de ce prince 
n'étaient que trop fondées, car sous el- 
Ghoûri, son successeur, les Ottomans mirent 
à exécution le projet longtemps caressé 


INTRODUCTION LIIT 


d'établir leur domination sur les rives du Nil. 

Après une lutte acharnée de part et d’au- 
tre, l'Egypte perdit son indépendance et de- 
vint une province de la Turquie (1° mois 
de l’année 1517). 

De même que la nouvelle dynastie ne pro- 
voqua aucun changement sérieux dans l’ordre 
des événements, de même rien ne s'opposa 
au développement régulier des arts. Sous 
les Ayyoubites, on avait créé le système 
cruciforme pour la construction des mos- 
quées ; cette disposition continua à être 
adoptée pour tous les édifices religieux que 
l'on éleva dans la suite ; ce n’est qu'excep- 
tionnellement que l’on voit construire des 
mosquées à portiques. 

C’est sans doute par suite de leur grand 
nombre que l'on donna aux mosquées de 
plus petites dimensions vers la seconde 
moitié du XVme siècle. Cette réduction 
dans les proportions eut l'avantage de per- 
mettre de couvrir le sahn. Beaucoup d’entr'el- 
les servaient, en outre, de madrassa (école). 


Architecture. 


LIV INTRODUCTION 


La nécessité d'installer de nombreuses 
annexes pour répondre à tous les besoins 
et de se conformer à l'alignement des rues 
de la ville déjà très développée, eurent pour 
résultat de provoquer de très ingénieuses 
combinaisons de la part de l'architecte. 

Parmi ces annexes, nous signalerons les 
sébils (fontaines publiques) et les kouttabs 
(petites écoles) qui, presque toujours, accom- 
pagnent les mosquées de la dynastie circas- 
sienne et qui s'élèvent de préférence à l’un 
des angles les plus saillants de l'édifice. La 
première mosquée où fut inaugurée cette 
disposition particulière est celle de l’émir 
Gaï el-Voussefi (dynastie baharite). 

L’attention de l'architecte se portait tout 
spécialement sur le tombeau. Celui-ci n'est 
plus relégué, comme du temps des Baharites, 
dans quelque coin perdu de la mosquée, mais 
il en devenait la partie principale, bien 
que la mosquée qui s’y ajoutait présentât 
souvent d'importants développements. Vers 
la fin du XVe siècle, on fait un pas de 


INTRODUCTION LV 


plus ; le tombeau, avec son dôme plus ou 
moins élégant, constitue à lui seul un mo- 
nument complet. 

Sous les sultans circassiens, l’art de la 
construction subit lui-même de profondes 
modifications par suite d'un plus large 
emploi de la pierre de taille, qui entrait 
même dans la confection des murs inté- 
rieurs. Chacun des ornements qu'on y 
sculptait mériterait d’être relevé. Toutes 
les parties de l’intérieur et de la façade é- 
taient décorées d’arabesques, d’entrelacs ou 
d'inscriptions. Dans les inscriptions, l'écriture 
coufique était depuis longtemps remplacée 
par des lettres rondes, mais on retourna 
bientôt à la forme coufique, qui se prête 
mieux à l’ornementation. 

Les maisons d'habitation de cette époque 
sont plus coquettes. Dans la cour, à une 
certaine hauteur, est situé le makad, ex- 
posé au nord. Il projette deux arcs sur la 
cour : c’est l’endroit favori où le maître de la 


maison reçoit les visiteurs. A l’intérieur, la 


LVI INTRODUCTION 


ka’a (salle) forme le noyau des autres pièces. 
Cette ka’a est spacieuse, à parois décorées 
de mosaïque et recouverte d’une toiture lu- 
xueusement dorée. Les machrabiehs (treillis 
en bois tourné) laissent filtrer une lumière 
atténuée et font de cet endroit un agréable 
et frais abri contre les ardeurs de l'été. 
L'architecture profane comprend encore 
les okalas (dépôts et caravansérails), les 
abreuvoirs, etc., dont on peut admirer un 
grand nombre de spécimens intéressants. 
La dernière étape de l’art national égyp- 
tien est caractérisée parle soin qu’on apporte 
dans la décoration de l’extérieur des con- 
structions.Nous avons déjà mentionné l’effort 
tenté dans ce sens sous la domination des 
Fatymites ; mais ce premier effort demeura 
sans résultat important. C’est un trait carac- 
téristique de l'architecture’ arabe que cette 
négligence intentionnelle dans l'extérieur 
des constructions. La décoration extérieure 
des plus célèbres monuments ne porte le plus 
souvent que sur le portail, le minaret ou sur 


INTRODUCTION LVIT 


quelque autre ‘partie principale, tandis que 
l'ensemble reste nu. Mais sous les sultans cir- 
cassiens, l’architecte se complaît à faire une 
œuvre harmonieuse dans toutes ses parties, 
à l’extérieur comme à l’intérieur ; aussi les 
monuments dont cette époque a enrichi le 
pays, offrent-ils cette perfection d'ensemble 
et de détails que nous avons l'habitude de 
réclamer à toute œuvre d'architecture. 


L'Egypte province turque. 


La bataille de Merg Dâbek décida du sort 
de l'Egypte. Les Turcs, vainqueurs, s’empa- 
rèrent de cette riche contrée,qui, depuis lors, 
ne cessa de faire partie de l’Empire Ottoman. 

La crainte de perdre cette magnifique pro- 
vince porta les Turcs à lui imposer une ad- 
ministration compliquée, où ils avaient in- 
troduit des émirs indigènes et des fonction- 
naires turcs. L'introduction de ces deux élé- 
ments antagonistes avait pour but de con- 
trebalancer les influences et de ne permettre 


Histoire. 


LVIII INTRODUCTION 


à aucun d'eux de prendre une prépondérance 
marquée. 

Un pacha envoyé de Constantinople et 
nommé gouverneur pour un an, représentait 
le souverain et administrait le pays en son 
nom. Bientôt le pacha fut nommé pour 
plusieurs années. Mais il ne restait toutefois 
pas assez longtemps au pouvoir pour être 
en mesure d'y faire œuvre utile. 

Aussi le nombre des gouverneurs qui lais- 
sèrent quelques traces glorieuses de leur ad- 
ministration est-il des plus restreints. L’his- 
toire ne relève guère que les noms de Soliman 
pacha et surtout de Senân pacha, qui con- 
tribuèrent efficacement à la prospérité du 
pays. 

Les rouages administratifs, tels qu'ils a- 
vaient été installés, ne donnaient pas les 
résultats qu'on en avait attendus. 

Soixante-dix ans après la réorganisation 
de l'Egypte, les troubles militaires reparais- 
sent, et un demi-siècle plus tard, les beys 
turbulents qui entouraient le pacha dictent 


INTRODUCTION LIX 


leurs volontés. L'élément militaire, vers lafin 
du XVIIe siècle acquiert une telle puissance 
. que le pacha nommé par Constantinople doit 
être agréé par les beys pour s'installer au 
Caire. Ceux-ci ne craignent même pas d’en- 
trer cnatte avec le sultan; ils se groupent 
autour du cheikh-el-beled, le véritable 
maître du pays, et tiennent en échec la cour 
de Constantinople. 

Après avoir brisé toute résistance de la 
part du pacha, les beys ravivèrent leurs an- 
ciennes rivalités; chacun d’eux travaillait 
pour son propre compte et fomentait des 
troubles pour s'emparer du pouvoir. Cette 
époque de guerres intestines, de désolation, 
de misère et d’oppression, est la plus lamen- 
table qu'ait enregistrée l’histoire d'Egypte. 

Aly bey alla encore plus loin. Ce prince 
auquel l’histoire donne le surnom de Grand, 
noua des relations diplomatiques avec les 
puissances européennes pour s'assurer le 
titre de souverain indépendant dans un pays 
libre. Mais sa mort prématurée fit échouer 
ce projet. 


Architecture. 


LX INTRODU CTION 


Après lui, l’histoire ne signale plus que 
des guerres civiles queles beys entretenaient 
dans le but d’ériger de scandaleuses fortunes. 


Vers la fin du XVIIIe siècle, Mourad 
bey et Ibrahim bey rançonnent audacieuse- 
ment jusqu'aux négociants européens, dont 
les plaintes répétées attirèrent l'attention de 
l'Europe sur ce malheureux pays. Telle était 
la situation, lorsque le 1e° Juillet 1708 (17 
Mobharrem 1213), Bonaparte avec sa flotte 
jeta l'ancre devant Alexandrie. 


L'évolution politique dont l'Egypte ve- 
nait d’être le théâtre, devait nécessairement 
exercer une grande influence sur sa civilisa- 
tion. 


Avec l'ère des pachas turcs, l'Egypte 
cesse d’être un centre et sa capitale n’est 
plus qu'un chef-lieu de province turc. Les 
troubles intermittents et de peu de durée 
dont les époques précédentes ont été les 
témoins, ne pouvaient apporter au progrès 
de sérieuses entraves. Aussi avons-nous pu 


INTRODUCTION LXT 


constater un progrès continu dans l’architec- 
ture et les arts. 

Mais lorsque l'Egypte fut réduite à l’état 
d'une province, l’essor primitif est arrêté ; 
les sultans de Constantinople n’ont plus le 
même intérêt à favoriser dans le pays l’épa- 
nouissement des arts. En effet, il existe 
bien peu de monuments auxquels les 
souverains turcs aient attaché leur nom, et 
encore ces monuments sont loin d’avoir la 
valeur artistique de ceux que nous ont 
laissés les sultans baharites et bourguites. 

Les Turcs n'ont importé en Egypte que 
la forme de leurs mosquées, forme qu'ils 
avaient eux-mêmes empruntée aux églises de 
l’ancienne Byzance. La mosquée voisine du 
tombeau de Sâria-el-Gabal, construite sur la 
Citadelle dix ans après la conquête du pays, 
est la première où l'architecte se soit inspiré 
de ces modèles chrétiens. Puis viennent 
la grande mosquée de Senân pacha à Bou- 
laq, bâtie en 979 (1571) et celle de la prin- 
cesse Malika Sañia, élevée en 1019 (1610). 


LXITI INTRODUCTION 


Le point le plus saillant de la disposition 
nouvelle consiste dans l’emploi des coupoles, 
innovation qu 
tradition, 

On rencontre pourtant quelquefois des 


i rompt radicalement avec la 


mosquées construites d’après les anciens 
modèles, mais elles sont en bien petit nom- 
bre, et,dans ce cas, le fondateur est toujours 
un indigène ; il semble que l’antagonisme 
qui mettait aux prises les beys et le pacha, 
les Égyptiens et les Turcs, ait eu un écho 
- jusque dans les fondations pieuses. 

Les mosquées, toutefois, ne constituent 
qu'une exception ; on s’attachait de préfé- 
rence à élever dés monuments de moindre 
importance, tels que fontaines, petites écoles, 
couvents de derviches, okâlas, etc. 

Les sébils ne font plus partie, comme 
auparavant, d’un édifice quelconque, mais 
ils forment un monument complètement 
autonome. 


Au point de vue de l’ornementation, 
nous devons noter un recul. Nous ne retrou- 


INTRODUCTION LXIIT 


verons plus les riches décorations du temps 
de Kaitbaï. Les constructions qui s'élèvent 
sous la nouvelle domination sont simples, 
discrètes, et reflètent un esprit d'économie 
qui contraste avec les splendeurs des siècles 
passés. 

Cette pauvreté artistique tenait sans 
doute à ce que les modèles indigènes étaient 
peu prisés de l’ouvrier étranger, tandis qu’au 
contraire, l’indigène goûtait peu cette orne- 
mentation étrangère si peu conforme à ses 
goûts, ses habitudes et ses traditions. Nous 
devons cependant reconnaître que l’art arabe 
l'emporte encore sur l’art étranger. 

Il y eut aussi des créations mixtes, où 
les deux styles combinés ont produit quelques 
ouvrages assez réussis. 

Citons, par exemple, le sébil du Kikhya 
Abdel-Rahmäân, construit en 1157 (1744). 
On y remarque quelques décorations de 
style turc, mais tout son cachet lui vient de 
ses formes empruntées au plus pur style 
arabe. Deux autres sébils, qui portent les 


LXIV INTRODUCTION 


noms des sultans Mahmoud et Moustapha, 
et qui datent de la même époque, ne peu- 
vent être comparés avec celui d’Abdel- 
Rahmän. 

On y remarque bien quelques motifs 
arabes, mais le caractère principal de l’édi- 
fice s'éloigne trop des monuments analogues 
de la belle époque. Tandis que les faïences 
qui décorent l'intérieur du sébil d’'Abdel- 
Rahmän sont des produits orientaux, celles 
du sébil du sultan Moustapha qui couvrent 
les murs viennent d'Europe. Les jambages 
des fenêtres sont bizarrement décorés : 
enfin l'influence européenne est par trop 
manifeste. 


Nous voici arrivés au seuil de ce siècle 
qui a vu l'Egypte reprendre son autonomie. 
L'histoire en est trop récente pour que nous 
ayons à la rappeler ici. 

Mais comment terminer ce court aperçu 


\ 


sans rendre un hommage bien mérité à 


INTRODUCTION LXV 


l'illustre fondateur de la dynastie actuelle, 
dont le glorieux souvenir restera toujours 
lié à l'effort considérable réalisé pour mettre 
ce pays au niveau de toutes les exigences 
de la civilisation moderne. Il est à espérer 
que cette renaissance scientifique et indus- 
trielle aura pour corollaire, c’est la loi ordi- 
naire du progrès humain, une reprise du 
développement artistique qui a tant contri- 
bué à la prospérité de l'Egypte. 


—NHE SE c— 


MUSÉE NATIONAL DE L'ART ARABE 


DID — 


MUSÉE NATIONAL DE L'ART ARAPE 


FOR CCE O2 600 OO CCD ET/OU 02 OI C2 CP CC AI 0S 


CATALOGUE 


Dre 


PREMIÈRE SALLE 


Plêtres, pierres de taille, marbres. 


SGA 2 
+: nAUEES Piûñtres. 


Le stuc a été employé dès l'origine de l'art 
arabe en Egypte, et c’est avec cette matière que 
les premiers ornements de son architecture ont 
été exécutés. Nous en avons un exemple dans le 
plus ancien des monuments conservés jusqu'à ce 
jour, la mosquée d'Ibn-Touloun, construite en 
876 après J.-C., laquelle, malgré sa restauration 
presque complète en 1296, garde encore une partie 
de ses ornements primitifs en stuc. 

C'est au xrr° siècle que l'emploi du stuc dans 
la décoration atteint son plus haut degré de per- 
fection. Le tombeau du sultan Kalaoûn et la 
mosquée de son fils Mohamed el-Nässer en 
fournissent de beaux exemples: c’est principa- 


f, PREMIÈRE SALLE 


lement sur la tour de cette mosquée que l'on 
trouve des ornements en stuc répandus à pro- 
fusion. 

Les ornements en plâtre du Musée Arabe 
portent les N°s 83 à 87 (PI. I., N° 84). Ces pièces 
sont les restes de l'encadrement d’une fenêtre 
de la mosquée du sultan el-Kämel, construite 
en 1224 après J.-C. (rue el-Nahassyn, Caire)! et 
qui est en ruine depuis des années. 

En 1845, il existait encore deux côtés de cette 
mosquée dont les ornements, d'après le témoi- 
gnage d'un voyageur de l’époque, ressemblaient 
plus que tous les autres à ceux si justement 
célèbres de Alhambra. 

Ces fragments nous renseignent sur la manière 
de travailler le plâtre; nous voyons, tout d'abord, 
que les ornements sont taillés dans le vif de la 
matière. Il est aussi à observer que la décoration 
est placée à deux niveaux différents. Cela à été 
confectionné en préparant d'abord tous les 
ornements dans le premier niveau, et ensuite les 
parties en relief ont été posées en seconde couche. 


1Mentionnons en pessant la similitude des ornements en 
stuc de quelques monuments du Caire, avec les ornements du 
même genre de l'architecture mauresque. 

C’est la décoration intérieure du tombeau, dont nous avons 
parlé plus haut {sultan Kalaoûn) et une fenêtre sous les arcades Sud 
de la coupele de la mosquée el Mouayyed, qui nous en fournissent 
les plus frappants exemples. 


CASE 


PLATRES 


La décoration en stue a été employée à toutes 
les époques, même quand la pierre de taille était 
considérée comme la matière de construction par 
excellence. 

Il nous suflira de rappeler la frise classique, 
à inscription coufique, de la plus monumentale 
mosquée d'Egypte, celle du sultan Hassan (1358. 
après J.-C.), et les beaux ornements de la coupole. 
de la mosquée Ak Sonkor à Darb el-Ahmar, 
construite en 13457. 

Dans la seconde moitié du xv° siècle, l'emploi 
du stuc n’est plus si répandu comme matière. 
décorative, on lui préfère le marbre ou la pierre 
de taille. Mais, justement, un monument de ce: 
temps-là prouve que l’ouvrier n’a pas pour cela 
oublié l'adresse de ce métier et que cct art se 
conservait encore sans affaiblissement. 

Ce monument est le tombeau connu sous le: 
nom de «el-Fadaouieh », à l'Abbassieh, près le. 
Caire. L'intérieur est tout couvert, jusqu'à la cime 
du dôme, d’ornements et inscriptions en stue. La 
façon de travailler est toujours la même que celle- 
des siècles antérieurs : le découpage. 

Les Arabes ont encore employé le stuc comme. 
clôture dé fenêtre. Nous en distinguons deux 
spécimens. Le premier est la claire-voie propre- 
ment dite; elle consiste en une grille découpée 
dans une assez forte table de plâtre. C’est le plus 
ancien système de fermeture de fenêtre: la 


6 PREMIÈRE SALLE 


mosquée d'Ibn Touloun nous en fournit le pre- 
mier exemple! Ce procédé fut employé jusqu'au 
x siècle environ. 

Dans le dessin de ces claires-voies, la riche 
fantaisie de l'artiste se manifeste souvent d'une 
manière heureuse. Nous renvoyons aux fenêtres 
de la mosquée mentionnée qui présente, dans 
la variété des dessins, l'impossible. La magnifique 
et ancienne mosquée du sultan Beibars el-Bon- 
dokdäri qui, aujourd'hui, n’est plus qu'une ruine, 
offre également une grande richesse de compo- 
sition dans les quelques restes de ses claires-voies 
qui émergent de ei de là des baïes grossièrement 
bouchées. Le maristän de Kalaoûn possède aussi 
de belles grilles en plâtre découpé bien conser- 
vées. Ces grilles avaient la destination de clôturer 
simplement les baies des fenêtres dans les mos- 


Ait est peu probable que les claires-voies de la mosquée d’Ibn 
Touloun soient contemporaines de la foudation de la mosquée, car 
leurs motifs n’ont rien de l'incertitude qui caractérise Fornemen- 
tation primitive de ce monument ; mais, au contraire, elles portent 
le cachet de la maëstria que l’on remarque dans toutes les compo- 
sitions de la brillante époque d’el-Nässer Mohamed. Il n’y a pourtant 
aucun doute que les claires-voies d'aujourd'hui en remplacent 
d’autres qui ont été faites à l'époque d’fbn Touloun. 

A l’appui de ce que nous venons de dire, qu'il soit permis de 
rappeler qu’aussi la mosquée d’El Häkem bi Amr Illah possède des 
claires-voies et que cette mosquée a imité, presque en tout, celle 
d’Ibn Touloun. 

Nous remarquons que la mosquée d'Ibn Touloun a été sérieu- 
sement restaurée au xue siècle. Il est donc probable que les claires- 
voies datent de cette époque. 


PLATRES ÿ 


quées à cour ouverte, comme dans les mosquées 
d'Ibn Touloun, el-Häkem et autres; dans les 
constructions fermées, comme par exemple le 
maristän de Kalaoûn, mosquées de Kaïtbaï, etc., 
les grilles étaient destinées à protéger les fenêé- 
tres proprement dites. 

Ces fenêtres munies de vitres, connues sous le 
nom de vitraux en plâtre ajouré, — en arabe, 
kamarieh ou chamsieh, — se rencontrent seule- 
ment dans la seconde moitié du xr° siècle. 

Il y a lieu de distinguer deux sortes de 
vitraux qui correspondent à des époques diffé- 
rentes. Dans la première, après avoir posé les 
vitres, qui suivent à peu près les lignes du 
dessin découpé de la plaque en plâtre,on appliquait 
sur celle-ci des baguettes minces, également en 
plâtre,et cela pour retenir les verres. Les baguettes 
se raccordaient avec le dessin de la face opposée. 

Ce système est le plus ancien et était pratiqué 
entre la moitié du x1r1° et le commencement du 
x1v° siècle. Les verres y employés sont toujours 
très épais. 

Nous citerons comme exemples : le tombeau 
des sultans Sâleh, Kalaoûn, la mosquée funéraire 
de Sangar el-Gaouli (1323), etc. 

Dans la deuxième époque, dont les plus beaux 
types nous sont offerts par les monuments des 
xIv® et xv° siècles, on a supprimé les baguet-- 
tes et fixé les vitres à la face postérieure de la 


8 PREMIÈRE SALLE 


plaque découpée en y coulant du plâtre, qui 
s'étendait entre les verres, en les fixant ainsi 
(PI. ID). Il'en existe encore des spécimens dans 
la mosquée du sultan Barkouk (1384), en ville et 
dans les constructions datant de l’époque du 
sultan Kaïtbaï (fin du xv° siècle), les mosquées 
Aboubakr Mazhar, Kidjmàs el-Ishäki, ete. Les 
vitres fabriquées pour les fenêtres de ces mosquées 
sont quelquefois d'une épaisseur minime. 

Les vitraux en plâtre ajouré des derniers 
siècles ne supportent pas la comparaison avec les 
anciens. Les dessins sont pauvres, l'exécution 
grossière ét, quant aux vitres, on n'avait plus le 
choix des produits locaux pour combiner l'effet 
harmonieux des couleurs. On a donc été obligé 
d'employer les vitres que l'importation mettait 
sur le marché. 


II. — Pierres de taille. 


Le mode de construction ‘en briques ou en 
moellons piqués, qui nécessitait la couche de 
plâtre, en elle-même peu résistante, fit place à 
l'emploi de la pierre de taille qui offre plus de 
solidité. 

Autant qu'on peut se rendre compte par les 
monuments existants, on doit conclure que 
l'eniploi général de la pierre dans les construc- 


PIERRES DE TAILLE 9: 


tions des Arabes en Egypte a eu lieu assez tard, 
ce qui est très curieux, car les Arabes ont, lors 
de leur invasion, trouvé beaucoup de constructions 
monumentales de l'époque des Pharaons et gréco- 
romaine, où les pierres étaient les matériaux 
prédominants. 

Le voyageur oriental Nassiri Khosrau,! faisant 
mention du palais d’el-Mouizz (construit en 360 
de l'hég. (970), dit que ses murs sont en pierres 
« si bien liées entr’elles qu’on les croirait taillées 
dans un seul bloc »; aussi, est-ce vers cette époque, 
en l’année 484 de l'hég. (1091), que furent élevées 
les trois portes de ville Bab el-Fetoûh, Bab el-Nasr 
et Bab Zoueila, œuvres modèles de l'architecture. 
en pierre de taille; le fait est que toutes les 
mosquées qui datent d’avantle vr° siècle de lhég. 
(xu°), sont bâties en briques.?  . 

La plus ancienne mosquée qui s’écarte de cet 
usage, et où la pierre de taille a trouvé son em- 


ISerer Name. — Relation du voyage de Nassiri Khosrau en 
Syrie,en Palestine, en Egypte, en Arabie et en Perse. Publié, traduit 
et annoté par Charles Schefer. — Paris 1881. Page 129. 


?Le dôme, qui se trouve dans le sahn de la mosquée d’Ibn 
Touloun et dont la substruction est en pierre de taille, fut élevé 
par le Sultan Houssäm el-Dyn Ladjyn en 1296 après J.-C. Cela résulte 
de l'inscription d’une planche encastrée près de l’encoignure nord-est. 

Un regard sur la tour et l’arcade adjacentes, toutes deux en 
pierre de taille, suffit pour ne pas les classer dans l’époque de la 
fondation de la mosquée,876 après J.-C. Il est plus que probable que 
c’est sous le mème sultan que ces deux annexes furent exécutées. 


10 PREMIÈRE SALLE 


ploi, est celle d'el-Akmar (au Caire), fondée par 
le prince Fatimite Amer bi Ahkam Jah en 519 
de l'hég. (1125). Elle n’a d'ailleurs que sa façade 
en pierre de taille; dans l'intérieur, les voûtes 
qui reposent sur des colonnes de marbre sont en 
briques. 

Le travail en pierre est très bien exécuté ; 
la taille est exacte, le jointement soigné et la 
sculpture des ornements et inscriptions est fort 
habile. Ce sont là autant de preuves que ce n'est 
pas un travail d'essai, mais qu'au contraire ce 
mode à dù avoir des précédents. 

Cette mosquée ouvre une série d'édifices 
semblables, c'est-à-dire avec façade en pierre de 
taille et l'intérieur en briques. 

Cette facon de construire s’est maintenue 
jusque vers la fin du xirr° siècle. À cette époque, 
même dans les parties intérieures, les briques 
sont en général remplacées par la pierre de taille, 
à grands joints, et, en conséquence, piquée et 
toujours destinée à recevoir un enduit. 

Avant l’année 1330, on n'employait dans la 
construction des minarets que les briques. Le 
somptueux monument du sultan Kalaoûn (en 
ville), qui réunissait la mosquée, le tombeau et un 
grand hôpital, a été le premier à avoir une tour 
en pierre de taille! Ce fut donc un autre pas 


IL'historien arabe el-Makrizi, dans son ouvrage el-Khitat, dit, à 


PIERRES DE TAILLE IT 


vers la généralisation de l'emploi de cette matière. 
À partir de cette époque, les tours en pierre de 
taille se multiplient jusqu'à l'avènement des 
sultans circassiens ; sous leur règne, l'emploi de 
la pierre de taille atteignit son apogée. En effet, 
elle devint la matière de construction préférée, 
et les parties d’édifices pour lesquelles jusqu'alors 
on réservait les briques se faisaient aussi en 
pierre. 

Les problèmes constructifs, même les plus 
difficiles, se résolvent avec une extrême facilité ; 
on sent que l’architecte est devenu maître de 
cette matière. 

Ce progrès dans l’art de construire venait fort 
à propos en aide à l'esprit éminemment décoratif 
de l'époque, qui prodiguait partout ses arabesques, 
dont la conception parait si naturelle et dont 
l'exécution est si habile. 

Ainsi les coupoles qui, jusqu'alors masquées 
sous un enduit, ne permettaient pas au construc- 
teur de les décorer facilement, grâce à l'emploi 
de la pierre pour leur construction, pouvaient 
alors se ranger dans Ie cadre des parties réservées 
à un soin spécial d'ornementation. 


Joccasion du minaret de la mosquée d’el-Akbogha, que ce fut le 
premier minaret construit en pierre, après celui d'el-Mansour, 
‘(Kalaoûn). 

La mosquée de l’émir Akbogha fut fondée en 1331. — Khitat, 
tome IF, page 383. 


12 PREMIÈRE SALLE 


Nous voyons déjà les premières coupoles en 
pierre de taille, celles qui apparaissent dans la 
mosquée funéraire du sultan Barkouk (1405-1410), 
se couvrir de bâtons en zig-zags. Aussitôt après, 
d'autres coupoles se revêtent de plus gracieux 
ornements, à la vue desquels on oublie la matière 
inerte d’où on les a fait jaillir. 

Le plus large emploi de la pierre de taille 
devait naturellement se faire sentir dans la partie 
décorative de l'architecture. Aussi on ne tarda 
pas à employer des matériaux de couleur diffé- 
rente, car leur usage venait en aide à l'esprit de 
l'ornementation spéciale au style arabe qui, en 
effet, en a tiré beaucoup d'avantage. 

Par l’enchevêtrement des pierres, on allait 
jusqu’à créer une sorte de grande mosaïque dans 
laquelle on se plaisait à reproduire des parties. 
entières de la bâtisse. On poussa même plus loin: 
on ne se contenta plus de composer seulement 
les portails en assises de couleurs alternantes, 
mais des façades entières furent traitées de cette: 
facon.! 

Si nous ne nous trompons pas, la première 
construction dans laquelle des assises de diffé- 


ÎLa mauvaise habitude de nos jours de badigeonner les murs. 
des mosquées en blanc et rouge a dû prendre naissance dans l’in- 
tention de faire revivre sur les façades cet effet des assises alternan— 
tes. Le Comité de conservation des monuments de l’art arabe se 
donne toute la peine possible pour mettre un terme à ce vandalisme. 


PIERRES DE TAILLE 13 


rentes couleurs furent employées, est la mosquée 
du sultan Zâher Beibars devant la porte el-Hous- 
seinieh au Caire. Les portails sont construits en 
pierre de deux couleurs. 

La pierre de taille n'a pas été seulement 
employée comme matière de construction dans 
le sens étroit du mot, mais aussi on l'utilisait 
pour les cénotaphes, chaires de mosquée (minbar), 
dikka (sorte de tribune), etc.; à ce propos, nous 
mentionnons le minbar en grès blanc, d’une rare 
beauté, dont le sultan Kaïthaï a doté la mosquée 
funéraire du sultan Barkouk, au désert. Ce travail 
de la fin du xve siècle est un véritable bijou de 
l’art décoratif arabe. 

L'Égypte a un choix assez considérable de 
pierres de construction! ; mais il faut un dur travail 
pour arriver à extraire des carrières les matériaux 
de bonne qualité. Il est à constater que les Arabes 
ne marchèrent pas sur les traces des Égyptiens et 
des Gréco-Romains. Ils préféraient employer les 
matériaux que leur présentaient les constructions 
qu'ils trouvaient semées dans le pays ; aussi est-il 
aisé de découvrir dans les murs d'enceinte beau- 
coup de pierres qui sont taillées d'hiéroglyphes, 


IL'Égypte est un pays quin’est pas dépourvu de matériaux de 
construction ; elle possède, outre les porphyres et les granits, une 
quantité assez considérable de pierres. Une visite faite à la collection 
minéralogique de l’école de médecine du Caire nous offre des ren- 
seignements très instructifs sur ce sujet. 


14 PREMIÈRE SALLE 


sans mentionner spécialement les innombrables 
linteaux, seuils, colonnes, etc., ete., que nous 
rencontrons dans presque chaque mosquée. Tous 
ces morceaux proviennent de bâtisses disparues. 

La qualité de pierre qu'on employait dans la 
bonne époque est un calcaire blanc, d'une consis- 
tance pleine, qui, avec le temps, prend un ton 
grisâtre, ou bien encore c'était une pierre Jjau- 
nâtre, qui est un agglomérat de coquillages fossiles 
(nummulites). 

Depuis l’époque turque on s’est servi, presque 
exclusivement, de cette dernière qualité qui, à 
cause de sa porosité, ne se prète pas aux fines 
sculptures jadis exécutées. 

Les objets en pierre de taille conservés dans 
le musée sont, en grande partie, des fragments 
provenant de constructions, tels que chapiteaux, 
frises, et contenant ornements ou inscriptions, etc. 
La riche collection des stèles funéraires que 
possède le musée mérite une mention spéciale. 
La plupart d’entre elles sont en pierre dure, et on 
se contentait alors de piquer simplement à la 
petite boucharde le fond des inscriptions. 


111. — Kiarbres. 


Le marbre a été utilisé par les Arabes à toutes 
les époques. IL semble qu'ils en ont fait un plus 


MARBRES 15 


large usage dans les premiers temps de leur ar- 
rivée en Égypte, surtout pour les stèles funéraires. 

On extrait du terrain sablonneux qui s'étend au 
sud du Caire un très grand nombre de «chähid.» 
Ils consistent en une plaque de marbre contenant, 
en inscription coufique, quelques formules de 
prière avec le nom du défunt et la date de sa mort. 

Les caractères de l'inscription sont ou gravés. 
dans le marbre ou ils sont en relief ayant le fond 
eXCAvVÉ. 

La plus grande partie de ces pierres funéraires 
datent du 11° siècle, mais il y en a qui remontent 
‘aux deux premiers siècles de l'hégire. Nous avons 
ainsi sur le vaste terrain d'Aïn Sira le plus ancien 
cimetière musulman de l'Égypte, avec celui au- 
près d’Assouân, dans la Haute-Égypte, d'où pro- 
viennent également les mêmes pierres funéraires. 

Le revers des plaques conserve souvent 
quelques marques de lancienne destination du 
matériel. 

Le pays étant pauvre en marbre, on préféra 
utiliser ce que les monuments gréco-romains ou 
chrétiens de la vallée du Nil en offraient. L'émir 
Ahmed ibn Touloun avait beaucoup de mal à 
concevoir la construction de sa grande mosquée, 
ne voulant pas, comme ses prédécesseurs, spolier 
les églises de leurs colonnes. 

Cette habitude de spolation s’est maintenue : 
jusque plus tard. Dans la mosquée de Mohamed 


16 PREMIÈRE SALLE 


-el-Nâsser à la citadelle, on trouve un chapiteau 
avec l'aigle romaine ; dans celle du savant sultan 
-el-Mouayyed, un des chapiteaux porte une croix 
dans une couronne. Citons encore les chapiteaux 
byzantins si connus des colonnes qui flanquent la 
niche de prière dans la mosquée d'Ibn Touloun. 

Mais ce n'est pas seulement la vallée du Nil 
-qui fut exploitée ; les historiens font mention de 
cargaisons complètes de marbres tirés des villes 
détruites de la Syrie. Lorsque le sultan Beibars 
el-Bondokdäri construisit sa splendide mosquée 
(emourd'hui.en ruine) | devant la porte LH 
sanieh, il fit écrire dans plusieurs pays pour avoir 
les marbres et les bois qu'il lui fallait pour la 
décorer. 

La mosquée, en ville, de Mohamed el-Nässer 
possède même un portailcomplet en style gothique. 
Le portail fut enlevé à Akka, en 1291, et irans- 
porté par Zein el-Dyn, alors sultan, au Caire, 
pour être employé dans la construction de la 
mosquée. 

Le peu de peine qu’il en coûtait aux construc- 
teurs arabes de l'Égypte pour se procurer les co- 
lonnes, était désavantageux pour le développement 
de la colonne en style arabe. Les colonnes des 
monuments étrangers rendaient superflues la cré- 
ation de nouvelles et, avec cela aussi, la com- 
position de bases et chapiteaux arabes spéciaux. 

En réalité, si nous faisons abstraction des 


MARBRES 17 


D 


chapiteaux en forme de vase (en arabe «Kolla», 

à cause de sa ressemblance avec les vases en. 
terre cuite où l’on garde l’eau), le chapiteau à sta- 

lactites, qui est le chapiteau absolument arabe, ne. 
se rencontre que plus tard. 


L'emploi du marbre se généralisa seulement 
vers le xur° siècle et les siècles suivants, qui don- 
nèrent les chefs-d'œuvre que nous admirons au- 
jourd'hui. Le marbre a trouvé son application 
principale dans les travaux de placage, surtout 
dans les portails, parfois d’une façon magistrale, 
. parfois d’une facon gracieuse ; mais c’est spécia- 
lement dans les mosaïques murales et dans les 
carrelages, que les artistes arabes surent tirer du 
marbre les plus beaux motifs décoratifs. 


La mosaïque a été faite de deux manières. Ou 
elle consiste en de petits morceaux appliqués 
dans un lit de mortier, ou bien divers morceaux 
sont scellés dans une seule pièce qui forme le 
fond principal de l'ouvrage — incrustation. 

Là où les contours des champs à incruster 
étaient trop mouvementés, ce qui représentait 
beaucoup de travail à la taille, on préféra remplir 
les dessins entaillés avec du mastic résineux. 
Ce mastic se retrouve presque toujours dans la 
couleur rouge et noire. 


Le musée ne possède pas une grande collection 
de ces modes de revêtement ; toutefois, on peut 
voir dans les mosquées des spécimens de ces 


2 


18 PREMIÈRE SALLE 


magnifiques travaux d’un fini achevé et dont on 
ne saurait trop admirer la richesse de coloris et 
la variété de dessin. 

Les ornements dont on sculptait le marbre 
sont d’une exécution beaucoup plus fine que ce 
qu'on trouve sur les pierres. 

Le marbre comme la pierre de taïlle, mais 
particulièrement le marbre, a été surtout employé 
à l'époque moderne dans la construction des 
tombeaux, minbars, etc. 

Le musée possède une riche collection de 
récipients en marbre habilement taillés en plein 
bloc(N° 34, 35, 110 et autres). Signalons, en outre, 
les supports de ces récipients recouverts d’in- 
scriptions, d’ornements ou d'animaux chimériques. 


(PL IL, N° 34). 


SA sr: INT 


4. — Plaque en marbre avec inscription sculp- 
tée. — Long. 0,53. 

Texte de l'inscription: Au nom de Dieu clément 
et miséricordieux. 

&. — Marbre. Le nom d'Allah est sculpté en 
relief. — Long. 0,16. 

3. — Marbre gris (fragment) provenant d’un 
tombeau. Inscription seulptée en relief : 


AU SO mA te eue Mens 
Haut. 0m,34. 

4. — Morceau d’une plaque en marbre blanc 
avec inscription sculptée, traces de peinture. 
Provenant d'un tombeau. — Haut. om,8. 

5 et 6 — Fragments de pierres funéraires en 
marbre blanc à inscriptions coufiques et prove- 
nant du cimetière de l'Imâm el-Chafey. — Haut. 0,58 
et 0,52. 

7 et 8. — Pierres calcaires, inseription en 
lettres coufiques. Provenant de la mosquée el- 
Hâkem. x° siècle. — Larg. 0w,33. — (PL. I). 

9. — Marbre blanc. — Long. 0,85. 


20 SALLE N° I 


4 
#49. — Médaillon en marbre sculpté. L’'in- 
.scription est à la mémoire d’une mosquée fondée 
en 817 de l’hég. (1414). — Diam. 0v,26. 


#4. — Plaque en marbre blanc avec inscrip- 
tion sculptée portant la date 1181 de l’hég. (1767). 
— Long. 0v,63. 


Cette plaque est au nom d’Ahmed el-Sabt et provient de la 
fontaine de la mosquée de Senàn pacha à Boulaq. 


42. — Marbre. Fragment de pierre tombale 
trouvé dans le cimetière de l’Imâm el-Chafey et 
portant une inscription en écriture coufique. — 
Haut. 0,38. s 


#43. — Marbre blanc sculpté. Inscription et or- 
nements en relief. — Long. 0,32. 
#4. — Fragment d'une pierre funéraire en 


marbre blanc portant une inscription gravée en 
caractères coufiques. Du cimetière de l'Imâm el- 


Chafey. — Long. 0,27 

45. — Fragment de marbre blanc sculpté. In- 
scription en caractères naskh. — Long. 0,22. 

46. — SalsAbil (plaque de fontaine) en marbre 
blanc sculpté. — Haut. 1",35. 


Sur l'emploi de cette plaque, voir l’observation du N°3. 


4%. — Pièce d’une plaque en marbre blanc 
sculpté et peint. — Long. 0m,28. 

48. — Marbre sculpté, traces de peinture. De 
la mosquée el-Mâärdäni. x1v° siècle. — Long. 0,69, 

49, — Plaque sculptée, provenant du mihräb 
de la mosquée el-Badrieh, quartier el-Sälehieh en 
ville. Cette mosquée fut construite par Nâsser el- 


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Le LEONE ES eee 
DODODOOON AR RS 


MARBRES 21 


Dyn Ibn Mohamed Badr el-Abbäâssi, mort en 758 
de l’hégire (1356). — Haut. om,61. (PI. D). | 

La sculpture représente une lampe flanquée de 
deux chandelles. Inscription de lai lampe : 

\ L 

Dieu est la lumière des cieux et de la terre. 

(Voir le N° 30 de la page 79). 

29. — Fragment d’une frise en marbre gris, les 
ornements entaillés en disposition contrariée 


étaient autrefois remplis de stuc’frésineux. — 
Long. 0,70. 


24. — Marbre. Fragmént de frise. — Long. 0®,70. 

22. —. Pièce sculptée en marbre grisâtre. Angle 
d'encadrement. — Long. 0.16. 

23. — Deux füts de colonnes en marbre blanc 


de forme octogonale, provenant d'une ‘niche 
de prière. Ornements sculptés. x° siècle. — 
Haut. 1,°82 EL 2m,00, 


Les côtés sont alternativement ornementés de motifs géomé- 
triques et de feuillages. 


24. — Deux fûts de colonnes en pierres agglo- 
mérées et taillées à facettes, provenant du mihrâäb 
de la mosquée Haïdar Chaouïch à Mansoura. — 
Haut. 2,00. 

2% et 28. — Frise en marbre blanc, incrusté 
de stuc résineux rouge et noir ; les ornements 
sont en disposition contrariée. Provenant de la 
fontaine du sultan Kaïtbaï, construite vers la fin 
du XV* siècle au quartier Saliba. — Long. 0v,65 
et 0m,34. 


22 SALLE N° I 


27 et 28. — Fragments de marbre blane, 
incrustés de pièrres rouges et noires. — Long, 0,30 
et 0,24. 


29 et 30. — Deux pièces de marbre blanc 
gravées d’ornements primitivement enduits de 
stuc. — Long. 0,22. 

Les pièces N°: 28 à 30 proviennent soit du couronnement ou 


du soubassement d’une niche de prière, soit du lambris d’une 
mosquée. 


31. — Plaque de fontaine en marbre blanc 
sculpté. Du sébil du sultan Farag qui se trouve 
devant la porte de ville Bab Zoueila ; commence- 
ment du XVe siècle. — Haut. 4,81. (PI. I). 

La bordure de la plaque est fort intéressante à 
cause de la série d'animaux qui y sont sculptés 
avec une habileté remarquable. 


Les plaques analogues à celle-ci ainsi qu’à celle mentionnée 
sous le N° 16 étaient employées dans les fontaines publiques. 
Elles étaient instellées dans une niche, et l’eau, avant d'arriver 
du réservoir aux bassins placés à la portée du public, coulait le 
long de ces plaques, ce qui lui permettait de se rafraichir. 


32. — Porte-jarre en marbre blanc ; ornements 
sculptés (presque effacés). Provenance de la mos- 
quée du sultan Kaïtbaï. xv° siècle. — Long, 0,55. 

33. — Porte-jarre en marbre blanc formé d’une 
base de colonne et reposant sur quatre pieds. 
Provenance de la mosquée Saghri Ouardi, à el- 
Saliba, au Caire. — Long. 0,33. 


Sur les pieds, inscriptions en caractères coufiques enrichis 
d’ornements. 


34. — Jarre en marbre blanc couverte d’ara- 
besques. A la hauteur des anses, une phrase en 


PL II 


43 


FPLATRES,:PIERRES @G'MARBRES, 


MARBRES 23 


caractère coufique se répète ; sa base est ornée de 
poissons sculptés. — Haut. int. 6»,70, (PI. II.) Trouvée 
dans la mosquée de la princesse Tatàär el-Hega- 
zieb, fille du sultan Mohamed Ibn Kalaoûn, morte 
en 1359 après J.-C. 

33. — Jarre à anses en marbre blanc, taillée 
à côtes saillantes, provenant de la mosquée Om 
el-Ghoulâm, 1254 après J.-C. — Haut. int. 0,70. 


36. — Fragment d’une frise en marbre blane, 
ornements dorés. — Long. 0,68. 
37. — Plaque oblongue en marbre gris cou- 


verte d’arabesques, (voir la note du N° 31). — 
Haut. 1°,34. 

38. — Margelle d’une citerne formée d’un cha- 
piteau byzantin en marbre, provenant de la mos- 
quée Zein el-Dyn à Darb'el-Gamamiz, au Caire. 
— Haut. 0,30. 

39. — Chähid (pierre tombale) avec inscription 
gravée au nom de Nabil Bek ei daté de 1235 de 
l'hég. (1819), — Haut. 0,98. 

40. — Deux colonnettes en serpentine, les fûts 
sont taillés à côtes ; le chapiteau porte une croix 
sculptée. Provenant de la mosquée de l’émir 


Kaoussoûn el-Säki, xrv° siècle. — Haut. 2,50. 
Les deux colonnes flanquaient la niche de prière de cette splen- 
dide mosquée, aujourd'hui presque entièrement disparue. 


4. — Pierre funéraire sculptée, en marbre 
blanc. L'inscription coufique apprend que cette 
pierre a été érigée par ordre «de notre seigneur 
et maître l’imâm Hâfiz el-Dyn Allah, prince des 
croyantis....» — Haut. 0m,82. 


2/ SALLE N° I 


42. — Marbre blanc portant inscription en 
sculpture. Du Hôch el-Ouâli au cimetière de FI- 
mâm el-Châfey. L'inscription mentionne le nom 

d'el-Kaouâmi el-Houssämi. — Long. 0,73. 

| 48. — Face d'un tombeau en pierre calcaire 
blanche, ornementée et portant une inscription 
qui relate la date 809 de l'hég. (1406). — Long. 0”,90. 


&4. — Pierre tombale en grès rougeâtre. In- 
scriptions en caractères coufiques. x° siècle. — # 
Haut. 0, 44. 


453. — Coin d'une voussure en calcaire sculpté. 
Des rinceaux entourent un aigle aux ailes dé- 
ployées ; trouvé dans le quartier de Bâb el-Cha- 
rieh, au Caire. — Long. 0m,95. 

La présence de l'aigle prête à ce fragment un 
grand intérêt. A en juger par.la taille des feuillages, 
on peut le faire remonter jusqu'au temps des Fa- 
timites. 


46. — Fragment de marbre blanc sculpté. In- 
scriptions en caractères naskh. — Long. 0,43. 
43-50. — Pierres tombales en serpentine, de 


forme irrégulière, inscription en caractères cou- 
fiques. Provenant du cimetière de Kôss, Haute- 
Egypte. 

47. — Datée de 465 de l'hégire (1072). — 
Haut. 0,47. 

48. — Datée de 459 de l'hégire (1066). — 
Haut. 0,60. 

49. — Datée de 589 de l'hégire (1193). — 
Haut. 0,60. 


MARBRES 25 


50. — Datée de 429 de l’'hégire (1037). — 


Haut. 0,70. 


51-53. — Pierres funéraires en diorite ; in- 
scriptions sculptées. 

51. — Inscription en caractères naskh, 443 
de l’hég. (1051). — Haut. 0,90. 

52. — Inscription coufique. Datée de 590 de 


l'hég. (999). — Haut. 0w,72. 

53. — Inscription naskh, 567 de l’hég. (x171). 
Haut. 0w,85. 

534. — Mosaïque murale ; pierres rouges et 


noires, nacre et émail bleu turquoise. De la mos- 
quée Kaoussoûn el-Sâki. — x1ve siècle. | 

553-56.—Chapiteaux byzantins en marbre blanc, 
de la mosquée précitée. — Haut. 0»,34 et 0m,31. 


Le chapiteau N° 55 porte la croix sculptée, preuve évidente de 
sa première destination. 


5%. — Marbre. Plaque oblongue ornée d’ara- 
besques sculptées. — Long. 0,51. 

58 et 59. — Pièces de marbre, provenant 
d’un tombeau. Le caractère des lettres et les 
fleurs naturalistes indiquent qu’elles sont d'épo- 
que moderne. 


G0-6f%. — Chapiteau byzantin en marbre, 
trouvé dans la mosquée Kaoussoûn. — Haut. 0,10. 
G?. — Pierre tombale en marbre blanc, por- 


tant des inscriptions gravées en caractères coufi- 

fiques au nom de Hassan, fils de Houssein, et 

datée de 462 de l’hégire (1069). — Haut. 0,64. 
63. — Base de colonne en marbre blanc 


26 SALLE N° I 


sculpté; provenant de la mosquée Mourad pacha, 
au Caire. — Haut. 0,40. 


64. — Pierre tombale en marbre blanc, in- 
scriptions coufiques gravées portant la date 262 
de l’hégire (875). — Haut. 0w,68. 


6> & 66. — Chapiteaux corinthiens (un côté 
est lisse), en pierre rougeâtre, portant des traces 
de dorure. Provenant de la mosquée de Kaoûs- 
soun el-Säâki. — xrv‘ siècle. — Haut. 0,38. 

63 & 68. — Porphyre rouge et vert. Du pla- 
cage mural. — Long. 0,34 et 0w,34. 

69. Pierre noire avec lettres de marbre 
blanc incrusté. — Long. 0,36. 

306. — Marbre blanc à inscriptions coufiques 
gravées. Fragment d’une pierre funéraire, datée 
de la fin du rrr° siècle de l’hég. — Long. 0,38. 

28 & 72. — Plaques de marbre blanc portant 
un écusson. Sur la face, un aigle aux ailes déplo- 
yées ; à la base un calice. Provenance du bain 
démoli du Wakf Aicha el-Hammamieh à Darb el- 
Gamamiz, au Caire. — Long. 0m,46. — (PI. I). 

23,74 & 953.— Claveaux en pierre noire, rouge 
et marbre blanc. Revêtement d’un arc.— Long. 0,10. 

#6. — Vase en marbre blanc ajouré.— Haut. 0,23. 

54 & 48.— Fragments de marbre blanc avec in- 
scription sculptée. — Long. 0,13 et 0,25. 

#3. — Objet en pierre blanche ayant la forme 
de trois assiettes attachées ensemble ; trouvé dans 


les décombres de la mosquée d’Ibn Touloun. — 
Long. 0,30. 


MARBRES 27 


80. — Fragment d'une plaque en marbre à 
inscription coufique, provenant d’une des tables 
commémoratives qui ont été posées à l’occasion 
de l'inauguration de la mosquée d’'Ahmed Ibn 


Touloun au rx° siècle. — Long. 0m,27. 


On voit aujourd’hui, dans la mosquée d’Ibn Touloun, un grand 
morceau de table commémorative scellé contre un pilier du sanc- 
tuaire. Il a été retrouvé il y a cinq ans lors du déblaiement de ce 
monument. 

84. — Marbre blanc avec inscription en carac- 


tères coufiques. — Long. 0,20. 

82, — Pièce de marbre sculpté, provenant de 
la mosquée el-Mârdäni, xrv° siècle. — Long. 0,12. 

83-837. Cinq fragments en plâtre découpé, 
inscription en lettres coufiques. Détails de l’enca- 
drement d’une fenêtre de la mosquée du sultan 
el-Kâmel, construite en 1224 après J.-C. — (PI. I). 

Les ruines de la mosquée du sultan Ayyoubite el-Kàämel Mohamed, 
neveu du grand Saladin, sont situées dans la rue el-Nahassyn 


au Caire et reposent sur une partie des fondations du petit château 
ouest des Fatimites. 


S8. — Fragment de marbre blanc, inscription 


sculptée en caractères coufiques, xvi° siècle. — 
Long. 0m,27. 


89%. — Morceau de mosaïque murale en marbre 
blanc et pierre noire, rouge et jaune. — Haut. 0”,29. 
(1. D. 

90. — Fragment d’une plaque en marbre blanc, 
inscription gravée en caractères coufiques, pro- 
venant du cimetière de la mosquée d’Amr Ibn el- 
Ass, au Vieux-Caire. — Long. 0,29. 


1. — Morceau de marbre noir veiné. — 
Long. 0®,19. 


28 SALLE N° I 


92. — Fragment de marbre blanc, ornements 
. SCuÏptés. — Long. 0m,18. 


93. — Lustre (tannour) en bronze fondu, re- 
percé à jour et ciselé, décoré d’ornements et d’in- 
scriptions. Provenance de la mosquée du sultan 
Hassan. xrv° siècle. — Haut. 2,00. 

Le lustre a la forme d’un prisme octogonal disposé pour 440 lumi- 
naires. Les inscriptions sont au nom du sultan Hassan. 

94. — Trois vitraux en plâtre découpé, verres 
coloriés. Moderne. — Haut. om, 92. 

95. — Marbre. Fragment de frise, ornements 
sculptés. — xvir® siècle. — Long. 0, 22. 

98. Trois vitraux de forme hexagonale pro- 
venant d'une coupole démolie attenant au tombeau 
de l’Imâm el-Chafey, au Caire. — Long. 0m, 32. 


Ces fenêtres,simples dans la conception,sont d’une bonne époque. 

93. — Bas-relief en pierre calcaire représentant 
un lion tenant} dans ses griffes une gazelle. — 
Long. Om, 75 

Moderne. 

98. — Porte-jarre à quatre pieds en marbre 
blanc avec ornements et inscription coufique. Les 
côtés sont décorés d'animaux chimériques. — 
Haut. Om, 47, 

99. — Plaque en marbre blanc; inscriptions 
sculptées. — Long. or, 45. 

Don de M. Pugioli. 

400. — Plaque tombale en marbre à inscrip- 
tion coufique en relief. — Haut. om. 67. 


MARBRES 0511709 


#04. — Pierre tombale en syénite foncée; in- 
scription en naskh. — Haut. om, 59. 

L’iascription est renfermée dans un dessin imitant le mihrab. 
Elle mentionne le nom du cheikh Aboul-Houssein Ali, fils d’Absa, 
mort en 637 de l’hég, (1239). Ce qui donne de l'intérêt à cette pierre, 
c'est que le nom du graveur y est inscrit: «Fait par Mohamed, 
fils de Hag Ahmed. » 

492. — Pièce courbée en calcaire blanc, à sur- 
face gravée d’ornements à fleurs. Le fond est 
doré. — Haut. 0m, 34. 

#03. — Pierre tombale en serpentine. — 
Long. Om, 22. 

Le nom porté par cette stèle est celui de Yacoub, fils de Yous- 
sef, fils d'Ibrahim du Kabyl el-Marâzi. 

4064. — Fragment de marbre; inscriptions cou- 
fiques gravées sur ses deux faces. — Long. 0", 68. 

Don de M. le prof. Schweiïinfurth. 

103. — Vase en calcaire à quatre têtes d’oie. 


Moderne. — Diam. Om, 45. 
Don de M. le prof. Schweinfurth. 


408. — Assiette en calcaire. — Moderne. Diam. 0,15. 
Don de M. le prof. Schweinfurth. 
107. Support (kelga) en marbre blane sculp- 


té; ornements et inscription en caractères coufi- 
ques, provenant de la mosquée Maklabaï-Täz, au 
Caire. — Haut. 0m, 44. 


Analogue au N° 98. 
408. Supporten marbre blanc orné de sculp- 


tures, d’ornements et d'animaux chimériques 
à figure humaine; provenant de la mosquée 
Zein el-Dyn à Darb el-Gamamiz, au Caire. — 
Haut. 0», 43. — (PL. IT). 

409. — Support en marbre blanc à quatre 


30 SALLE N° I 


pieds, portant une inscription coufique en relief 
(presque effacée); les deux côtés du tambour sont 


ornés de colonnettes engagées. — Haul. 0",42. 
#10. — Jarre en marbre blanc provenant de 


la mosquée Saghri Ouardi à Saliba, au Caire. — 
Haut 0", 60 

#44, — Jarre en marbre blanc veiné de gris ; 
provenant de Zaouyet Seif el-Yazal, au Caire. — 
Haut, Om, 69, 

412. — Milieu d'une fontaine en marbre, les 
côtés portent des inscriptions coufiques sculptées. 
— Diam, 0m, 49. 

#43 et 424. — Coin d'un tombeau. Deux 
pièces de pierre couvertes d’ornements et d’in- 
scriptions naskh et coufiques richement sculptés. 
Haut: 0",92. 

115 ct 116. — Füts de colonne en marbre, 
provenant de la fontaine du sultan Kaïthaï près 
d'el-Azhar. — Fin du xv° siècle. — 1,69 et 0,69. 

447 et 448. — Deux bases appartenant aux 


fûts mentionnés sous Les N° précédents. — 
Haut. 0,19. 

Ces deux colonnes décoraient autrefois les côtés de la niche 
de la fontaine publique. Cette fontaine existe encore aujourd’hui 
et fait partie de l’incomparable groupe de monuments que le 
sultan Kaïtbaï a élevés dans le voisinage et au sud de la mos- 
quée el-Azhar. 


449. — Cadran solaire en pierre calcaire. — 
Long. 0,59. 


LE “an solaire en marbre blanc portant 
la date 1163 de l'hégire (1749). — Long. 0",93. 
#21. — Plaque en marbre blanc ; un côté con- 


MARBRES 31 


tient une inscription en lettres coufiques gravées, 
l'autre côté porte une inseription en lettres naskh. 
Larg. 0®,50. 


422. — Fenêtre en plâtre découpé et verres 
coloriés. Moderne. — Long. 0,89. 

423. — Chapiteau en marbre, style corinthien. 
—- Haut. 0»,39. 


424. — Plaque en marbre blanc, inscriptions 
sculptées, en caractères naskh ; provenant de la 


mosquée Barkouk à el-Nahassyn. — Long. 0»,30. 
425%. — Jarre en marbre gris. — Haut. 0,66. 
426. — Jarre en marbre blanc à trois anses.— 

Haut. 0, 66. 


422-428. — Jarres en marbre blanc, xv° siècle. 
A la hauteur des anses est gravée l'inscription 


suivante : Les LA Laull \5a d& Panne 3 | 


4\, MS ° ai JF ska ai \ 5 LM EtR ali 


Cette jarre (zx) a été léguée, pour cette fon- 
taine bénie, par notre seigneur, le sultan, le roi 
très noble, Aboul Nasr (le victorieux) Kaïtbai. 
Que sa gloire soit exaltée par Mohamed et sa 
famille. — Haut. 0v,53 et 0,61. 

#29. — Angle d'un tombeau en marbre sculpté; 
inscriptions et ornements en relief. Trouvé dans 
la mosquée el-Charkassi, rue Bein el-Sayâreg, au 
Caire. — Haut. 0,86. 

430. — Support de jarre en marbre blanc, de 
chaque côté deux têtes en relief. — Haut. 0,13. 


têtes et a Loos tn Ne Due 6m, ue 
432. — Support en marbre planes aux angles 
arrondis. — Haut. 0,10. 


Rare Uppor en marbre de (en deux pièces). 
—- Haut. 0,41. 
Les jarres mentionnées dans les derniers numéros servaient, 


d’après Prisse d’Avennes, à contenir l’eau nécessaire aux ablutions 
des grands personnages ou de certains Pienieres 


Fi 


DEUXIÈME SALLE 


Xiétaux. 


Parmi les nombreuses influences qui ont agi 
sur le développement de l’art arabe, la civilisation 
pérsane a été incontestablement un des éléments 
les plus importants. L'art des Persans atteignit 
son apogée au 1v° siècle après J.-C. Les Perses, 
qui, à leur tour, doivent leur civilisation aux 
Assyriens, ont fait revivre dans toute sa splen- 
deur le grand art national au temps des Sassanides 
(226-642 après J.-C). A cette glorieuse époque 
succède une période de décadence; l'empire arabe 
englobe la Perse et, par une évolution toute 
naturelle, la civilisation arabo-persane fait place 
à celle des Persans. 

Cest donc plutôt à l'influence des Sassanides 
que l’art arabe doit en partie son développement. 

Il y a suflisamment d'indices que le goût persan 
a exercé son action sur tous les pays de l'Orient, 
mais presque nulle part il ne se fait sentir autant 
que dans l’industrie métallurgique. 

Le critérium principal existe dans l'ornemen- 


3 


34 DEUXIÈME SALLE 


tation, qui emprunte ses sujets aux figures; cette 
ornementation figurée fut employée même après 
que le nouveau culte se fût substitué à l'ancien 
dans le pays des Persans. 

Il ne faut donc pas s'étonner si, avec la tech- 
nique du travail des métaux dans les contrées envi- 
ronnantes, le motif figural s’est introduit chez les 
praticiens, là où nous le trouvons en réalité en 
vogue, jusqu'à la fin du xrr1e siècle. Les Arabes 
de l'Égypte, plus éloignés du centre de ce courant 
artistique spécial, ne pouvant naturellement pas 
être aussi directement sous la domination de cet 
esprit de création, assimilaient l’ornementation 
à leur génie en se servant des motifs de caractère 
abstrait'. 

Mais avant de nous occuper du chapitre des 
travaux métallurgiques, qui nous permettra d'en 
suivre le développement à l’aide d'objets d'art, il 
n’est pas inutile d'examiner ce qu'on sait de ces 
travaux d’une époque lointaine, dont il ne nous 
reste malheureusement aucun spécimen. 

Les plus anciens historiens orientaux, qui. se 
plaisaient à raconter les merveilles qui frappaient 


1 Ceci n'exclut pas absolument l’idée que, même en Ég gypte, on 
ne retrouve pas d’ornements avec des motifs d'animaux, et cela 
méme dans les ouvrages d’une époque assez récente. Ainsi la 
mosquée de l’émir Kidjmàs el-Ishäki a sur le heurtoir de sa grande 
porte deux dragons; la porte du maziara (endroit pour garder l’eau) 
de la mosquée Aboubakr Mazhar a un grand nombre de panneaux 
dans lesquels les ivoires sculptés représentent des oiseaux, efc.,etc. 


MÉTAUX 35 


leur vue, ne tarissent pas d’éloges sur les travaux 
en métal de leur époque. Nâssiri Khosrau!, le 
fameux voyageur qui de 1035 à 1042 a visité pres- 
que tout l'Orient, ne peut jamais énumérer avec 
assez de complaisance les œuvres qu'il a vues. 
Ce sont les lustres en or et en argent de la ville 
de Sour (Tyr), ou bien encore les portes du 
Haram de Jérusalem, revêtues de plaques de fer 
et de cuivre merveilleusement travaillées et toutes 
couvertes d’arabesques. 

En parlant de la mosquée el-Aksa, dans cette 
même ville, Nässiri dit: («Parmi ces portes, on en 
remarque une qui est en cuivre et dont la beauté 
et la richesse confondent l'imagination. Le cuivre 
en est si brillant qu'on le prendrait pour de l'or: 
il est couvert d’incrustations en argent niellé et 
on y lit le nom du khalife Mamoun. Cette porte 
fut, dit-on, envoyée de Bagdad par ce prince?. » 
Elle devait donc dater au moins de la première 
moitié du 1x° siècle. 


1 Sefer Namenh précité. 


2 SerER NAMEH, page 81: Mouqadessy fait une mention spéciale 
de cette porte qui s'appelait « la grande porte en cuivre. » Elle 
était située en face du mihrab et les battants ne pouvaient en être 
ouverts que par un homme ayant les bras longs et vigoureux. Les 
plaques de cuivre qui la recouvraient étaient dorées. 

M. de Vogüé a donné la copie de l'inscription que le khalife 
Mamoun avait fait graver en 261 (831) sur quelques-unes des portes 
de la mosquée. — Le Temple de Jérusalem, page 86. 


36 DEUXIÈME SALLE 


Le mème auteur a aussi l'occasion de rappeler 
les travaux en métaux. qu'il a vus en Égypte. 
Lorsqu'un ami lui procure l'entrée dans le palais 
des Fatimites au Caire, la vue du trône du jeune 
sultan el-Mostanser le remplit littéralement d'ad- 
miration. 

Ce trône, de pur métal d'or et d'argent, était 
tout couvert de jolies inscriptions et de scènes de 
chasse artistiquement travaillées. Mais que doit- 
on penser de l'industrie des métaux de la même 
époque, si l’on étudie les pages de l'inventaire que 
l'historien el-Makrizi nous a laissées dans son 
ouvrage d'après des mémoires contemporains, 
lorsqu'il raconte, par exemple, le pillage du trésor 
des Fatimites par la soldatesque du sultan el- 
Mostanser ? Les mercenaires turcomans soulevés 
dépouillent leur prince de richesses énormes qu'ils 
se partagent entre eux, les estimant à vil prix. 
On croit lire la nomenclature de trésors nés dans 
l'imagination d'un conteur. En dehors de bois- 
seaux d’émeraudes, de rubis, de perles, de corna- 
lines et autres pierreries, l'inspecteur du trésor 
mentionne dans son procès-verbal quatre cents 
grandes cages d’or, six mille vases d’or pour les 
fleurs, des cuves d'argent du poids de trois quin- 
taux.-etc. etc. 

Parmi les objets métalliques de fantaisie, il y 
avait également, en grand nombre : des coqs, des 
paons, des gazelles, de grandeur naturelle, en or 


MÉTAUX 3 


incrusté de perles, de rubis ; un palmier d'or dans. 
une caisse d’or. Enfin,Ibn Abd el-Aziz, inspecteur 
du trésor, déclare dans son rapport que plus de:- 
cent mille articles précieux et deux cent mille 
pièces d’'armures ont été adjugés en sa présence. 
Il serait trop long d’énumérer les diverses qualités. 
d'œuvres qui se trouvaient dans le trésor des. 
princes fatimites et qui donnent une si haute idée 
du degré de l’industrie du métal à cette époque. 

Tel est le récit qui avait cours vers l’an 1000. 

Quant à la provenance de ce trésor, il convient 
de faire observer que beaucoup de pièces devaient 
être d'une date antérieure, en majeure partie im-- 
portées, mais dont quelques-unes étaient dues. 
très probablement à la fabrication locale; cette. 
supposition paraîtra toute naturelle lorsqu'il s’agit, 
comme ici, de princes d'Égypte aimant le faste. 
et dépensant des sommes énormes pour enrichir: 
leurs collections. 

De tous les travaux et merveilles de ces temps. 
écoulés, rien ne nous est parvenu? ; c’est pourquoi 
nous ne pouvons que nous fier aux descriptions. 
enthousiastes des témoins oculaires. 


: Égypte, par M. I. I. Marcel. — Paris, 1848. 

L’unique monument que l'on dit dater de cette époque est le- 
griffon en bronze à Pise, qui fut, d’après certaias historiens, apporté: 
d'Égypte en Italie par le roi Amaury pendant les Croisades. Une: 
description exacte manque. Les inscriptions coufiques qui s’y trou- 
vent, pourraient bien donner quelques renseignements. 


ADS. DEUXIÈME SALLE 


Chose assez curieuse à noter, c'est le rapport 
qui existe entre les œuvres précitées des Fatimites 
et celles des Persans; elles sont également déco- 
rées de figures. 


Les Fatimites, chiites eux-mêmes comme les 
Persans, étaient-ils en relation avec ces derniers 
avant leur venue en Égypte, ou existait-il déjà, 
antérieurement à cette date, des relations entre 
ces deux peuples”? Nous ne le savons pas. Il y a tout 
de même une circonstance qui donnerait quelque 
créance à la première supposition, c’est que les 
Fatimites, dès leur arrivée en Égypte, en con- 
struisant la mosquée el-Azhar, y emploient les arcs 
de forme persane. Ils ne reviennent que plus tard 
aux types qui leur sont fournis par les mosquées 
existantes dans Fostât et les anciens quartiers. Il 
y a là plus qu'une coïncidence; aussi, les liens 
devaient-ils nécessairement devenir encore plus 
étroits dans le domaine de l'esprit entre les deux 
nations. 

Entre ces temps reculés, où nous devons nous 
fier aux descriptions des témoins oculaires, et 
l'époque qui nous a conservé des témoignages 
réels de cette industrie, plusieurs siècles s’écoulè- 
rent. 

C'est la fin du xrrr siècle qui nous permet, 
grâce aux pièces conservées, de reprendre l'étude 
de cette industrie. Cette étude peut être poursuivie 
presque dans toutes les phases de son développe- 


MÉTAUX 39 


ment à travers quelques siècles, jusqu'au com- 
mencement du xvie. Le fil de nos recherches nous 
conduit en Mésopotamie, dernière source d'où la 
technique des métaux semble s'être répandue sur 
les autres contrées de l'Orient!. Il existe beau- 
coup de pièces sur lesquelles l'ouvrier a inscrit 
son nom; le lieu le plus souvent mentionné est 
Mossoul. 

Les produits de cette contrée se distinguent, en 
premier lieu, par les représentations figurales : 
figures humaines, seènes de chasse, animaux qui 
se poursuivent gravés au burin ou plus souvent 
incrustés sur cuivre, sont les motifs favoris dans 
lesquels l’ouvrier de ce pays aimait à s'exercer 
et que nous avons déjà dit dériver des Persans. 

Contemporainement à ces produits se trouvent 
des objets de fabrication égyptienne. La matière 
des travaux est la même; mais, dans le choix des 
sujets, les ornements sont plutôt conformes aux 
motifs que nous connaissons et qui sont propres 
à toutes les fabrications d'Égypte, où ils sont 
d'ailleurs très répandus. 

En réalité, un coup d'œil suflit pour recon- 
naître sur les métaux le même style de fleurs, le 
même système de compositions polygonales et les 
mêmes caractère et texte que portent les grands 


\ The art of the Sarac2ns in Egypt, by Stanley Lane-Poole. — 
{Metal-work). 


40 DEUXIÈME SALLE 


monuments du pays, produits indubitablement 
égyptiens. 

Parmi les quelques pièces choisies que possède 
notre collection, il y a bien sur le koursi (table) 
du sultan Mohamed el-Nâsser des représentations 
d'oiseaux!, mais elles se perdent et jouent un rôle 
secondaire auprès des autres motifs d’ornementa- 
tion végétaux et géométriques. 

D'après ce que nous venons de dire, il est plus 
que certain que nous avons sous la main des pro- 
duits du pays. Il est intéressant d'apprendre d’el- 
Makrizi de quelle vogue jouissaient de son temps 
les ustensiles de maison en cuivre incrusté. Dans 
le chapitre où il décrit les divers marchés du 
Caire?, cet historien mentionne spécialement le 


marché des incrusteurs Ca à 5 ) à Misr, 
et dit quel grand usage on faisait du cuivre in- 
crusté. 

Dans le trousseau des mariées, les cuivres 
jouaient un grandrôle ; la mariée aimait à avoir au 
moins un dikka (banc) de ce genre. On fabriquait 
de la sorte de nombreux objets d'utilité et de 
luxe. Ils étaient toujours richement travaillés, 


! Les oiseaux représentaient des canards et faisaient allusion à 
« Kalaoëûn » (qui signifie canard en vieux turc), nom du père du 
sultan Mohamed el-Näss2r. — The art of the Saracens in Egypt, by 
Stanley Lane-Poole. 


2 Khitdt el-Makrizi. Tome Il, page 165. 


MÉTAUX 4x 


et l’incrustation en argent et en or y entrait pour 
la plus grande part. Il cite entre autres travaux les 
ouvrages en métal que la « dame des turbans », 
une «des filles des commerçants », a reçus lors de: 
son mariage. Un témoin oculaire a raconté à el- 
Makrizi qu'il était présent lorsque Sitt el-Amâäëm 
(le nom de la mariée) envoya à son fiancé 100,000 
darhems d'argent pour qu'il fasse réparer les 
dommages survenus au dikka. 

L'historien clôt son chapitre en disant que, de 
son temps, on ne cherchait plus à acquérir les cui- 
vres incrustés que pour en extraire l'argent. «Ce: 
bazar, —ajoute-t-il, — ne possède plus aujourd'hui 
qu'un petit nombre d'ouvriers incrusteurs. » 

On peut sûrement juger de la valeur qu'on a 
attribuée à des pièces de dinanderie, de chaudron- 
nerie et aux ustensiles de cuivre en général, par 
ceux de ces objets qui nous tombent encore à 
présent entre les mains. On y trouve très souvent 
gravée toute la série des noms des propriétaires 
successifs des objets en question. 

Nous avons eu l’occasion de mentionner que 
les produits qui font le sujet de ce chapitre furent 
fabriqués en cuivre et, en premier lieu, en ses al- 
liages. Chaudrons de grande dimension, coffres, ta- 
bles, coupes, brûle-parfums, lustres, lampes, etc., 
furent tirés de ces métaux et richement incrustés. 
ou au moins gravés. Les portes ont été également 
décorées de bronze ; en un mot, aussi bien les. 


. 2 DEUXIÈME SALLE 


- objets de nécessité journalière que les pièces de 
‘luxe. Ces différentes compositions se ressemblent 
tellement, que seule l'analyse chimique peut 
établir entre elles une distinction. 

Les documents que nous rencontrons en Égypte 
et que nous pouvons incontestablement regarder 
comme produits du pays, sont le grand nombre 

-de portes plaquées et ornementées de la manière 
la plus variée, les grilles, les lustres et quelques 
meubles. Ce que l’on a recueilli de ces derniers 
dans les édifices religieux a été déposé au musée. 

Le plus ancien monument est représenté par 
‘les vantaux qui proviennent de la mosquée Säleh 
Telayeh! au Caire (annexe I, N° 9). On y voit un 

-système de champs polygonaux arrangés en forme 
-d'étoiles. Ces pièces en métal fondu sont placées 
sur un mince placage en cuivre jaune. 

Tandis qu'ici les fontes sont unies, nous les 
trouvons gravées de fort jolis dessins sur les 
mortes provenant de la mosquée fondée en l’an- 
née 561 de l’hég. (1359) par la princesse Tatar el- 
 Hegazieh, petite-fille du sultan Kalaoûn. Le siècle 


VLa mosquée fut érigée par Sèleh Telayeh ibn Rezik, en l'an 

-555 de l’hég. (4460). Elle existe encore devant la porte de ville Bab 

Zoueila, mais en assez mauvais état. Bien qu'après un tremblement 

de terre, en 1302, elle ait été reconstruite par Seif el-Dyn Boktomour, 

tles vantaux doivent être de l’époque des Fatimites, à en juger d’après 
‘le style des ornements du placage. 


MÉTAUX 43: 


suivant nous fournit dans la porte du tombeau 
du sultan Hassan (1356) les fins travaux d’incrus- 
tation en or et en argent. Les deux vantaux de la 
mosquée du sultan Barkouk, aux feuillages de 
bronze délicatement plaqués d'argent et ceux des 
monuments d’el-Ghouri, qui datent des Mamlouks 
circassiens, démontrent que cet art fut exercé avec 
la même habileté qu'aux époques antérieures. 

Les lampes et les lustres de la collection se 
présentent sous des formes très variées, qui em- 
brassent les xrv° et xv° siècles. Ces lustres con- 
sistent en une espèce de construction à galeries 
destinées à recevoir de nombreuses veilleuses. 
Au-dessous du tout pendaït originalement le pla- 
teau, comme on le voit encore au N° 107 de la 2° 
salle. Il devait empêcher que l'huile ne se répandiît 
sur les fidèles et masquer en même temps avan- 
tageusement l’intérieur assez peu élégant du lustre. 

La pièce citée est en partie repoussée et gravée 
d'ornements qui nous révèlent Le style des derniers 
princes régnants circassiens. Elle a été ap- 
portée de la mosquée el-Ghouri, fondée en 1503 
après J.-C. 

Les petits lustres en forme de dôme couvrant 
le plateau à veilleuses font l'effet de dentelles, 
tant ils sont patiemment ajourés. 

Les grilles étaient aussi un objet de grand 
soin, surtout celles placées devant les fenêtres 
des sébils. Les nœuds, souvent, portent gravés des 


44 DEUXIÈME SALLE 


noms d'Allah ou des rank (blason) du fondateur, 
mode fort en vogue au xv* siècle. 

Mais ce qui dénote une rare habileté de la 
part des ouvriers en matière de goût et de techni- 
que, ce sont les koursis, dont un déjà a été men- 
tionné plus haut, et la petite caisse-bibliothèque 
de la collection. Les quelques points d’or visibles 
sur cette dernière, accusent un précieux travail, 
qui se trahit d’ailleurs par la fine conception des 
motifs, parmi lesquels on remarque tout d'abord 
une ravissante bordure en inscription coufique. 

La beauté de ces objets en métal gravés et 
incrustés les faisait rechercher en Europe depuis 
fort longtemps. Un grand nombre d'objets d'art 
qui se trouvent dans les diverses collections 
prouvent clairement que le développement de 
travaux pareils en Europe est dû en partie à l’in- 
fluence de l'Orient. 

Depuis le xvi° siècle, les bronzes sont d'un 
usage restreint. Ils manquent presque entièrement 
sur les portes des mosquées où des constructions 
publiques ; l'emploi en est limité à quelques lames 
ou rosaces'. 


1 Pprisse d’Avennes, vol. I, pl. C. VI, nous montre la porte 
de la mosquée Khanka et lui assigne comme date d’origine le xvirre 
siècle. Cette porte est couverte d’un travail en bronze d’un bon 
style. Il a été impossible de trouver une mosquée de ce nom, 
découverte que j'aurais bien voulu faire pour vérifier S'il n’y a pas 
erreur. Cette porte ne me semble pas être d'une date aussi récente. 


MÉTAUX Go 


Aussiles grilles, qui auparavantétaient compo- 
sées de plusieurs pièces et ajustées à grand'peine, 
se fondent ensuite en une seule pièce. Vers 
la seconde moitié du xvire siècle, les dessins que 
nous rencontrons dénotent une influence occiden- 
tale. 

En dehors des bronzes, c’est au fer que les 
artisans orientaux ont osé s'attaquer. 

Il y avait lieu de mentionner à la page 35 
Nassiri Khosrau, qui dit que les portes du Haram 
de Jérusalem contenaient du fer dans leur revèête- 
ment. En parlant des portes de Mehdyèh", il 
aflirme même qu'elles étaient en fer massif et que 
chaque vantail pesait 100 quintaux et avait 
une hauteur de 30 coudées. 


1 Mehdyèh fut fordée en l’année 303 de l'Hégire (916) par 
Abmed ibn {smayl el-Mehdy, dont on fait remonter l’origine à 
Husseïn, fils d’Aly. Cette ville est bâtie sur une langue de terre 
qui s’avance dans la mer. Elle était entourée d’une muraille fort 
élevée, et si large que deux cavaliers pouvaient y passer de front. 
Les portes étaient en fer massif, et chaque battant avait le poids 
de cent cantars. Deux des portesde la ville avaient quatre battants : 
elles donnaient accès à un passage voüté qui pouvait abriter 
cinq cents cavaliers. Les fortifications de la ville furent achevées 
en 305 (918) et Ahmed el-Mehdy vint y établir sa résidence au mois 
de Chewal 308 (Mars 921). Selon Abou Obeïd Allah el-Bekry, 
chacune des portes de Mehdyèh pèse mille quintaux et a trente 
coudées de hauteur; chacun des clous dont elle est garnie pèse six 
rathl. Sur ces portes on a représenté divers animaux. Le port, 
creusé dans le roc, estassez vaste pour contenir trente navires. 
Yaqout, Moudjem, tome IV, pages 693-696. Description de l'Afrique 
septentrionale, par el-Bekry, traduite par Mac Guckin de Slane, 
Paris 1859, pages 73-75. — Sefer Nameh, page 120. 


46 DEUXIÈME SALLE 


Par cette citation, et d’autres encore, on voit 
aisément que les Orientaux ont exercé aussi l’in- 
dustrie du fer, bien que sur une échelle plus mo- 
deste. Il n’y a aucun doute que les Arabes d'Egypte 
soient restés en arrière des autres Orientaux 
dans cette pratique. 

Les plus anciens objets en fer qui se présen- 
tent dans le pays sont les grilles de quelques mos- 
quées. Elles sont forgées et consistent en bâtons 
verticaux qui passent par les nœuds des baguettes 
horizontales : travail assez primitif. 

Il est tout de mème curieux qu’el Makrizi, en 
décrivant la mosquée de Mohamed el-Nässer à la 
citadelle, trouve qu'il vaille la peine de parler 
des grilles en fer de ce monument. Les grilles 
existent encore de nos jours et elles sont précisé- 
ment de la qualité décrite. 

Il mentionne à la même place la Maksoura 
(place réservée) qui était entourée d’une grille en 
fer ; peut-être cette dernière était-elle plus artis- 
tiquement travaillée. 

Quelques portes, dans la collection, qui sont 
armées de têtes de clous, offrent un mode de dé- 
coration assez habile. Les têtes sont forgées en 
diverses formes de polygone et sont disposées 
de façon à présenter des rosaces. L'effet en est joli. 

Il semble que cette manière d’armer les portes 
par des clous était un moyen très répandu dans 
le pays. Elle s’est conservée jusqu'à beaucoup 


MÉTAUX 47: 


plus tard, et encore de nos jours on peut voir à 
l'entrée des quartiers (hâra) ces vantaux mi- 
enfoncés dans le sol. Ils étaient destinés dans le 
temps à les protéger contre les agressions des : 
turbulents mamelouks. 


En matière d'armes, la collection du Musée ne 
possède rien. Pourtant leur commerce, et très 
probablement aussi leur fabrication, devait fleurir 
au (Caire. Les historiens nous ont conservé le 
souvenir d'un marché d'armes qui se trouvait, 
vers le xrre siècle, Centre les deux châteaux » 
(la rue el-Nahassyn d'aujourd'hui). Les monu- 
ments du sultan Kalaoûn occupent une partie de- 
l'aire de ce marché. Le souk el-seläh (marché 
d'armes) se trouve actuellement non loin de la 
mosquée du sultan Hassan, mais il n’a pas hérité 
de la renommée de l’ancien marché ; aussi les : 
beaux produits en sont-ils disparus, et ce qu'on 
y débite mérite à peine la curiosité des visiteurs... 


PA AIII NUS. 


4. — Chandelier de mosquée, en cuivre jaune 
gravé d'inscriptions en beaux caractères, prove- 
nant de la citadelle du Caire. — Haut. 0,37. 


2. Chandelier, en cuivre jaune, ayant des 
traces d'incrustation en argent. Fin du xrrr° siècle. 
— Haut. om41, — (PI. V). — L'inscription est au 
nom de Houssäm el-Dyn Ladjyn et mentionne 
la mosquée d’'Ibn Touloûn. Ladjyn monta sur le 
trône d'Égypte sous le nom d’el-Melik el-Mansoûr 
(le roi victorieux), en 1296 après J.-C. 

C’est ce sultan qui restaura la mosquée d'Ahmed ibn Touloûn, et 
le chandelier est un des dons de ce roi. 


3. — Partie d'un vase en cuivre gravée d’orne- 
ments et d'inscriptions.— x1v° siècle (?) — Haut.o»,18. 

L'inscription contient le mot el-Nassiri (de el-Nàsser), très proba- 
blement le sultan Mohamed el-Nässer. 

4. — Vase à couvercle (lampe?) en cuivre, à 
ornements et inscriptions repoussés, provenant 
de la mosquée du sultan Hassan. — x1v° siècle. — 
Haut. totale ow,u4. — (PI. IV). 


L'inscription est au nom du sultan Hassan. 


PI. III. 


13 


Salle IT 


mere, 


TI 


GC 


se ll: 


PQ : L  AULE 1:} a 


E ARABE. 


USE 


M 


METAUX 


* MÉTAUX 49 


3. Base d’un croissant gravée d’ornements 
et d'inscriptions. — Haut. 0,20. 

L'inscription est aux louanges d’un sultan. 

6. — Partie supérieure d’un vase dont le bord 
est décoré d'ornements et d'inscriptions gravés, 
provenant de la mosquée du sultan Barkouk, en 
Ville. — Haut. 0",19. 


LÉ Partie d’un vase en cuivre, gravée d’or- 
nements et d'inscriptions. — xive siècle (?) — 
Haut. 0,23. 


L'inscription contient les mots SE Y EPA le seigneu- 
rial el-Almaz. ie 


S. — Fragment d'un vase en cuivre portant 
ornements et inscriptions gravés, provenant de 


la mosquée du sultan Barkouk, en ville. — 
laut. 0m,14. 


9. — Vase en formede coupe, en cuivre, gravé 
d'ornements et d’inscriptions.— Haut,ç»,40. —(P1.V). 

40. — Vase. L'inscription en vers lui donne le 
nom de ct LâSS. — Haut. 0,37. 

41. — Vase en cuivre jaune, gravé d'inscrip- 
tiONS. — Haut. 0.33. 

12. Koursi (table) en cuivre jaune riche- 


ment ornementée en gravure et percée à jour. 
Les lignes principales des arabesques sont incrus- 
tées d'argent. 

Provenance de la mosquée du sultan Mohamed el-Nâsser, très 
probablement de l’époque de ce roi. — XIVe siècle. — Haut. 0m.70. 


50 SALLE N° 2 


43. — Koursi (table) en cuivre jaune. Les 
côtés sont divisés en plusieurs panneaux par des 
baguettes à inscriptions dont les lettres sont pla- 
quées en argent ; d’autres baguettes portent des 
ornements pareillement incrustés ; les comparti- 
ments sont percés à jour et gravés. Ils sont orne- 
mentés ou d'inscriptions ou d’arabesques dont 
une partie est incrustée d'argent. Sur le plateau, 
il y a à remarquer la rosace du milieu en lettres 
coufiques et les petits champs animés de canards. 
Provenance du Moristan du sultan Kalaoûn. Com- 
mencement du x1v° siècle. — Haut. 0,82. — (PI. III 
et IV). 
| Le groupe du monument du sultan Kalaoûn fut ccmmencé sous 
le règne de Kalaoëûn en l’année-1284, et achevé par son fils Mechemed 
el-Nässer. L'inscription de la table fait l'éloge de Kaïaoûn. 

#4. — Deux fragments de plaque en cuivre 
jaune, gravés d'inscriptions, dont une petite partie 
est encore plaquée d'argent. — (PI. VD. 

Les plaques sont encadrées: des trois côtés d’une bordure de 


cuivre fondu, perforé et gravé d’ornements. Provenance d’ure 
porte de la mosquée funéraire du sultan Barkouk au déscrt 


Kaïtbaï. — (xXIv° siècle). — Long.6m,39 et om. 

_ 45. — Deux pièces de bordure en cuivre jaune 
fondu, à fleur de lis à'jour, provenant d’une porte. 
‘Long. 0w,24 et On,34, 

#46. — Plateau inférieur d’un lustre en cuivre 
jaune, repoussé et ciselé d’ornements, inscriptions 
et figures d'animaux, provenant de la mosquée du 
sultan Hassan. — Diam. 0w,73. 


Salle II [y 


Musée Ar:t 


MÉTAUX 


MÉTAUX 51 
47-20. — Quatre plaques en cuivre jaune, cise- 


lées d’ornements, provenant d’une porte du tom- 
beau du sultan el-Ghoûri. xvie siècle. — 17 : Long. 
0,34. — 18 : Long. 0,27. — 19 : Long.0", 27. — 20 : Long. 0",34. 
214. — Coin d'un panneau en cuivre jaune à 
ornements repoussés et gravés. — Long. 0,24, 


22. — Plaque en cuivre jaune ciselée d’inscrip- 
tion coufique dont les lettres entrelacées forment 
un très bel ornement. Le fond est également en- 
richi d’arabesques. — Long. 4,04. 


23. — Plaque (fragment) en cuivre jaune gra- 
vée d'inscriptions en jolis caractères, au nom du 
sultan Mohamed el-Nâsser: — xiv° siècle. — 
Long. 0m,21, 

24 &2%%3. — Deux plaques en cuivre jaune avec 
inscriptions et ornements gravés,provenant d'une 
porte. — Long.4m,31. 

L'inscription est à la louange d’un sultan. D’après Je caractère 
du travail, les plaques datent du xv® siècle. 

26-31. —- Six plaques en cuivre jaune, gravées 
d'inscriptions et d'ornements: — 26: Long. 0",85; — 
27 : Long. 0m,86; — 28: Long. 0",69; — 29: Long. 0m,8%:; — 
30 : Long. 9m.39; — 31: Lorg. 0,70. 


Ces plaques proviennent de la jo'ie mosquée qui, d’après le texte 
de l'inscription, a été érigée par Ezbek el Youssefi, Ras Noubat el 
Naouäbl, en lannée 900 de l’hégire (4495). La mosquée subsiste 
encore; elle est située au quartier de Birket el Fil. Les cuivres ont 
décoré des portes que l’on a trouvées dans cette mosquée. 


: Chef des gardes du sultan. 


52 SALLE N° 2 


32-48. — Dix-sept plaques en cuivre jaune 
gravées d'inscriptions ornementées ou d'arabes- 
ques. — xv° siècle. — 32: Long. 0",65; — 33: Long. 


6,61; — 34: Long.1",35; — 35: Long. 0,70; — 36: Long.0",54; 
— 37 : Long. 1,98; —38: Long. 1,16; — 39 : Long. 1",30; —- 

“AO: Long. 1",02; — 41: Long. 1".,00; — 42: Long. 0",64; — 
43 : Long. 0,58; — 44: Long. 6,58; — 45 : Plaque gravée d’or- 
nements ayant conservé quelques têtes de clous — Long. 0,64; — 
46: Long. 0",15; — 47: Long. 0,46; — 48 : Long. 0",,6. 

Ces plaques, ainsi que les objets suivants, Nes 49 à 55, sont les 
restes de la mosquée Ezbek, disparue, qui se trouvait à droite de 
l'entrée du Mouski. Cette mosquée fut élevée au xv* siècle par 
Ezbek ibn Tatach, qui est qualifié, dans l'inscription ciselée, du titre 


Atäbek el Assäker SAS EL . c’est-à-dire généralissime. 


Ce personnage, qui a donné son nom au quartier de l’Ezbékieh, ne 
doit pas être confondu avec son contemporain Ezbek el-Youssefi, 
dont nous avons parlé plus haut. 


49 & 50. — Deux équerres en cuivre jaune fon- 
du et travaillé à jour, à surface gravée. Provenant 
d'une porte. — Long. 0,13. 

51-53. — Trois fragments d’équerres décrites 
dans le numéro précédent. — 51: Lorg. 0,18; — 52: 
Long. 0m,44; — 53: Long. 0".44. 

54&55. — Heurtoirs en cuivre jaune fondu 
et ciselé d’ornements. — Long. 0,34. 

56. — Lance en fer trouvée dans la mosquée 
du sultan el-Ghoûri. — Long. 0.70. 

5%. — Caisse de Koran en bois, plaqué de cui- 
vre jaune, richement ciselée et incrustée d'argent 
et d'or (peu de vestige) ; fond en stuc noir. 
L'inscription, en beaux caractères coufiques et 
soulous, ne donne aucune date historique. Cet 


Salle IT. O1: PLV: 


MUSÉE ARABE. 


MÉTAUX 


MÉTAUX 53 


objet remarquable à été trouvé: dans la mosquée: 


funéraire du sultan el-Ghoûri au Caire. — Long, 
0w,4; Haut.0w,28. — (PI. V). 

38. — Serrure en bois (dabba) plaquée d'argent, 
à ornements repoussés, provenant du tombeau 
de Sayadi Abd-el Al, à Tantah. — xvrr° siècle. — 
Long. 0.21, 


59. Serrure en bois analogue au numéro pré- 
cédent, provenant de la ville de Mansourah. — 
Long. 0m,47. 

69. — Serrure en bois plaquée d'argent, à orne- 
ments et inscriptions repoussés, provenant de la 
mosquée de Sayeda Zeïnab au Caire. — Long. 0,2. 

-61&62%. — Deux boules en argent doré avec 
inscription ciselée au nom du sultan Moustapha, 
fils de Mohamed. 

Nous relevons dans l'inscription la date de 1032 
de l'hégire (1623). — Diam. 0w,24. 

Provenance du tombeau de Sayed el-Badaouï à 
Tantah. 

6B& 64. — Aiguières en cuivre jaune, revètues 
de nacre. — Haut.om,18 — (PI. IV), 

63. — Trois anneaux de pied (Kholkhäl) en 
argent, provenant d'un tombeau de la Haute- 
Égypte. 

68. — Vingt-quatre flèches en fer trouvées 
dans la couverture en bois de la rue el-Ghourich 
entre les monuments de ce nom. Lorsque cette 
couverture fut enlevée en 1882, on a trouvé que 


54 SALLE N° 2 


poutres et planches étaient littéralement piquées 
de ces flèches. — Long. 0,04. 

67. — Quatre pièces de monnaie en or, une en 
argent et plusieurs pièces de monnaie en cuivre, 
trouvées pendant la démolition de quelques mai- 
sons à el-Ghourieh, au Caire. 

88. — Partie inférieure d’un croissant en cui- 
vre jaune gravée d'inscriptions et d'ornements. — 
Haut. 0,20. 

Le texte de l'inscription relate les titres d’un mamelouk. 


69. — Pièce supérieure d'un vase en cuivre, 
gravée d'inscriptions donnant les titres d'un ma- 
melouk. — Haut. 0,20. 


L'inscription du bord est gravée d'un ornement en forme de 
bande,interrompue de médaillons portant comme écussonle losange. 


30. — Porte-turban de cénotaphe en cuivre, 
du tombeau de Sayed el-Badaoui, à Tantah.: — 
Haut. Um ,22. 

71. — Plaque en cuivre rouge à inscriptions 
repoussées, provenant d'une porte voisine de la 
niche de prière de la mosquée d'Ibn Touloun. 
XIII siècle. — Long. 4,40. 


L'inscription est au nom du sultan Ladjyn, restaurateur de cette 
mosquée, et date de la fin du xue siècle. 


72. — Monnaies en cuivre, provenant d'une 
maison démolie à el-Ghourieh, au Caire. 

73. Deux bougeoirs en cuivre jaune fondu et 
tourné. -— Haut.om,41. 

74. — Deux bougeoirs en bois tourné munis 
d'assiettes en fer-blanc; travail très primitif. — 
Haut. 0,35. 


Musée Aratke. 


3 


METAUX 


MÉTAUX 55 


23. — Un bougeoir en cuivre jaune fondu. — 
Haut. 0,21. 

36. — Idem. — Haut. 0,38. 

57. — Un bougeoir avec plateau perforé en 
cuivre jaune fondu. — Haut.0",55. 

38. — Partie de lampe en cuivre jaune fondu. 
. — Diam. 0,20. - 

29. — Bougeoir à plateau perforé, en cuivre 
jaune fondu. — Haut. 0,41. 

89. — Partie supérieure d'un bougeoir à quatre 
branches, en cuivre jaune. — Haut. 0,25. 

S4. — Suspensions pour ampoule, en cuivre 
jaune. 

Des huit branches iaférieures, il en manque quatre. 

S2. — Suspension pour ampoule en fer-blanc 
à vingt branches. 

S3&«84. — Plateau en cuivre rouge à quatre 
bougeoirs. — Diam. 0,34. 

83. — Plateau à trois bougeoirs en cuivre 
jaune. — Long 0,26. 

SB. — Vingt et un plateaux (et deux fragments) 


de suspensions, en cuivre jaune fondu et perforé. 


— Diam. 0,46. 
Il y a deux spécimens de dessin. 


87. — Trois lampes d'étudiants, en cuivre jaune 
fondu et tourné. — Haut. 0,72 —0",78. 


ss. —— Lampe en cuivre jaune percé à jour, 
provenant de la mosquée de Sayed el-Badaoui, à 
Tantah. — Diam. 0,22. . 


56 SALLE N° 2 


89. Cinq coupes en cuivre jaune fondu, prove- 
nant d'une fontaine publique: — Haut. 0,11. 

99. — Six coupes en‘cuivre jäune fondu et 

gravées d'inscriptions-au nom du sultan Mahmoud. 


— xvuie siècle. — Haut. um,13. 

Ces coupes portent ie date 4164 de l’hégire (4750) : “elles ont été 
enlevées de la fontaine érigée en 4760 par le sultan Moustapha, père 
du sultan précité. Cette fontaine setrouve vis-à-vis de la mosquée 
de Sayeda Zeinab, au Caire. 


91. — Deux heurtoirs en cuivre jaune fondu et 
perforé. — Long.0",23, 

92. — Heurtoir en cuivre jaune richement 
ciselé. — Diam. 6,23. — (PI. VD. 


93. Enclume d’un heurtoir en cuivre jaune. — 
Haut. 0,11. 


914. — Heurtoir en cuivre jaune fondu, perforé 
et gravé d’ornements. — Long. 6,25. 

Sur le disque du centre, on distingue les traces d’un blason. 
*93. — Treillage en fil de laiton provenant 
d'une fenêtre 
96. — Treillage analogue au précédent. — 
Diam, 0.72. 

97. — Bouclier en tresse; au centre, plaque de 


fer provenant de la mosquée du sultan el-Ghoûri. 
— Diam. 0",47. 

98. — Quinze chaînes de lampe à suspension, 
en cuivre jaune. 


99. — Partie supérieure d'un grand croissant 
en cuivre rouge. — Haut. 1",65. 
409. — Partie supérieure d’un croissant en 


cuivre. — Haut. 0,65. 


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MÉTAUX 57 


401. -- Partie supérieure d’un croissant en 
CUIVrE. — Haut. 0,80. 


402. — Croissant en Cuivre. — Haut. 07.71. 

103. — » » D portant des traces 
de dorure. — Haut. 0",80. 

104. — Fragment d’un croissant en cuivre. — 
Haut. 0,53. 

103. — Idem. — Haut. 0,36. 

406. — Croissant, en cuivre jaune, muni d'une 


plaque gravée d'inscriptions sur ses deux faces ; 
provenant de la mosquée du sultan Hassan. — 
xXIV® siècle. — Haut. 0",34. 

407. Lustre à plateau en cuivre jaune percé à 
jour et repoussé, ornements et inscriptions en 
ciselure, provenant de la mosquée du sultan el- 
Ghoûri. — xvie siècle. — (PI VIT). — Haut. 2,60. 

Ce lustre a 160 veilleuses et porte quatre tourel- 
les dans sa partie supérieure. 

C'est un des rares lustres complets, ayant conservé le plateau 
qui sert à empêcher l'huile de tomber sur les fidèles. 

Ce plateau sert en même temps à dérober à la vue la con- 
struction grossière de l’intérieur des lustres. 

#08. — Lustre en cuivre jaune. Le plateau a 
sept veilleuses ; le couvercle, en forme de dôme, 
est gravé d'inscriptions ; provenant de la mosquée: 
de Sayeda-Zeinab, en ville. — Diam. 0,38. 

409. Lustre analogue au précédent, provenant 
de la mosquée de Sayed el Badaouï, à Tantah. — 
Diam. 0,32. 

Le dôme est percé à jour. 


58 SALLE N° 2 


420. — Lustre en cuivre jaune à sept veilleu- 
ses et neuf branches. Le corps a la forme d'un 
tronc de pyramide hexagonale ; il est ciselé d’in- 
scriptions etd'orneménts. L'inscription est au nom 
de Kidjmàäs, grand écuyer (Emir Akhor). Les 
médaillons, au milieu des côtés, contiennent en 
gravure le blason (rank) de l'émir. — Haut. 4,10. 

L'émir Kidjmàs était un diguitaire du sultan Kaïtbaï. C’est à 
cet émir que nous devons une des plus joiies et des plus riches 
mosquées d2 l'époque de Kaïtbaï au Caire. Elie se trouve située à 
l'entrée de la rue Darb el-Ahmar et fut érigée en 886 de l'hég. (1481). 

Ce monument esten voie de restauration. 


#41. — Grand plateau inférieur d'un lustre, en 
cuivre. Les médaillons contiennent une inscription 
aux louanges d’un sultan. 

412. — Huit pièces de bronze, fondues, ajou- 


rées et gravées d’ornements, provenant des volets 
de la mosquée du sultan Barkouk, en ville. — 


XIV® siècle, — Long 0%,24-0",60. 

443. — Vase (lampe ?) en cuivre, à trois anses. 
Haut. 0",41. 

#4. — Deux pièces d'applique en cuivre gra- 


vées d'inscriptions, ornementées et incrustées d'or 
et d'argent, provenant d'une cassette. Trouvées 


dans la mosquée du sultan Barkouk. — Long. 0,33. 
4145. — Lame de serrure en fer, provenant de 


la porte principale. de la mosquée Barkouk, en 
ville. — Long. 0,85. 


Salle III 130 VIT. 


T 


A+ 


MUSÉE ARASE. 


MÉTAUX 


Annexe I 


2 _ F à 158 
MUSÉE ARACE. 


MÉTAUX 


MÉTAUX 99 


416. — Dix vitraux découpés en plâtre à ver- 
res coloriés. — Haut. 0®,52,-1",55. 

Ces vitraux sont d’une date récente. 

4147. — Plateau inférieur d'un lustre en cuivre 
jaune, gravé d'inscriptions et d’ornements. — 
Diam. 0,78. 


418. — Bougeoir en cuivre jaune fondu. — 
Haut. 0",63. 

449. — Pincette en fer, trouvée dans la mos- 
quée el-Ghoûri. — Long. 0,34. 

420. — Lustre en métal rouge. Les côtés sont 
en laiton percé à Jour. — Long. 0,34. 


La forme de ce lustre est celle d'un prisme octogonal à huit 
veilleuses. 


TROISIÈME SALLE 


QE 


I. — Verrerie. 


La verrerie a joué, en tous temps, un grand 
rôle dans l’industrie et dans l’art des Orientaux. 
_ Les traces de cette industrie sont visibles, à 
travers les différentes époques, jusqu'au temps 
des Byzantins, chez lesquels, bien que les monu- 
ments nous fassent défaut, l’art de la verrerie 
devait avoir une grande importance, si nous nous 
en rapportons aux écrits de l'époque. 

Pour ce qui était de cette industrie chez les 
Persans, le cabinet des médailles de la Bibliothè- 
que Nationale de Paris nous fournit un admirable 
spécimen datant du vi* siècle!. 

Chez les Arabes, en Égypte, les plus anciens 
produits ayant un caractère de certitude histori- 
que sont les petits disques en verre (N°5), qui 
servaient comme étalons de poids et dont plu- 
sieurs datent des premiers temps de la domination 
musulmane en Égypte (vire siècle après J.-C.). 

Quelle a été l'importance de l'industrie du 


1 L'Art de la verrerie, par Gerspach. — Paris. Page 81. 


VERRERIE Gr 


verre en. Orient vers le xr° siècle, les historiens 
de cette époque nous le disent, et Nassiri Khosrau, 
en particulier, nous fournit des renseignements 
précis à ce sujet. Les écrits laissés par ce célèbre 
voyageur dont nous avons déjà parlé, sont une 
source précieuse pour l'étude des villes, des con- 
structions et de l’industrie de l’époque. 

Il parle souvent avec admiration des produits 
qui l'ont frappé pendant le cours de ses voyages 
et, en ce qui concerne l'Égypte, ilrelate un marché 
de lampes (Souk-el-Kanadil) qui se trouvait à 
Misr, à côté de la mosquée d’Amr. 

Cet auteur fait aussi mention de cristaux de 
roche fort bien travaillés'. € J°y ai remarqué aussi, 
dit-il, du cristal de roche de toute beauté et artis- 
tiquement travaillé par des ouvriers pleins de 
goût », et encore : Q Il avait été apporté du Magh- 
reb, mais on disait que récemment on en avait 
reçu de la mer de Qoulzoum (mer Rouge). » 

Sans doute, ce cristal, qui venait de la petite 
ville de Qoulzoum, ne devait être travaillé qu’en 
Égypte, car il n’est pas probable qu’une industrie 
aussi, considérable queceHe du eristal ait pu être 
exercée dans une ville aussi peu importante que 
Qoulzoum. 

A la page 151, il est parlé d’un verre de grande 
valeur : (On fabrique aussi un verre transparent 


! Sefer Nameh. Page 149. 


” L È 


62 * ‘ TROISIÈME SALLE 


d’une grande pureté qui ressemble à l’'émeraude, 
on le vend au poids......» et, plus loin, à la page 
153: « Dans le Bazar, les baqqals, les droguistes, 
les quincailliers fournissent eux-mêmes les verres, 
les vases en faïence et le papier qui doit contenir 
ou envelopper ce qu’ils vendent. Il n’est done pas 
nécessaire que l'acheteur se préoccupe de ce que 
doit contenir ce qu’il achète ». 

Quel devait donc être le développement de 
l'industrie du verre, dans un pays où l’on donnait, 
par-dessus la marchandise achetée, des objets en 
verre sans en réclamer le prix! 

Les chroniqueurs du moyen-àge constatent” 
aussi que l’art de la verrerie a continué à fleurir 
chez les -Orientaux. 

Hafiz Abrou! (xrv* siècle), remarque en parlant 
de la ville de Halep, que «nulle part, dans le 
monde entier, l’on ne voit de plus beaux objets 
en verre. Quand on entre dans le bazar où on les 
vend, on ne peut se déterminer à en sortir, tant 
l’on est séduit par la beauté des vases qui sont 
décorés avec une élégance et un goût merveil- 
leux. » 

À cette époque, toutes les villes de la côte de 
Syrie possédaient des verreries. L'histoire nous a 
même conservé un traité conclu entre la répu-. 


; Sefer Nameh. Page 32. 


VERRERIE 63 


blique de Venise et Tripoli de Syrie, réglant 
l'exportation des verres brisés'!. 

Revenons à l'Égypte et voyons quelles sont 
les données que nous avons à notre disposition, 
afin d’établir,en dehors des documents historiques 
mentionnés, l'existence et le développement de la 
verrerie. Nous avons en premier lieu, comme 
preuve indiscutable, les disques en verre mention- 
nés plus haut, qui ont été trouvés dans les buttes 
de décombres qui entourent la ville du Caire et 
dont les musées et les particuliers ee des 
collections remarquables?. 

Parmi ces estampilles, étalons de ou etc..…, 
on trouve de très belles perles en émail, des frag- 
ments de bracelets,des ampoules et d’autres menus 
objets de verrerie. 

Le N° 5 du musée nous montre les phases de la 
fabrication des perles et les différentes qualités 
de l'émail filigrané que les Vénitiens ont exploité 


1 Dans le traité que Boëmond VI, prirce d’Antioche et comte de 
Tripoli, conclut le 4er Juin 1277 avec I. Contarini, doge de Venise, 
nous trouvons la stipulation suivante: « Etsi Vénicien trait verre 
brizé de la ville, il est tenuz de payer le dhime ». sefer Nameh 
Page 42. 


2 Voir Rogers bey : Glass as a material for standard coin weights. 
Du même: Unpublished glass weights and measures, ainsi que 
la publication sur cette matière de M Casanova : Etude sur les ins- 
criptions arabes des poids et mesures en verre (collection Fouquet 
et Inès), dans la communication faite à l'Institut égyptien en 1891. 


64 TROISIÈME SALLE 


si avantageusement dans leur célèbre industrie du 
verre. 

Le plus riche trésor de la verrerie de l'Égypte 
musulmane est représenté par la collection des 
lampes en verre émaillé exposées dans la 3"° Salle. 
Le nombre des lampes dépasse soixante, les frag- 
ments non compris. Ces lampes mettent en éviden- 
ce l'habileté des verriers, tant par la conception, 
la variété des ornements et la beauté des inscrip- 
tions, que par la perfection du travail et la colo- 
ration des émaux. Les petites bulles d'air, défaut 
de tous les verres d'Orient, n’enlèvent rien à la 
beauté de nos lampes. 

Les lampes ont toujours la même forme et 
sont faites de façon à pouvoir être suspendues ou 
posées. On les utilisait en accrochant aux bords 
une veilleuse ; l'huile n’était donc pas en contact 
avec les parois de la lampe, et elles étaient sus- 
pendues à des chaînes en argent ou en laiton. 

Il y a certains points de détail à propos de 
l’industrie des verres qui ne sont pas suffisamment 
élucidés, et il n’y a rien d'étonnant, par consé- 
quent, à ce que les produits d’un pays aient été 
parfois attribués à un autre. 

Mais on ne peut mettre en doute que ces 


1 Nous devons cette collection à M. le docteur Fouquet, du 
aire, l’intelligent et infatigable collectionneur. 


VERRERIE 65 


superbes lampes ne soient un travail du pays ; 
car il h'est pas admissible de supposer que les 
Égyptiéns eussent préféré importer des objets 
aussi fragiles que le verre, plutôt que de le fabri- 
quer diectement en Égypte, pays de l'industrie du 
verre par excellence et où plus tard les Vénitiens 
vinrent eux-mêmes chercher la soude nécessaire à 
la fabrication de leurs produits. 

Cet argument doit nous paraître concluant, si 
nous pensons à ces puissants sultans fastueux et 
protecteurs des beaux-arts qui ont fait de l'Égypte 
leur principale possession, et du Caire leur rési- 
dence préférée. 

L'éhumération des richesses de Mostanser, 
sultan Fatimite, qui a vécu de 1035 à 1094 après 
J.-C., hous porte, avec la fantaisie, aux contes des 
Mille ét une Nuits. 

Il ést vrai qu'en 1569, le grand vizir donna 
aux vérreries de Murano, par l'entremise de l’am- 
bassadeur de Venise, une commande de 900 
lampes ; nous savons également que la République 
de Venise avait monopolisé les marchés de l'Orient 
et de l'Occident pour ses produits; mais aucun 
docunient ne fait mention que des ouvriers musul- 
mans aient travaillé dans les fabriques de Venise. 
Toutefois, si des ouvriers musulmans avaient 
transporté leur industrie à Venise, le Conseil des 
Dix, qui tenait un état de toutes les personnes 
exerçant cette industrie, n'aurait pas manqué de 


ot 


66 TROISIÈME SALLE 


faire mention de cette collaboration d'artistes 
musulmans. 

Personne n’ignore que pour conserver à Venise 
le monopole de son industrie, source de sa richesse, 
le Conseil ne reculait même pas devant le crime, 
en faisant disparaître, en pays étrangers, les ou- 
vriers vénitiens qui y avaient apporté leur art. 

Il est donc parfaitement admissible que les 
ouvriers musulmans aient eu une part prépondé- 
rante dans la fabrication de ces lampes. Ce qui 
le prouverait encore, c’est la richesse et la variété 
de leur ornementation toujours dans le plus pur 
style arabe, ainsi que leurs lettres d’une rare cor- 
rection. Tous ces éléments réunis ne peuvent être 
attribués qu’à des personnes ayant étudié à la 
même source, en un mot, qu'aux artistes qui ont 
élevé les magnifiques monuments de l'Égypte. 

Quiconque s’est occupé d'épigraphie arabe 
assignera une même origine aux ouvriers des 
lampes, comme aux constructeurs des remarqua- 
bles monuments de ce pays. Ce sont les branches 
d’une même famille d'artistes qui ont coopéré, 
chacun dans son genre, à la création des produits 
de l’art arabe. 

Ce que nous avons dit à propos de la beauté 
des inscriptions et de la correction des arabes-. 
ques, ne saurait s'appliquer à une des lampes 
du musée (N° 81) dont les émaux sont tout à 
fait défectueux ; les ornements n’ont rien de com- 


VERRERIE 67 


mun avec le style arabe et les traits des écritures 
sont absolument mauvais. La forme même s’éloi- 
gne des proportions typiques des autres lampes 
de la collection par la hauteur plus accentuée du 
col. 

D'où peut provenir cette lampe? A quelle 
époque a-t-elle été fabriquée? L'inscription est 
dédiée à Kaïtbaï, sultan régnant de 1465 à 1495. 

Doit-on admettre que l’industrie de la verrerie 
fut justement en décadence pendant le règne de 
ce sultan dont l'époque est caractérisée par la 
prospérité de l'architecture arabe et des autres 
arts qui s’y rattachent ; ou bien, doit-on admettre 
l'hypothèse que cette lampe ait été fabriquée à 
une époque plus récente, c’est-à-dire quand l’ar- 
chitecture et l’industrie étaient à leur déclin ? 

Des recherches ultérieures donneront proba- 
blement une réponse à cette question. 

La plus ancienne lampe dont la date soit connue 
porte le N° 12 du catalogue, tandis que la plus 
récente, abstraction faite de celle dont nous venons 
de parler, porte le N° 8o!. 


1 Le plus ancien monument de ls verrerie arabe dont on con- 
naisse la date est la coupe de la collection de M. Ch. Schefer. « Elle 
a le fond d’or, sa décoration est en émaux bleus et blancs, elle porte 
un distique arabe, des personnages et une course de chiens et 
d'animaux de chasse. La pièce porte son certificat d’origine : ce sont 
les armes de Bedr-el-Din El Daheri, ccmmandant des troupes du 
sultan Bibars, qui mourut en 1277.» L'Art dela verrerie,par Gerspach. 


Ai 


68 TROISIÈME SALLE 


Les lampes ont été groupées dans le musée 
d'après la disposition des ornements. Je crois que 
cet ordre est rationnel, car une classification 
historique serait impossible, attendu que dans la 
plupart des lampes, les dates font défaut et que 
l'endroit où elles ont été trouvées ne fournit pas 
une base assez certaine pour en établir l’époque. 

Une autre qualité de vitres fabriquées dans le 
pays, en dehors des lampes sont: les verres à 
vitres dont nous avons parlé rapidement en trai- 
tant des vitraux en plâtre ajouré et dont les plus 
anciens produits sont les quelques restes qui se 
trouvent dans les fenêtres du tombeau de Säleh 
Nigm el-Dyn Ayyoub (1248 après J.-C.). Les vitres 
sont épaisses comme celles que l’on rencontre dans 
d’autres monuments du x1v° siècle, tandis que les 
vitres qui servaient au même usage, au xv° siècle, 
ne dépassaient pas un millimètre d'épaisseur. 

Ces vitres ont trois nuances de rouge, trois de 
bleu, deux de vert et deux de jaune. La couleur 
est toujours dans la pâte, qui contient de petites 
bulles d’air comme la pâte des lampes. 

De la présence fréquente d’un cordon arrondi 
sur les bords des vitres, on doit conclure qu’elles 
ont été fabriquées sur de petites surfaces. 

Nous devons faire mention également des 
petits cubes en verre (10 mill. de côté) à surface 
dorée, qui étaient fabriqués uniquement pour 
les mosaïques. 


VERRERIE 69 


Les bords comprimés de ces cubes indiquent 
de quelle façon ils devaient être coupés après la 
fabrication. La dorure des surfaces est toujours 
bien conservée. 

L'emploi de ces cubes en verre pour la mosaïque 
n'a pas trouvé une grande application ; nous n’en 
rencontrons que dans deux monuments : le pla- 
fond du mihräb de la mosquée d’Ibn-Touloun 
{x siècle) et celui de la mosquée Akbogha (xrv° 
siècle), qui fait partie de la mosquée El-Azhar. 

Rappelons, avant de finir, les colonnettes en 
émail turquoise qui, dans les monuments du xrv° 
siècle, ornent le mur dans lequel est creusé le 
mihrâäb. 


—— 00 CEE A — 


SAILT:E N° 8. 


TS — 


I. — Verrerie. 
À. — Menus objets en verre. 


4. — Collection de perles, grains émaux et au- 
tres objets en verre, trouvés dans les buttes de 
décombres, au sud du Caire. Cette jolie collection 
est fort intéressante au point de vue de la fabri- 
cation des perles et des émaux. Nous voyons dans 
ce groupe les phases de la fabrication des perles. 
Les pièces filigranées sont aussi nombreuses que 
belles. À droite, en haut de la toile, des pâtes et 
un déchet. En tout 90 pièces. 

Don de M. Fouquet, docteur médecin. — 1893. 

Les collines au sud de la ville du Caire consistent en décombres 
qui proviennent de l’ancienne ville de Fostàt, incendiée en 4168 
après J.-C. 

Le grand vizir Châouir fit mettre le feu à cette partie du Caire 


pour empêcher que les Franques y prennent position. Les croisés 
se trouvaient déjà à peu de distance de la capitale de l'Egypte. 

2. — Une collection de 19 ampoules et fioles 
de diverses formes, provenant des décombres 
situées au sud du Caire. 

Oa peut voir aisément dans cette collection différents procédés 
de fabrication. Il y a des pièces soufflées et d’autres qui sont 
Mmoulées. Quelques-uns des objets sont ornementés au moyen de la 
taille. L’irisation des objets en verre n’est pas toujours intention- 
»elle; elle est le plus souvent occasionnée par la décomposition. 


Cette collection a été donnée au musée par M. Fouquet, doc- 
teur médecin. — 1893. 


VERRERIE 7x 


3. — Deux étalons de poids en verre et deux 
pièces de verre imitation agate. 

Ces étalons proviennent sans doute des décombres ci-dessus 
meniionnées. 


B. — Bulbes en verre. 


4. — Bulbe en verre de couleur verte, provenant 
de la mosquée de l’émir Ezbek el-Youssefi. Fin du 
XV° siècle. — Haut. 0,18. 

3. — Bulbe en verre bleu à surface ondulée, 
provenant de la mosquée de l'émir Ezbek el- 


Youssefi. Fin du xv° siècle — Haat. 0,15. 


Ce bulbe et le numiro 4 s2rvaient à décorer des chaiaes de 
lampes. 


&. — Fragment d'une pièce ovoïde en verre 
émaillé. 

baps le médaillon, deux oiseaux qui rappellent les oiseaux deia 
Jampe N° 62. 

Don de M. Fouquet, docteur médecin. — 1893. 


C. — Lampes en verre incolore. 


7. — Lampe en forme de boule ; verre incolore 
à trois anses. — Haut, 0,95. 

8. — Lampe à verre incolore à six anses, 
provenant de la mosquée du sultan Châäbân. — 
XIV® siècle. — Haut. 0m,32. 

9. — Lampe en verre incolore à trois anses, 


provenant de la mosquée du sultan Hassan. — 
Haut. 0w,25. 


#0. — Lampe en verre incolore ondulée à six 
anses, provenant de la mosquée du sultan Châäban. 
— XIV° siècle. — Haut. o",30. 


72 SALLE N° 3 


#44. — Lampe en verre incolore, six anses en 
émail bleu. — Haut. 0,24. 


D. — Lampes en verre avec peude décorations 
en émail. 


42. — Lampe en verre incolore portant in- 
scriptions et ornements en or et en émail rouge ; 
la lampe a trois anses, le pied manque. L'inserip- 
tion a rapport autombeaudu sultan Sâleh Ayyoub, 
où la lampe a été trouvée; en voici le texte : 
AN EVA Vale ler te A 

A SEP hE iz LS Lu à per 

Parmi ce qui a été fait pour le tombeau béni, 
impérial, royal et très noble de Sûleh, que Dieu 
comble son habitant de sa miséricorde et de sa 
satisfaction. — Haut. 0v,21. 

43. — Lampe en verre décorée d'ornements et 
d'inscriptions en émail bleu, les cartouches à in- 
scriptions séparés par des fleurons. D’autres fleu- 
rons sont placés entre lessix anses. — Haut. 0v.36. 

L'inscription porte : 


EM SU Gal get dam où lle 
Oba$ Or x\, \& 5 BU 


L'Altesse noble, le magnifique, le seigneurial, 
impérial, royal el Achraf Chäbân, soutien de 
l'État et de la religion. 


VERRERIE 73 


44, — Lampe en verre incolore. La décoration 
du col estsemblable à celle de la lampe N° 13. Les 
lettres sont ménagées sur le verre et contournées 
de lignes rouges. Les cartouches ont le fond bleu 
appliqué à l'intérieur. L'inscription entre les 
anses est la même que celle de la lampe précé- 


dente. — xiv° siècle, — Haut. 0®,32. 
Trouvée dans la mosquée du sultan Châbàn au Caire. 
#45. — Lampe en verre émaillé, ornementée au 


col. Sur la panse on voit une inscription dorée 
sur fond en émail bleu. Provenant de Ia mosquée 


du sultan Châbân. — Haut. 0,36. 

Les inscriptions des lampes 43, 14 et 15 sont au nom du sultan 
Chàbân, qui a régné dans la seconde moitié du XIV: siècle. 

48. — Lampe en verre bleu uni et portant 
comme blason une coupe en émail rouge. L’inserip- 
tion koranique et les ornements qui semblent avoir 


été dorés sont à peine visibles. Provenance de la 


mosquée du sultan Barkouk. — Haut. 0v, 28. 
#7. — Lampe en verre bleu uni, traces de 
dorure. — Haut. 0», 21. 


Provenance de la mosquée Alti Barmak. 


E. — Lampes en verre ornées de fleurs 
en émail. 
48 — La lampe entière est couverte de motifs 


de fleurs sur fond en émail bleu. Le pied est formé 
par un tore. Haut. 0w,34. — (PI. XI). 

49 — Analogue à la lampe précédente ; les 
fleurs portent des traces de dorure. Sur le col et la 


94 SALLE N° 3 


panse, il y a des médaillons avec louange à l'a- 
dresse du sultan. — (PI. XI). 

Provenance de la mosquée du sultan Hassan. — 
Haut. Ow. 41. 

L'inscription fine que nous voyons renfermée dans les médaillons, 
sur la plupart des lampes, est toujours une dédicace à un souverain. 
Quelquefois elle exprime une simple louange sans mentionner 
de nom, comme sur les lampes du sultan Hassan, ou bien le nom 


du sultan est ajouté, comme cela se voit sur les lampes du sultan 
Barkouk. 


Ces médaillons avec leurs inscriptions ne fournissent pas un 
critérium suffisant pour attribuer définitivement au sultan qui y est 
mentionné l’objet ou le monument sur lequel elles se trouvent ; 
nous rencontrons, au contraire, beaucoup de monuments construits 
par un dignitaire qui, par déférence, orne l’objet ou le monu- 
ment du nom de son souverain. (Voir à ce sujet l’étude de l’auteur 
sur la mosquée Ezbek el-Youssefi, dans le premier numéro de la 
Revue Égyptienne — Caire, 1889). 


F. — Lampes couvertes d’ornements 
en émaux. 


(Quelques-unes ont des médaillons à inscription). 


20. — Lampe en verre émaillé couverte d'un 
réseau en émail blanc. Les ornements sont en 
émail rouge, bleu, jaune et vert. Des vestiges prou- 
vent que tout ce qui, sur le verre, n’était pas 
émaillé, était anciennement doré. Au col, trois 
médaillons renferment une jolie rosace. L'in- 
scription est à la louange d’un sultan. Provenance 


de la mosquée du sultan Hassan. — Haut. 0, 12. — 
(PI. XI) 
21. — Lampe en verre émaillé dont les cou- 


leurs sont analogues à celles du N° 16. Au-dessus 


VERRERIE 75 


des six anses, les médaillons contiennent une dédi- 


cace au sultan Barkouk. ( des \ para) ) 
Provenance de la mosquée de ce sultan fondée 


en 1334 après J.-C. — Haut. 0v,36. 
22. — Lampe en verre émaillé ; les anses sorit 


encadrées d’une bande en émail bleu ; sur la panse, 
de jolies rosaces. Les médaillons du col et de la 
panse sont au nom du sultan Barkouk. Provenance 


de la mosquée de ce sultan, . — Haut. or, 36. 
23 — Lampe en verre émaillé. La panse est 


couverte d’un réseau d’ornements en émail bleu. 
D'autres fleurs en émail rouge, bleu, jaune et vert. 
Le texte de l'inscription des médaillons est le 
même que celui de la lampe précédente.— Haut. or, 26. 

24 — Lampe en verre à ornements en émail de 
diverses couleurs. Le col est peint de six médail- 
lons à fleurs; les médaillons de la panse portent 
une inscription au nom du sultan Barkouk (El 
sultan el-Zäher). Entre les anses renfermées dans 
une bande d'émail bleu, il y a de jolis fleurons. 
Provenance de la mosquée du sultan Barkouk. 
XIV® siècle. — Haut. om, 27. 

25 — Lampeen verre émaillé. Le col est décoré 
d’arabesques, formées de lignes entrelacées. Les 
médaillons portent le nom du sultan Barkouk. 
XIV® siècle. — Haut. 0», 36. 

Même provenance que la lampe précédente. La 
‘panse de cette lampe est endommagée. 


76 SALLE N° 3 


26, — Lampe en verre émaillé. L'inscription 
des médaillons est dédiée à un sultan. L'espace 
entre les médaillons du col est décoré d'ornements 
entrelacés. Provenance de la mosquée du sultan 
Hassan. — Haut. 0m15. 

Le pied a été refait en bois. 

27. — Lampe en verre émaillé, à peu près 
analogue à la précédente. Provenance de la mos- 
quée du sultan Hassan. — Haut. 0,42. 

28. — Lampe en verre émaillé analogue aux 
deux lampes précédentes. Les entrelacs sont plus 
compliqués. Entre les fleurons du col, renfermés 
dans des trilobes, il y a des oiseaux finement 
dessinés. Provenance de la mosquée du sultan 
Hassan. — Haut. 0w,10. 


Les oiseaux dessinés dans l’attitud> du vol peuvent être remar- 
qués sur plusieurs lampes. 


G. — Lampes en verre à ornements en émail 
avec inscription sur le col. 


29. — Lampe en verre émaillé. Les lettres de 
l'inscription du col sont ménagées sur un fond en 
émail bleu. L'inscription est au nom de l’émir 
Silar, mort en 1310. — Haut. 0»,25. — En voici le 
texte : 


u2 | CAS dla A 4 Ja\l pp) à Dai Re EE 


L re 
as #4) Le PR) PES on ar ae 


Parmi ce qui a été fait pour le tombeau du 


VERRERIE 97 


pauvre esclave de Dieu, qu'il soit loué, Silar, 
glaive de la religion, régent de l'empire magni- 
Jique, que Dieu lui pardonne. 


L'émir Seif el-Dyn Silar était mamlouk du sultan Kalaoüûn. Il a 
vécu à l’époque de Mohamed el-Nôsser, où de grands troubles 
politiques secouaient l'Égypte. Silar ayant servi le sultan Beibars, 
Padversaire du sultan Mohamed, fut enfermé par celui-ci après 
qu'il eut réussi à s'emparer de nouveau du trône d'Égypte et 
condamné à mourir de faim. L'’émir Silar est enterré sous une des 
coupoles de la mosquée Sangar el-Gaouli au Caire ,que celui-ci fit 
construire pour son malheureux ami. 


30. — Lampe en verre émaillé. Les fines écri- 
tures des médaïllons du col contiennent des titres 
du sultan Barkouk ; la large inscription du col 
est un verset du koran, sa dorure est presque 
effacée. Le fond de cette inscription ainsi que 
les bandes qui entourent les six anses sont en 
émail bleu. x1v° siècle. — Haut. 0,37. — (PI. XD). 


Provenance de la mosquée du sultan Barkouk. 
L'inscription tirée du koran que nous trouvons sur les lampes 
est toujours le commez:cement du Chap. 24, verset 36. 


a «As Les KES os Ji pl OA AA || ne HA 
LS >> SUN el>) >) \\ >; É rh 


Dieu est la lumière des cieux et de la terre. 
Cette lumière est comme un foyer dans lequel 
(se trouve) un flambeau, un flambeau placé dans 
un cristal, le cristal pareil à une étoile (brillante). 

Sur quelques lampes, comme celles des N°» 32,33,34 et autres, il 


n'y a que les premiers mots de ce verset; souvent il est com- 
plètement reproduit. 


78 SALLE N° 3 


34. — Lampe en verre émaillé. L'inscription 
du col est au nom du sultan el Zâher Abou-Saïd 
(Barkouk). Les médaillons sont comme ceux de 
la lampe précédente avec laquelle cette lampe a 
quelqué analogie. — x1v° siècle. — Haut. 0,37. 


Provenance de la mosquée du sultan Barkouk. Le pied est 
cassé. 


32. — Lampe en verre émaillé. Les inscrip- 
tions des médaillons sont aux louanges du sultan. 
Les grandes lettres en émail bleu reproduisent un 
verset du koran. Elles sont décorées de rinceaux 
en émail blanc. Le corps est couvert de motifs de 
fleurs. 

Provenance de la mosquée du sultan Hassan. — Haut, 0w,41. 

38. — Lampe en verre émaillé. Elle a beau- 
coup d’analogie avec la lampe précédente. La 
panse est couverte d’un réseau en émail bleu. — 
Haut. 0,36. 

Même provenance que le N° 32. 

34, — Lampe en verre émaillé. Le fond de 
l'inscription a conservé des traces de dorure. — 
Haut. 0 "41. 

Provenance de la mosquée du sultan Hassan. La base est endom- 
magée. 

83. — Lampe en verre émaillé. La panse est 
couverte de fleurs ménagées sur le clair du verre. 
Les anses sont entourées de bandes de fleurs en 
émail rouge, bleu, blane, jaune et vert. 

Provenance de la mosquée du sultsn Hassan. — Haut. 0,35. 

La base manque. 


Pr'X 


39 


VERRERIE 


VERRERIE 79 


36&. — Lampe en verre émaillé. L'inscription 
du col est ornée de rinceaux en émail blanc. Entre 


les anses, un rosier en émail de diverses couleurs. 
Provenance de la mosquée du sultan Hassan. — Haut. 0,35. 


33. — Lampe en verre émaillé. Les ornements 
entre les anses sont renfermés dans un multilobe 
en émail blanc. 

Sur le col même inscription que sur celui de la lampe Nc 3€. 

Provenance de la mosquée du sultan Hassan. — Haut. 0,37. 

Endommagée. 

38. — Lampeen verre émaillé. La panse est 
couverte d'un réseau en émailbleu dontles champs 
sont remplis de fleurs. 


Mème iascription que celle de la lampe précédente. 


Provenance de la mosquée du sultan Hassan. — Haut. 0,38. —- 
(PI. XD). 
33. — Lampe en verre émaillé, provenant de 


la mosquée du sultan Hassan. — PI. X). 
La panse est ceinturée de fleurs de lis en émail blanc et semée 


d’ornements.® Les lettres sont décorées de rinceaux blancs. — 
Haut. 0w,38. 


H. — Lampes en verre avec ornements d’émail 
et inscriptions sur la panse. 


40. — Lampe en verre émaillé, provenant de 
la mosquée du sultan Barkouk. Le bord du col est 
décoré d’un entrelac en émail bleu rehaussé de 
lignes rouges. Les lettres de l'inscription de la 
panse, au nom du sultan Barkouk, sont formées 


80 SALLE N° 3 


par des lignes rouges. x1v° siècle, — Haut. 0v,39. 


Inscription : 
la ail (1) ar au all EN RL SL je 


Gloire à notre seigneur, le sultan, le roi illus- 
tre Abou Saïd, que Dieu (qu'il soit exalté!) le 
secoure. 

44. — Panse d’une lampe en verre émaillé. 

Provenance de la mosquée Barkouk.— Haut. C®,16. 

Ce fragment appartenait à une Jlëmpe anslogue à la précédente. 

42. — Lampe en verre émaillé. Le col et le 
bas de la panse sont ornés d’écussons ; une des 
fasces porte un losange. L'inscription de la panse 
est au nom de l’'émir Aly el Märdani, et provient 
de la mosquée du mème nom, au Caire. xiv° siè- 
cle. — Haut. 0,35. 

Inscription : 


€ AE RATE . 
(OPA ee all Ÿ Ke ne 5,5" Al 
ds, de 
L'excellent, le très noble, le sublime, le ga- 


rant (du pays) el-Alaï, le défunt émir, Al el- 
Märdän&. 


4 Le ® manqueaprès 5) : il faudrait o 2) —— La même 


2 
faute orthographique existe sur la lampe suivante. 
2 Rogers Bey a lu : ua au lieu de PAL Vcir: Bulletin de 


l’Institut Egyptien, 1880. 


Musée Arabe 


VERRERTE 


VERRERIE 81 


43 — Lampe en verre émaillé. L'inscription 
des médaillons ainsi que celle de la panse sont à 
la louange du sultan el-Zäher (Barkouk). x1v° siè- 
cle. — Haut. 0w, 39. 


Trouvée dans la mosquée du sultan Barkouk. 


44 — Lampe en verre émaillé. L'inscription 
est au nom du sultan Barkouk. Analogue à la 
lampe N° 43. — Hauteur, 0w, 40. 


Même provenance que le No 43. 


I. — Lampes en verreavecinscriptionsen émail 
bleu sur le col et inscriptions ménagées 
en clair sur fond en émail bleu. 


45. — Lampe en verre émaillé avec inscription 
koranique sur le col et note historique sur la 
panse. Cette dernière inscription, ainsi que celle 
renfermée dans les médaillons, sont au nom du 


sultan Barkouk. xive siècle. — Hauteur 0, 34. 
Provenance de la mosquée du même nom. 


46. — Lampe en verre émaillé. A peu près 
analogue à la précédente. — Haut. 034. 

Trouvée dans la mosquée du sultan Barkouk. 

4%. — Idem. — Haut. 0v, 32. 

48. — Col d’une lampe en verre émaillé, analo- 
gue au col de la lampe précédente: Les médaïllons 
contiennent le nom du sultan Barkouk. x1v° siè- 
cle. — Haut. 0,25. 


Trouvée dans la mosquée fondée par ce sultan, 


6 


82 SALLE N° 3 3 


4%. — Lampe en verre émaillé. L'inscription 
de la panse est une dédicace au sultan Hassan, 
fils de Mohamed. xrv° siècle. — Haut. 0", 39. 

Provenance de la mosquée de ce sultan. L’in- 
scription : 


ge ol Ba et LU EN ALL AE 
pe) ee IS CL} 


Gloire à notre seigneur, le sultan, le roi 
victorieux, secoureur de l’état et de la religion, 
Hassan, fils de Mohamed. Que sa victoire soit 
louée ! 


50-53. — Lampes en verre émaillé. Analogues 
à la précédente et de la même provenance : — 
50, Haut. 0w,40. — 51, Haut. 0,31, à pied bas. — 52, Haut. 
0», 37. — 53, Haut. 0,41. 

54. — Lampe en verre à ornements et inscrip- 
tions en divers émaux. L'inscription koranique 
du col est en émail bleu, tandis que celle réservée 
en clair de la panse relate le nom du sultan 
Barkouk. xrv° siècle. — Haut. 0w, 33. 

Le pied et un morceau de la panse manquent. 

53. — Col d'une lampe en verre portant une 
inscription en émail bleu. 

Provenance de la mosquée Barkouk. — Diam. 0,23. 

56. — Lampe (la moitié du col et du pied man- 
que) en verre émaillé. Elle porte sur la partie. 
inférieure de la panse des panneaux à jolies ara- 
besques. 

Provenance de la mosquée Baikouk. — Heut. 0,38. 


VERRERIE 83 


5%. — Panse d'une lampe en verre émaillé, 
provenant de la mosquée du sultan Barkouk. 
Analogue à la précédente. — Haut. 0",23. 


58. — Un grand fragment (panse et pied) d'une 
lampe en verre émaillé, provenant de la mosquée 
Barkouk. — Haut. 0,18. 

Analogue à la lampe précédente. 

59. — Col d'une lampe en verre émaillé. L’in- 
scription en bleu est de petite dimension. — 
Diam. 6,24. 

Trouvé dans la mosquée du sultan Barkouk. 


69. — Lampe en verre richement décorée de 
fleurs en émail rouge, blanc, bleu, jaune et vert. 
L'inscription à lettres élancées en émail bleu est 
au nom d’un mamlouk d’un sultan el'Nässer (proba- 
blement el-Nâsser Mohamed). Les médaïillons ren- 
ferment le blason de ce mamlouk : deux raquettes 
de paume adossées. Les panneaux dela panse sont 
peuplés d'oiseaux. — Hout. 0,34. 

Cette lampe a encore très bien gardé sa dorure et elle nous 


donne une idée du bel effet que devaient produire ces lampes en 
état de bone conservation. 


L'inscription : 
ea (+) el BAM Ut At JP Le 
Parmi les œuvres faites pour son Excellence, 


le sublime el Seïfi, appartenant au roi el- 
Nässer. 


4 Le dernier trait de la lettre s\ devrait être un LS — Nous 


avons sans doute une faute à relever. 


84 SALLE N° 3 


K.— Lampes en verre au col décoré d’in- 
scription en émail bleu enrichie de rin- 
ceaux en émail blanc. Les caractères 
de l'inscription de la panse sont ré- 
servés en clair sur fond bleu en émail. 


61. — Lampe en verre décorée d'ornements 
et d'inscriptions. L'inscription du col est kora- 
nique, tandis que celle de la panse est au nom 
du sultan Mohamed, fils de Kalaoûn. À observer 
les perles qui rehaussent les deux zones et. la 
multitude d'oiseaux qui entourent les médaillons. 

Provenance de la mosquée du sultan sus-nommé. x1v° siècle, — 
Haut. 0,34. 

L'inscription : 


Des Grass Lol ob eu el LL LL 5e 
op je 
Gloire à notre seigneur, le sultan, le roi 


victorieux Mohamed, protecteur de l’état et de 
la religion. 


62. — Lampe en verre émaillé et richement 
dorée. L'inscription nomme Taghitmor (ou 
Taghitimor) mamlouk de Sâleh. Le blason de ce 
personnage est répété sur le col et la panse de la 
lampe ; il consiste au chef dans le signe hiérogly- 
phique voulant dire : Roi de la haute et basse 


[PA 


VERRERIE 8 


Égypte! et d'un calice sur une fasce; la base 
unie. — Haut 0,39. 
La panse est endommagée, 


L'inscription de la panse : 
Free oies (3 3% AA) y 7) JE pr! 
AU LM 5 el A 


Pour compte de son Excellence, le noble, 
le sublime el Maoulaoui appartenant à el-Malik, 
l'officier el Seifi Tagh-tmor, le secrétaire royal 
(du sultan) el Sâleh. 

63. — [Lampe en verre émaillé, décorée de 
médaillons et d'inscriptions au nom du sultan 
Hassan, provenant de la mosquée fondée par ce 
sultan. XIV° siècle. — Haut. om,41. 


64. — Lampe en verre émaillé. Analogue à la 
précédente et de la même provenance.— Haut. 0,38. 

Le col est cassé. 

63. — Lampe en verre émaillé. Les inscrip- 
tions des médaillons de la panse sont au nom du 
sultan Hassan. xiv® siècle. — Haut. 0,29. 


Provenance de la mosquée du sulten Hassan. 
Le col manque. 
66-25. — Lampes en verre émaillé. Le col est 


décoré d'inscription koranique en émail bleu en- 
richie de rinceaux en émail blanc, tandis que la 


1 Voir l'intéressante étude de M. Rcgers Bey : [e blason chez 
les princes musulmans de l'Egypte et de la Syrie. Séance de l'Ins- 
titut Egyptien du 24 décembre 1880. 


86 SALLE N° 3 


panse porte une inscription au nom du sultan 
Hassan. Elle est ménagée en clair sur un fond 
d'émail bleu. — xvi° siècle. 

La fine écriture des médaillons (sur les col et panse) est à la 
louange du sultan. 


A. — Lampes à pied haut : 


66, Haut. 0",42; 67, Haut. 0,41 ; 68, laut. 0,41 : 69, Haut. 
0,10; 70, Haut.0",40. — Le pied est cassé ; 71, Haut. 0,37. 
B. — Lampes à pied bas : 


72, Haut. 0w,36 ; 73, Haut. 0,36 ; 74, Haut. 0,36. 
Fort endommagée. 75, Haut. 0",26. 


Analogue à la précédente ; le col manque. 
Ces dix lampes proviennent de la mosquée du sultan Hassan. 


26. — Lampe en verre à inscriptions et orne- 
ments en divers émaux. — (PI. XI). 

Le texte de l'inscription sur le col est tiré du 
koran, celle de la panse est au nom de Cheikhou- 
el-Nâsseri. 


Le texte de cette dernière est le suivant : 
54 


Pour l'excellent, très noble, le sublime, l’offi- 
cier seigneurial el Seïfi, Cheikhou el Nâsseri 
(c'est-à-dire appartenant ou ayant appartenu 
comme mamlouk au sultan el-Nässer. 


Les six médaillons portent le blason (rank) de cat émir; il 
Consiste en une coupe sur une fasce- — Haut. 0,56. 
Donnée par M. A. Rostovitz Bey. — 1886. 


VERRERIE 87 


22-28. — Deux lampes en verre émaillé; les 
lettres de l'inscription du col sont dorées sur fond 
en émail bleu, celles de la panse au nom du sultan 


Hassan sont en émail blanc. x1v° siècle. 

Provenance de la mosqué® du sultan Hassan. 

%%. — Lampe en verre émaillé en rouge, bleu, 
blanc et vert. L'inscription du col en émail bleu 
ainsi que celle de la panse, ménagée en clair sur 
fond bleu, est décorée de rinceaux en émail bleu. 


Le nom du sultan fait le sajet du texte de la panse; trouvée 
dans la mosquée du même nom. xive siècle. —- Haut. 0",37. 


S0. — Lampe en verre émaillé. L'inscription 
interrompue par trois médaillons sur le col en 
émail blanc sur fond clair est tirée du koran, elle 
continue sur la panse en lettres ménagées en 
clair sur le fond en émail bleu. 

L'étranglement du col a une inseription pareille 
à cette dernière. Elle est historique et nous révèle 
le nom de l’ordonnateur : 

us OÙ es dbl\ 5,2 Y\ à pe}! JE Le 

AS PA 

Parmi ce qui a été fait pour l'excellent, le 
très noble, le sublime el-Séïfi Kan-bay el-Djar- 
kassi (le circassien) nouzâm (ordonnateur:) de 
l'empire! 


{Titre honorifique conféré au grand vizir. — Dictionnaire de 
Kazimirsky. 
Kan-bay a construit une mosquée au Caire dans le quartier el 


88 SALLE N° 3 


Les six médaillons portent le blason de cet 
émir en émail. xv° siècle. — Haut. 0,28. 


S1£. — Lampeen verre émaillé. Haut. 0,37. 


La grande différence entre cette lampe et toutes les autres de 
la collection saule aux yeux à première vue. Cette différence 
n’est nullement à l’avantage de cette lampe. Non seulement les 
émaux sont sans éclat, mais les ornements ne sont pas du tout 
arabes et les lettres sont d’une grande laideur. Les ornements 
consistent ou en fleurs à beaucoup de ramifications, ou en petites 
palmettes qui décorent les deux ceintures dont une se pose autour 
de l’étranglement du col et l’autre immédiatement au-dessous. 
L'application de ces ceintures qui se touchent et qui sont faites 
de la même manière nous révèle le peu de sentiment artistique 
de l’ouvrier. L'inscription est au nom du sultan Kaïtbaï; mais son 
texte n’est pas conforme aux formules habituelles qui indiquent 
les somptueux titres de ce roi. 


L'inscription : 
#5, EN LA 04,8 li He 
a, de Gi ll 


Gloire à notre seigneur, son altesse noble le 
sultan possesseur, le trés noble roi, le victorieux 
K'aïtbaï. Que Dieu éternise son royaume. 


Khalifa. La mosquée subsiste, mais a subi plusieurs reconstructions. 
Les inscriptions sur lés planches en bois du plafond donnent le 


nom du constructeur, dans une autre forme : ra sal 


et non comme sur la lampe : CL sb OÙ: mais la pré- 


se100 du blason qui se répète plusieurs fois sur le plafond et qui 
est identique aux blasons de la lampz, enlève tout doute sur li- 
dentité du personnage. 


VERRERIE 89 


82. — Lampe en verre émaillé, de la fabrique 
Brocard à Paris, achetée en 1886. — Haut. 0m,31. 
83. — Lampe en verre ornée de lignes en 


rouge, blanc et or. Les boules de la chaîne sont 
peintes à l’intérieur de couleur à coile.— Haut. 0,25. 

84. — Vitrine contenant des fragments de 
lampes en verre émaillé. L'inscription des mé- 
daillons est au nom du sultan el-Zäher Barkouk. 
Trouvée lors de l'exécution des travaux de répa- 
rations de la dite mosquée, au Caire, en 1892. 

83, — Vitrine contenant des fragments de 
lampes en verre émaillé. ; 

A) Fragments appartenant à la lampe N° 74. 

B) Fragments au nom du sultan Barkouk. 

C) Fragments analogues aux lampes N° 13, 14 
et 15 de la collection. 

D) Fragments ressemblant beaucoup aux lam- 
pes N° 18 et. 19. Très probablement de la même 
provenance que ces deux lampes. 


Dela mosquée du sultan Hassan. 


> 


II. — Heriteaux, 


Les pieux musulmans offrent souvent aux mos- 
quées, tombeaux ou santons, des tablettes en bois, 
en cuir ou en papier sur lesquelles sont repro- 
duites en belle écriture des sentences religieuses, 


90 SALLE N° 3 


des invocations ou des citations du livre saint. Les 
pièces formant la collection du musée présentent 
des écritures fort soignées, richement décorées 
d'ornements. Il y en a même qui contiennent des 
aquarelles représentant la Kaaba et ses environs. 

Ces tablettes datent des derniers siècles et on 
ne peut pas naturellement comparer leurs orne- 
ments aux belles enluminures des korans dont la 
Bibliothèque Khédiviale est si richement pourvue. 


86-93. — Écriteaux contenant des invocations 
à Dieu. Autour d’un croissant en or qui occupe le 
milieu il ÿ a les noms des khalifes. La plupart de 
ces écriteaux sont décorés d’ornements. 

86. — Dans le couronnement, il y a des fleurs 
peintes. — Haut. 0,75. 

83. — En haut, il y a le dessin de la Kaaba. 
Fait par Mir Mohamed Tayyib dans l’année 1207 
de l'hégire (1792). — Endommags. Haut. 0m,92. 

88. — Lecroissantest peint en bleu.— Haut. 0,71. 


89. — Fait par Mohamed Amin Nouri. — 
Haut. 0,93. 
90. — Fait par Omar Agha. — Haut. om,91. 


94. — En haut, il y a le dessin de la Kaaba. — 
Haut. 0,25. 

92. — Fait par Moh. Amin, année 1195 de 
l'hégire (1780). — Haut. 0m,67. 
. 98. — Ecrit par Moustapha Zohni Zada, année 
#194 de l'hégire (1780). En haut, il y ale dessin 
de la Kaaba. — Haut. 0n$6o. 


ÉCRITEAUX 91 


94. — Écriteau fait par Khalil Châbân en 1230 
de l'hégire (1814). Au milieu, une étoile formée 
par le nom d’Ali, écrit cinqfois. — Haut. 0,77. 

953. — Écriteau, au milieu il y a le nom d'Al 
répété quatre fois, en haut un verset du koran et 
autour les noms des quatre khalifes. — Haut. 0,63. 

98. — Écriteau en caractères persans contenant 
des louanges à la mémoire d’un mort.— Haut. 0,48. 

97. — Écriteau en caractère soulous et naskh. 
Fait par Houssein el-Saïdi ibn Moustapha, année 
1215 de l'hégire (1800). — Haut. 0»,66. 

- BS. — Poésie faite par Ahmed el-Menoufi el 

Azhari en 1217 de l'hégire (1802). — Haut. om, 72. 


99.--Écriteau contenant les mots: à 4 2Y2 À 
Lui est le créateur, l'éternel ! Écrit par Mobha- 
med Amin, an 1206 de l'hégire (18/44) — Haut 0,50. 

409. — Écriteau portant les noms d'Allah, de 
Mohamed et des quatre khalifes.— Haut. om, 55. 


404. — Écriteau contenant un verset du koran, 
daté del’année 1194 de l’hégire (1780). — Haut. 0,44. 
4102. — Ecriteau. Lettres en caractère soulous, 


l'encadrement porte des traces de dorure. — 
Haut. 0,13. 


403. — Écriteau. Lettres en couleur blanche 
sur fond bleu, faites par Mohamed Noûr el-Dyn.— 
Haut. 0,53. 

104. — Écriteau. Louanges adressées à la reli- 
gion musulmane. Lettres dorées sur fond bleu. — 
Haut. 0",30. 


.* 


92 SALLE N° 3 


4103.—Table sur laquelle est dessinée la Kaaba 
avec ses environs. Don de Mohamed Agha à la 
mosquée de Sayedna el-Houssein, en 1282 de l’hé- 
gire (1865). — Haut. 0,70. 

106. — Écriteau en tissus. Lettres en soie 
blanche sur fond en soie rouge; paroles sacra- 
mentales musulmanes et versets religieux. Prove- 
nance de la mosquée de Sayedna el-Houssein. — 
Haut. 0m,75. — (PI. XID). 


Comme le musée n’a pàs une collection des produits textiles, cet 
objet a été laissé parmiles écriteaux où il a été classé originalement. 


407. — Écriteau sur lequel est inscrit un verset 
du koran. — Haut, 0m, 43. 

108. — Écriteau en papier doré sur fond bleu 
contenant quatre fois le nom de Mohamed en 
caractères coufiques. — Haut. 0,51. 

409. — Écriteau contenant une invocation à 


Dieu, et les noms d'Allah, de Mohamed, d’Abou- 
bakr et d’Osman, le tout en caractères coufiques. 
— Haut. 0,146. 


#10. — Invocation à Dieu. Les lettres sont en 
jolis caractères coufiques appliquées sur cuir. Le 
cadre porte une inscription coufique carrée, dé- 
coupée en papier et également appliquée. — 
Haut. 0,78. 

411. — Écriteau au nom du Prophète. Lettres 
en caractères coufiques carrés sur fond blanc ; 
entourées d’ornements. — Haut. 07,31. 


MuSÉz ARABE. 


2 RE ? Fra : 


La -2e 
RTE 


Ne 
JS: 


ÉCRITEAUX 93 


\ 

412, — Écriteau au texte >) O2 a\ ce 
Au nom de: Dieu clément et miséricordieux. 
Fait par Moustapha ibn Ayyoub, 1203 de l'hégire 
(1792). — Haut. 0,23. 

413. — Photographie d'un écriteau contenant 
une poésie en souvenir de la dame Charaf Hânem, 
en langue persane. De l’année 1250 de l'hégire 
(1834). — Haut. 0w,58. 


#44. — Écriteau contenant le nom d'Allah, 
du khalife Ali, et des anges. — Haut. 0,38. 
415. — Ecriteau en langue persane. Louanges 


de Houssein (petit-fils du Prophète). Les lettres 
sont en caractères soulous. Ecrit par Aly el-Ouasfi, 
— Haut. 0,56. 

416. — Deux vers écrits en caractères persans 
faits par Ass’ad Samarkandi, en 1241 de l'hégire. 
(1825). Le fond de cette tablette est décoré de 


fleurs peintes. — Haut. 0",43. 
417. — Ecriteau en caractères soulous, fait 


par Moustapha Khoga el-Ayyoubi,1238 de l'hégire 
(1822). — Haut. 0,34. 
418. — Ecriteau. Invocation à Dieu et un 


verset découpé en papier blanc sur fond rouge. — 
Haut. 0,33. 

419. — Ecriteau surfond bleu et fleurs peintes, 
fait par Moustapha. — Haut. 0»,32. 


Écriteaux à lettres dorées sur fond noir. 


120, — Ecriteau à lettres dorées, écrites par 


94 SALLE N° 3 


Mass’oud el-Rifati, 1226 de l'hégire, (1811). — 
‘Haut. 0,27. 
429. — Écriteau. Deux vers à la louange des 


descendants de Fatma (fille du Prophète). — 
Haut.0m,22. 


#22. — Ecriteau fait par Abdel-Kérim Sâlem, 
1230 de l’hégire (1814). — Haut. 0,20. 

423. — Ecriteau enlangue persane.— Haut, 0,29. 

424. — Écriteau en caractères persans. L’éceri- 
ture estnoire, contournée de lignes bleues, le fond 


est doré. Fait par el-Hag Mouräd Bey, chef des 
pèlerins pour la Mecque. — Haut. 0,33. 


#2%3. — Écriteau portant le tourra (nom) du 
sultan, un verset adressé au Prophète, et deux 
vers en langue persane. — Haut. 0,34. 


#28. — Ecriteau en caractères persans, conte- 


1! 
nant la phrase ; «il Je ES", Je me fie à Dieu.— 
Haut. 0,22. 


#22. — Ecriteau imprimé en caractères sou- 
lous, contenant les paroles sacramentales. 1282 
de l’'hégire (1865). — Haut. 0,39. 


428. — Ex-voto contenantle nom du Prophète 
en caractères soulous, — Haut 0.",24. 


429. — Ecriteau en cuir portant lenom d'Allah 
et du Prophète. La bordure est peinte également 
d'inscriptions et d’arabesques. — Haut. 0", 61. 


DIVERS 9 
III. — Hivers. 
130. — Lustre en bronze ayant la forme d’une 


pyramide octogone à trois étages .Le premier et le 
troisième étage sont percés ; celui du milieu est 
plein et est gravé d'inscriptions. 

Provenance de la mosquée el-Kädi Abd-el- 
Bâsset, au Caire. — Haut.2",25, — (PI. VII). 

134-182. — Deux lustres en bronze, en 
forme de pyramide, couverts d'inscriptions et 
d'ornements gravés. Provenance de la mosquée 


de l'épouse du sultan Kaïtbaï à Fayoum. — xv° 
siècle.— Haut. 4,15. 
433. — Lanterne en bois, à forme hexago- 


nale, peinte et dorée. Trouvée dans la mosquée 
Saria el-Guebel, à la citadelle. — Haut. 1,10. 

434. — Six vitraux en plâtre et verres colo- 
TLÉS. — Haut. 0w,60. — 1,97. 


— 2 1T DER :S Jo —— 


Boiseries. 


” Si l’on considère combien l'Égypte est pauvre 
en bois, l’on ne peut qu'apprécier davantage le 
riche emploi qui en a été fait et l’habileté artisti- 
que déployée par les ouvriers qui l'ont travaillé. 

Grâce à la sécheresse du climat, le bois à pu 
jouer, même dans les constructions, un rôle très 
important. Les piliers de la mosquéed’Ibn Touloun 
qui datent de plus de mille ans ont leurs tirants 
en bois et les plus anciennes coupolesen briques 
contiennent tout un système de chaînage en bois. 
Nous pouvons mentionner également la frise en 
bois de cette même mosquée qui renferme, sculpté 
sur les faces, le koran entier en lettres coufiques.' 


1 M.E. K. Corbett Bey dans sa publication : The life and works 
Of Ahmad ibn Tulun (Journal ofthe Asiatic Sociely) nous enlève 
cette illusion que nous eussions aimé conserver. D’après Corbett 
Bey, les planches en question re peuvent contenir que 1/17 du 
koran. Nous profitons de celte occasion pour rectifier une erreur 
qui s’est glissée dars l'ouvrage de M. Corbett. Les lettres ne sont 
pas découpées en bois et clouées sur la frise ‘‘each letter is cut out 
in solid wood and fixed on to the Eoard”, comme il le prétend, mais 
découpées en relief sur la planche même. 


BOISERIES 97 


Le bois a été plus particulièrement employé 
pour la construction des plafonds. La plus an- 
cienne mosquée que nous possédions, celle d'Ibn 
Touloun, avait une couverture en bois! dont les 
solives étaient visibles. ; 

Ces solives se composaient d'un tronc de dattier 
scié en deux et dont les trois faces visibles étaient 
recouvertes de planches. L'espace compris entre 
les solives était coupé par des traverses qui for- 
maient avec les solives des caissons peu profonds. 

Ce mode de couverture a été employé les pre- 
miers temps et il s'est conservé à travers les plus 
belles époques jusq#'à nos jours, avec les modifi- 
cations amenées par le développement du senti- 
ment artistique. Un second systèmede couverture 
consistait à plafonner les solives avec des planches, 
enfin une troisième manière, et celle-ci était la 
plus riche, consistait en un plafonnage dont la 
surface présentait une composition de stalactites. 

Dans aucun des systèmes que nous venons de 
citer les plafonds ne restaient nus ; ils étaient 
toujours peints, dorés, à ornements sculptés ou, 
au moins, modelés en stuc. 

Les couvertures n'étaient jamais posées direc- 
tement sur les murs ; il y avait toujours entre mur 


: Dans les travaux de conservation exécutés récemment par le 
Comité des Monuments, on n'a pu conserver qu’une pelite partie de 
l’ancien plafond. 


98 BOISERIES 


et plafond un élément de passage, comme vous- 
sures, stalactites, etc. Ce passage, une nécessité 
esthétique, était traité avec la même richesse, la 
iênie splendeur que le plafond lui-même, et il 
présentait tout ce que l’art arabe pouvait offrir de 
mieux au point de vue de la perfection, de la 
forme et des couleurs. 

Ces couvertures, dont des spécimens d’une rare 
beauté nous ont été conservés, n'étaient pas une 
spécialité des édifices religieux, mais elles étaient 
aussi employées dans les constructions profanes. 
Les quelques vestiges que l’on retrouve dans les 
palais et les maisons qui datent de plusieurs 
siècles nous le prouvent surabondamment. 

Mais où l’art de travailler le bois s’est déve- 
lôppé à un rare degré de perfection sous tous les 
räpports, c'est dans la construction des portes, 
volets, chaises, pupitres, caisses de korans, tables, 
tabourets, banquettes, etc. Ces derniers objets 
constituent la collection, du reste très restreinte, 
des meubles en usage chez les Arabes. 

_ Däns le travail des surfaces, on emploie deux 
systèmes : l'assemblage ou le bois tourné ; les 
deux modes constituent une spécialité de la boi- 
Serie arabo-égyptienne. 


ATCE 


ÿ Fr palais, de, Vémir 8 chtäk, ‘du XIV: ‘siècle, dans læ rue el 
Nahassyn, a maison de Res el Dÿyn el Zahabi, du X VIle siècle, 


dans le quartier el Ghoùrieh. 


BOISERIES 99 


Le premier de ces systèmes présente les faces 
pleines, le second les faces à jour. Considérons de 
plus près la première manière. 


I 


Déjà, dans les plus anciens morceaux, nous re- 
marquons une tendance à augmenter le nombre 
des cadres ; ensuite, ils ont été tellement multi- 
pliés que l’on a créé toute une structure de cadres 
polygonaux dont les panneaux quelquefois ne dé- 
passent pas un centimètre de superficie. 

Ce qui a porté les Arabes à employer ce système 
de cadres multiples, indépendamment de leur 
amour pour le jeu des lignes, c’est sans doute le 
chmat, qui demande plus de joints et moins de 
surfaces. Et si la cherté de la matière première 
n'entrait pas pour une partie dans le calcul de 
l'artiste, c’est un heureux hasard qui lui permet- 
tait de se servir même des plus petits morceaux 
de bois. Cette dernière considération trouvera 
son importance quand nous traiterons des travaux 
en bois tourné. 

L'ornementation des surfaces est obtenue soit 
par la sculpture, soit par l’incrustation, soit par 
la peinture. 

La mosquée d’Ibn Touloun nous présente le plus. 
ancien exemple de sculpture dans les plafonds des 
baies de ses portes (N° 75 du couloir); vient en- 
suite la porte N° 1 du même couloir. 


100 BOISERIES 


Ces sculptures sont en forme de volutes qui pé- 
nètrent assez profondément dans la masse. Dans 
leurs compositions, elles nous rappellent les feuil- 
lages de l'ornementation byzantine. Ce fait ressort 
davantage encore dans la sculpture des pièces de 
bois qu’on extrait destombeaux musulmans qui se 
trouvent dans le terrain d'Aïn Sîra, au sud du 
Caire, et qui datent aussi des premiers siècles de 
l'hégire. 

De ce que nous devons conclure des sculptures 
en bois qui se sont conservées jusqu'à nous et 
qui datent du x° et du xrre siècle, nous sommes 
portés à croire que le même caractère d’ornemen- 

tation s’est conservé pendant tout le cours de ces 
siècles. 

Dans le xrrr° siècle, nous observons une éman- 
cipation des formes jusqu'alors usitées : les pan- 
neaux deviennent plus petits, les lignes plus 
minces et multiformes (Voir Les N° 49 et 50 de 
la 4e Salle etle N° 46 dela 15% Salle). Le spécimen 
de ce dernier (N° 46) provient d’un placard de 
l'annexe du tombeau du sultan Sâleh Ayyoub 
(1249 après J.-C.) 

Dans cette mosquée funéraire, nous trouvons 
un tombeau qui nous représente déjà le premier 

“exemple d'un travail très avancé. Les petits pan- 
neaux sont groupés dans des étoiles hexagonales 
-dont la sculpture contient des découpures très 
fines. 


BOISERIES IOI 


Ce que l’on doit plus spécialement observer 
dans cette sculpture, ce sont les fruits baccifères 
qui se retrouvent généralement dans un grand 
nombre de travaux en bois du xrr° siècle (N° 
PROD CE OS): 

Parmi ces objets, il faut remarquer particuliè- 
rement la niche à prière qui a été prise dans la 
chapelle funéraire de Sitta Roukaya (N° 62). Cette 
niche nous présente un développement typique et 
tout spécial d’ornementation. La caractéristique 
nous est donnée par des rinceaux en branches qui 
s’échappent d'un vase. 


La beauté de la'composition sculpturale atteint 
son plus grand éclat dans le x1v° siècle, sous 
le règne du sultan el-Nâsser, qu’on peut appeler 
le siècle de la splendeur des arts en général. 
Avec lui concourent à ce développement les mem- 
bres de sa famille et tous les dignitaires du pays. 

Déjà, dans certains travaux du x1v° siècle, nous 
pouvons constater que les panneaux contiennent 
des filets de bois de couleur et d’incrustation tout 
autres. C’est le cas du tombeau en bois de Säleh 
Ayyoub que nous avons cité; plus tard ces filets 
redoublent et même tout le champ est en bois 
incrusté. 

Vers le xv® siècle, apparaît un autre mode d’in- 
crustation : l’ivoire, dont nous parlerons à la fin 
de cette étude. 

Les ouvriers cependant ne se sont pas toujours 


102 BOISERIES 


servis de ces moyens pour obtenir le beau ; sou- 
vent, il leur suflisait de planches rabotées pour 
produire par de simples sculptures des effets vrai- 
ment artistiques. La collection du musée a un 
nombre assez considérable de ces produits, sur 
lesquels les effets sont obtenus au moyen de 
sculptures en inscriptions ou en ornements. À 
cette catégorie appartient la porte N° 5 qui se 
trouve dans le couloir. 

Les bois qui datent de la domination turque 
sont travaillés d’une manière plus simple ; cepen- 
dant la subdivision en petits panneaux y est 
maintenue, bien qu'ils soient rarement sculptés 
ou qu'ils contiennent tout au plus une inscription. 
Ce que l’on trouve à cette époque, ce sont les 
incrustations en bois et en ivoire auxquelles on 
a ajouté l’écaille et la nacre. 

Dans le Delta se développe un autre genre de 
travail qui consistait à imiter au moyen d’entailles 
les travaux d'assemblage. 

Nous ne terminerons pas la première partie de 
notre étude sur le bois sans faire mention de la 
création singulière du panneau N° 54, Salle N° 4, 
et de Ia porte N° 4, qui se trouve dans le 
couloir. Nous rencontrons dans ces deux objets 
des sculptures représentant des figures d’hom- 
mes et d'animaux. Nous avons déjà eu l'occa- 
sion de nous occuper de cette licence de l'artiste 
arabe. 


BOISERIES 103 


II 


Nous arrivons maintenant à l’autre particularité 
de la boiserie arabe : la représentation des sur- 
faces au moyen de pièces tournées ou machrabieh. 

Dans le pays, on appelle simplement machra- 
bieh tout travail en bois tourné. Le mot “machra- 
bieh”, qui désigne ce genre de travail, nous vient 


de très loin et estune forme de D ,a}\ (El-Charb) 


action de boire ; ‘‘machrabieh” veut donc dire : 
‘L'endroit où l’on boit”!. 

Cette dénomination provient des petites baies 
en boisttourné qui s’avancent en dehors et qui 
sont destinées à recevoir la kolla, récipient po- 
reux servant à rafraichir l’eau par courant d'air 
(N° 3 du couloir.) Il n'y a pas de doute que cette 
même dénomination, qui tire son origine des ‘‘pe- 
tites baies”, ait été employée d’abord pour dési- 
gner la totalité du balcon et ensuite tout travail 
en bois tourné et à mailles serrées?. Fi) 

Si l’on considère la façon primitive de travailler 
des tourneurs arabes, on est porté naturellement 


1 La véritable expression de l'endroit où l’on boit serait : mach- 
raba, mot qui, avec le temps, s’est corrompu et est devenu ‘‘mach- 
rabieh”. 


2 Les petites siillies qui se trouvent au premier étage des mi- 
narets portent aussi la dénomination de ‘‘machrabieh”, très proba- 
blement à cause de leur ressemblance avec les “machrabah? en 
question. 


104 BOISERIES 


à croire que cette industrie date d’une époque 
très éloignée ; et, s’il ne nous reste pas de traces 
de leurs premiers travaux, il faut l’attribuer à la 
fragilité extrême du produit. En réalité, nous 
avons très peu d'anciens spécimens de cette in- 
dustrie, nous ne pouvons guère compter que le 
grillage qui entoure le tombeau du sultan Kalaoûn. 
Les balustres y sont massifs et contiennent des 
ornements entaillés. Quant à la finesse de la véri- 
table machrabieh, il n’en est pas plus question ici 
que dans les rampes du minbar de la mosquée 
d'Ibn Touloun. 

Dans cette dernière chaire, cependant, nous 
trouvons un grillage à mailles plus serrées avec 
des nœuds incrustés'. 

En 13/44, nous trouvons le véritable système de 
machrabieh dans la mosquée de l’émir el-Mär- 
dâni. Dans les cloisons qui séparent le sanctuaire 
du reste de la mosquée, il y a, parmi plusieurs 
qualités de bois tournés, un motif d’hexagones 
liés entre eux par de petits morceaux cylindriques 
formant un des nombreux systèmes de mach- 
rabiehs. 

Au commencement du siècle suivant, nous 


3 Ce minbar a été donné parle sultan Ladjyn. Stanley L. Poole, 
dans sou ouvrage précité, dit que le minbar existant aujourd’hui 
n’est pas l’authentique(page 130). Cette affirmation n’est pasexacte ; 
l’ossature existe, seulement les pannéaux manquent ; mais quel- 
ques-uns d’entre eux se trouvent au Kensington Museum, à Londres. 


BOISERIES 105 


trouvons déjà de très beaux modèles (rampe du 
minbar dela mosquée el-Mouayyed) qui ont atteint 
du temps de Kaïtbaï le plus haut degré de per- 
fection dans leurs variations. 

. À ce propos, nous devons citer le panneau en 
machrabieh placé au-dessus de la porte du minbar 
de la mosquée Abou Bakr Mazhar, qui contient 
une belle inscription en caractères coufiques. 

. Naturellement, les machrabiehs ont dû jouer un 
rôle principal dans les maisons, où leur présence 
contribuait à ménager une douce lumière, à per- 
mettre l’accès de la brise et à faciliter en même 
temps les regards à l'extérieur, sans que l’œil in- 
discret du passant y puisse pénétrer. 

On peut juger par la commodité des machra- 
biehs, combien leur fabrication a dû être consi- 
dérable, et elle l'a été effectivement jusqu'à nos 
jours. Mais l'introduction des persiennes euro- 
péennes et l'emploi des «chichehs », grillages 
en baguettes superposées, ont remplacé presque 
entièrement l'usage de ces gracieuses boiseries. 

Les baies en machrabiehs qui garnissent en 
grande quantité et sous les formes les plus va- 
riées les façades des maisons, leur donnent un as- 
pect très décoratif ; elles offrent de belles lignes 
et, avec les encorbellements, contribuent à les 
animer et à les embellir. 

IL est tout à fait impossible de décrire ici les 
différentes espèces de machrabiehs ; les combi- 


106 BOISERIES 


naisons les plus variées s’o ‘rent ànos yeux; tantôt 
le tout est un produit du tour, tantôt des morceaux 
découpés en triangle et en polygone se trouvent 
combinés avec des pièces tournées (PL XVI). En 
éliminant les baguettes de conjonction, on ob- 
tient des dessins variés. Quelquefois c’est en ajou- 
tant de ces baguettes que l’on arrive au même 
résultat. De cette manière on produit des in- 
scriptions et des figures (N° 29 de la 7° Salle). 

Comme nous l'avons déjà dit, quelquefois les 
nœuds sont sculptés ou incrustés d'ivoire ou d’au- 
tres matières. 

Un autre système de grillage est celui que l'on 
construit avec des lattes superposées les unes sur 
les autres, ordinairement à angles droits, à une 
certaine distance. Les jours ainsi obtenus sont 
transformés en figures géométriques variées en 
sciant les espaces des lattes restées libres. 

C’est particulièrement dans le Delta que l’on 
trouve ces grillages, dont l'effet est incontestable. 

Ce court essai, destiné à initier le lecteur dans 
la connaissance de la boiserie arabe, se réfère 
aux collections des Salles N°% 4%, 5 et 7, du 
couloir et de la première annexe. 


Evoire. 


Nous avons déjà mentionné plus haut l'ivoire. 
Nous nous bornerons à ajouter que ce produit a 
été employé avec prédilection par les artistes ara- 
bes, soit pour en faire des panneaux entiers, soit 
du moins comme moyen d’incrustation. 

Dans le premier cas, il était rarement lisse, 
le plus souvent il était orné d'inscriptions ou 
d’autres sculptures. 

L’ivoire jouait déjà dans la seconde moitié du 
vie siècle un rôle important dans la petite in- 
dustrie. Nous le trouvons d’un emploi général à la 
fin du xv° siècle. 

L'ivoire combiné avec l’ébène, l’étain, le bois 
rouge, etc., formait une mosaïque très fine qui 
s’employait comme bordure et comme champ où 
même comme couverture de meubles entiers 
(N° 55-60 de la 4° Salle). 

I n'y a pas d'objets complètement en ivoire 
si ce n’est quelques rares spécimens disséminés 
dans les divers musées d'Europe; cependant il ny 
a pas de doute que l'ivoire ait été un puissant 
auxiliaire dans l’art arabe, attendu qu'il s’est 
toujours trouvé à la portée de l'artiste égyptien. 


SAIT N° € 


4. — Fragment de boïs, ornements sculptés 
à traces de dorure et de peinture. Provenant du 
plafond de la mosquée el-Märdäni, xrv°siècle. — 
Long. 2,50. 
2. — Deux battants d’une porte. Les pan- 
neaux supérieurs et inférieurs en bois tourné, les 
compartiments du milieu en petits panneaux 
assemblés. Ces derniers sont incrustés d'ivoire. 


Provenant d’une maison. — Long. 2,96. 
3. — Bois. Écusson sculpté et doré au nom 


(toughra) du sultan Mahmoud, mort en 1255 de 
l'hégire (1841). Provenant d'une petite mosquée 


à Darb el-Asfar, au Caire. — Long. 0", 66. 
4, — Fragment de bois (dessus de koursi) 


couvert d’une mosaïque fine en ébène, ivoire et 
étain. — Long. 0,51. 
__ 5. — Coffret d’offrandes de mosquée, en bois 
incrusté d'ivoire. — Long. 0",62, 

6. — Deux œufs d'autruche, inscriptions et 


ornements gravés. — Haut. 0,17. 
Ils servaient à orner des lampes dans la mosquée de Sayed el- 
Badaoui, à Tantah. 


BOISERIES 109 


7. — Deux plaques enivoire avec inscriptions 
et ornements sculptés, provenant de la mosquée 
du sultan Châbân, x1v° siècle. — Long 0,56. 


Le texte -incomplet de ces panneaux sert à perpétuer le sou- 
venir de la construction d’une mosquée (madrassa). 


8. — Fragmentd’'une planche en bois, revêtue 
d'une mosaïque fine en ébène, ivoire et étain. — 
Long. 0,15. 

9. — Fragment d'os de chameau portant in- 


scription en couleur noire. 
Long. 0",20. Don de M. Philip. 1887. 


40. — Corne provenant de la mosquée de 
Sayed el-Badaoui à Tantah.— Long. 0,41. 

4%. — Serrure (dabba) en bois, incrustée de 
nacre. — Long. 0m, 15. 

#2. — Cassette en bois peinte d’ornements, 


provenant de la mosquée Sayedna el-Houssein, 
au Caire. — Long. 0,70. 


Cette cassette servait à renfermer les reliques du Prophète qui 
sont conser vées dans la mosquée susmentionnée. 


43. — Écriteau en bois, à lettres en stuc et 
dorées, provenant de la mosquée de l’Imâm el- 
Chafey. En haut le nom de Dieu, du Prophète, des 
khalifes et de Hassan et Houssein. Le milieu est 
occupé par un verset reproduit deux fois etformant 


symétrie. En bas, un autre verset. — Haut. 0w,75. 
44. — Six petits panneaux en bois, avec sculp- 
tures d’arabesques. — Long. 0",11-0",22. 


45. — Panneau en bois, inscription sculptée. 


& 


110 SALLE N° 4 


Après un verset du koran on lit la date 1175 de 
l'hégire (1776). — Long. 0,37. 

Cette pièce et celle du numéro précédent proviennent d’une 
ville du Delta. 


46. — Panneau en bois, avecinseriptions sculp 
tées provenant du minbar de la mosquée du sultan 
Djakmak au Caire. 

En voici le texte : 


Bi I SUBI 694 4 Lula Lil 


o ya Je dti ha #\ SES 

La construction de cette chaire bénie a été 
ordonnée par notre seigneur, le sultan, le roi el- 
Zaher Mohamed Abou Say ed Djakmak. Que sa 
victoire soit exaltée. — Long. 0,35. 

#3. — Plaque à inscriptions du cénotaphe 
N°or en commémoration du cheikh Ali el-Bakli, 
mort en 696 de l'hégire (1296). — Long. 1,07. 

48. — Plaque commémorative en boïs, inscrip- 
tions sculptées, analogues à celle du N° 16. Même 
provenance. — Long. 0m,15. 

49. — Plaque commémorative pour le don d’un 
pupitre et d’un koran fait par le sultan Kaïtbaï. 
Xxve siècle. — Long. 0m.34. 

Inscription : 


ALU LS. e Q cn Et et Lac, 
o À) je ab al #\ ci 2 


Ce noble livre et le papitre ont été légués 


BOISERIES III 


par notre seigneur, le sultan, le très noble roi, 
Aboul-Nasr Kaïtbaï. Que sa gloire soit exaltée. 


20. — Partie d'une plaque commémorative en 
bois, incrustée d'inscriptions. La plaque porte la 
date de 874 de l'hégire (1469); elle provient de 
la mosquée du sultan Djakmak. — Long. 0,41. 

214. — Deux fragments d’un cénotaphe ancien, 
en travail d'assemblage. Les panneaux contien- 
nent des inscriptions et des ornements très fine- 
ment sculptés. — Long. 0w,14. 

Ces deux intéressants morceaux ont été trouvés engagés dans 
le cénotaphe primitif où nous les voyons actuellement. Ils ont été 
transportés au musée de la mosquée de l’imâm el-Chafey. 

22. — Porte en bois, à deux battants, formée 
de petits panneaux assemblés et incrustés d'ivoire. 
Provenance de la mosquée de l’émir Ezbek el- 
Youssefi, au Caire, xv° siècle. — Long. 1",92. 

23. — Deux battants d'une porte en bois, 
panneaux assemblés et incrustés d'ivoire et d’é- 
bène. Les champs d'ivoire sont ornés de sculptures. 
d’arabesques. Provenance de la mosquée el-Bakri 
à Haret el-Otoûf, au Caire.— Lorg. 1,71. 

Les panneeux du haut de la porte ont été enlevés. 

24. — Plaque commémorative d'un minbar 
(chaire) de la mosquée de Kadi Yehya Zein el- 
Dyn, à Boulaq (aujourd’hui connue sous le nom 
de Gâma el-Mahkama), du xv° siècle. — Long. 0m,76. 


L'inscription rappelle la restauration de cette mosquée par crdre- 
du sultan Kaïtraï et par les soins de Khaouàâza Moustapha. 


112 SALLE N° { 


23. — Panneau en bois, ornements sculptés.— 
Long. 0,48. 

26. — Panneau en bois blanc à ornements et 
sculptures entourés de filets en ébène.— Long. 0,36. 

2%. — Fragment du linteau du minbar de la 
mosquée el-Amaoui, à Assiout. — Long. 1,00. 

Dans l'inscription sculptée en caractère cou- 
fique nous relevons les mots : 


SRE) ose lt ose à Hé eV] (Er UN 4 CL AU 


... notre seigneur etmattre, l’imâämel Mostan- 
ser Billah, prince des croyants... 


Mostanser Billah était le cinquième des khalifes fatimites en 
Egypte. 1l régnait de 1036 à 1094 après J.-C. 


28. — Panneau en bois à ornements sculptés. 
— Long. 0,35. | 

29. — Panneau carré en bois, ornements sculp- 
tés. — Long. 0"09. 

30. — Pièce d'un encadrement en bois sculpté. 
— Long. 0",60. 

31. — Coin composé de stalactites, formé de 
morceaux de bois assemblés. — Long. 4,15. 

32. — Mihräb en bois, orné de sculptures. 


La niche est flanquée de deux colonnes. Ce 
mihrâb et la plaque mentionnée au N° 34 ont été 
enlevés à la mosquée el-Azhar, la grande uni- 
versité des musulmans. Bien que ces deux pièces 
n'aient pas été trouvées au même endroit de cette 


BOISERIES F13 


mosquée, il y a beaucoup de probabilités pour 

qu'elles aient formé un même objet. — Haut. 1,65. 
L'emploi du dattier pour former le creux, les lignes simples, le 

feuillage sobre d’ornements, indique suffisamment les premiers 


temps de l’art arabe. La table à inscription du N° 34 est du: 
XIIe siècle. 


33. — Mihräb (niche de prière) en bois, formé 
de petits panneaux sculptés. L'inscription tirée 
du koran est en caractère coufique. Provenance 
de la mosquée de Sitt Nefisah. Très probable- 
ment du xr siècle?. — Haut. 4,92. 

Trace d’une mauvaise réparation. 

34. — Plaque commémorative en bois sculpté 
pour la construction d’un mihràb (niche de prière) 
dans la mosquée el-Azhar. Les inscriptions en 
caractères coufiques portent la date 519 de l'hé- 
gire. (1125) et le nom du sultan fatimite Amer bi- 
Ahkäm Allah. — Long. 14",2?, 


Cette plaque formait très probablement une partie complémern- 
taire du mihràb No 32. 


35-36. — Panneaux en bois perforés et sculp- 
LéS. — Lorg. Cv, 45 et 0,49. 
3%. — Porte secrète en forme d'armoire. Au 


milieu, une petite porte aux panneaux incrustés 
d'ivoire. Tout autour, des compartiments pour 
recevoir des vases et autres objets. — Haut. 1,59: 


1 Voir l'étude de M. Paul Ravaisse : Sur trois mihräbs en bois 
sculpté, dans les mémoires présentés et lus à l’Institut Egyplien. — 
Le Caire, 1889. 


2 Voir l'étude précitée de M. P. Rayaisse. 


114 SALLE N° 4 


38. — Deux panneaux de boiserie, le champ, 
en ivoire, est uni et bordé de fines mosaïques. — 
Long. 0,07. 

3%. — Quatre panneaux en boiserie. Le champ 


en mosaïques est entouré de filets en ivoire. — 
Long. 0,05. 

4@. — Quatorze panneaux de boiserie; quel- 
ques-uns sont incrustés d'ivoire, d’autres sont 
SCUIpLÉS. — Long. 6,03 — 0m,11. 

4%. — Deux petits panneaux en ivoire incrus- 
tés d’ébène, ivoire et bois rouge. — Long. 0»,04. 

42. — Trois panneaux en bois incrustés d’une 
mosaïque en ivoire et ébène. — Long. 0,08. 

48. — Fragment d'un vantail de porte. Travail 
d'assemblage, à panneaux sculptés ou incrustés 
d'ivoire. — Haut. 0,81. 

44. — Trois plaques d'ivoire, inscriptions 
sculptées et enrichies d’ornements. — Long. 0"c6. 

Le texte des deux grands panneaux se complète : 


cl, \5 s\\ job Ba 


Le roi el-Nâsser, protecteur de l'Etat et de la 
religion. 
La troisième pièce est un fragment. 


43. — Quatre plaquettes d'ivoire, avec orne- 
ments sculptés. — Long.om416. — (PI. XV). 
4&. — Six panneaux d'assemblage de boiïserie, 


incrustés d'ivoire. Champ uni, bordé de filets. — 
Long. 0w,07 à 0,10. 


BOIsERIES 115 


4%. Solive en bois sculpté et portant des 
anneaux en fer, provenant du mausolée du sultan 
el-Ghoûri. xvi° siècle. — Long. 3 90 

Cette poutre servait à y attacher les chaînes de lampes. 

48, — Coffre enboisavec inscriptions sculptées 
et de jolies peintures-arabesques. L'intérieur est 
également peint. Nous apprenons par l'inscription 
que ce coffre a été fabriqué par ordre du très 
noble sultan Kansoü el-Ghoüri pour contenir le 
koran. 


MN OL 395 + + et ca oies 
a à de es) il ail pal 41 C5 ,:M 


Ce coffre appartient à la fin du xv° siècle ou au 
commencement du xvi° siècle. — Long. 0",79. 


Les pièces de ce coffre sont arbitrairement assemblées. L’in- 
scription du front est renversée. 


49-59. — Trois côtés d’un cénotaphe, orne- 
ments et inscriptions sculptés, provenant d’un 
tombeau près de la mosquée de l'Imâm el-Chafey. 

Ces pièces se distinguent autant par la beauté 
desornements que par la richesse de leurs inserip- 
tions. 

Cette dernière nous apprend que le cénotaphe 


a été érigé pour: sta) © 17 Gr \|) > 
Hosn el-Dyn Tâleb, fils de Yacoub, — Long. 1",80- 
9m,85. 


La date 613 de l’hégire (1216) est inscrite sar le quatrième côté 


116 SALLE N° { 


qui se trouve aujourd'hui dans le South Kensington Museum F 

Le hasard a fait découvrir le cénotaphe d’où proviennent ces 
pièces. Ilse trouve dans un oratoire, reste d’une mosquée funé- 
raire, connus sous le nom de Sàädât el-Talka. Ce cénotaphe a 
encore conservé l'empreinte du revêtement eu bois. Les dimensions 
de cette empreinte correspondent exactement aux pièces sus- 
indiquées. 

La plaque en marbre, couverte d’une inscription ancienne, 
scellée à la tête du cénotaph*, porte lenom du même personnage 
que nous venons de menticnner. 

Il est à remarquer que 1: bois avait servi à un autre usage avant 
son emploi pour ce cénotaphe, car le revers est aussi travaillé. 
Les ornements du revers sont dans le style employé du temps 
d’Ibn Touloun. Ils sont d’un tel relief que les enteilles percent à 
plusieurs endroits les sculptures plus récentes de la face. 


31. — Deux panneaux à inscriptions sculptées, 
portant le nom du sultan Barkouk. xiv° siècle. — 


Long. 0m40, 
Texte de l'inscription : 


opai j8 335 » _A\BI\ EU DAT 
Gloire à notre seigneur le roi el-Zäher Bar- 
kouk. Que sa victoire soit exaltée. 
52. — Trois panneaux à ornements sculptés. 


Ces panneaux ont été trouvés dans le Delta. 
— Long. 0,"32. Travail d’une époque récente. 


53. — Petit panneau à ornements sculptés. — 
Long. 0®,18. 


4 Voir fig. 41 de The art of the Saracens in Egypt, by Stanley 
Lane-Poole, 1888. 


FA PI. XIII 


. 


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Musée Arabe 


BOISERIES 


BOISERIES bib ge 


51. — Panneau de plafond provenant de la 
baie d’une porte du Maristan el-Mansoùri (sultan 
Kalaoûn). — Long.0m,39. 


La pièce est symétrique par rapport aux deux axes. Le milieu 
est un champ encadré de doubles bâtons courbes, dont les filets 
forment feuillages et arabesques. En haut, dans l’axe, un autre 
champ renferme deux oiseaux et dans chacun des rinceaux figure 
une personne assise. Celle du côté droit boit à une coupe. 


5%. — Table (koursi) en bois. Les panneaux 
des six côtés sont ou sculptés ou formés de pièces 
tournées. Le couronnement consiste en trois raies 


de stalactites. — Haut. 0,93. 
56. — Koursi en bois à panneaux en ébène, 
sculptures d’arabesques. — Haut. 0,98. 


Les panneaux sont bordés de filets en ivoire. Provenant de la 
mosquée el-Azhar. (Réparé.) 


33-60. Tables en bois recouvertes de fines 
mosaiques en ivoire, étain, ébène et au tres ma- 
tières. 


DT. — Haut. 0,78. 

58. — Trouvée dans la mosquée du sultan 
el Ghoûri. — Haut. 1,41. 

59, — Provenant de la mosquée du sultan 
Châbân. — Haut. 1,17. — (PI. XIV). 

60. — L'ouverture qui se trouve sur un côté 


du koursi est surmontée d’un arc ogival dont les 
claveaux sont en ébène et en ivoire. Les reins de 
cet are sont ornés de médaillons qui semblent 
avoir été placés après coup et contiennent sur 
une fasce le losange comme blason. — Haut. 0,72. 


118 SALLE N° 4 


61. — Pupitre en bois revêtu de nacre. — 
Haut. 1",00. $ 

Ce pupitre est très probablement un produit de l’industrie 
syrienne, pays où la nacre s'emploie beaucoup. 

62. — Niche de prière en bois sculpté prove- 

nant de la chapelle de Sitte Roukâya au Caire. 

L'encadrement de cette niche est composé d’u- 
ne quantité de petits panneaux entièrement sculp- 
tés et disposés en étoiles et en diverses figures 
géométriques. 

Les dessins de la niche proprement dite pré- 
sentent une ornementation à peu près semblable 
à celle des panneaux de l'encadrement, mais les 
listels et les champs sont sculptés sur le vif du 
même bois. — Haut. 2,10. — (PI. XII), 

Ici il faut constater un fait curieux et rare dans l’ornementation 
arabe : au dos de ce monument et sur ses deux côtés, l’ornement 
de certains panneaux consiste en un vase d’où émergent d'élégants 
rinceaux semés de fleurs et de fruits. 

Roukäâya est la fille adoptive du khalife Ali, D'après d’autres, la 
propre fille du khalife Ali est Fatima. Elle est enterrée à bamas! - 


63. — fauteuil en bois tourné provenant de 
la maison wakf el-Arabi au Caire. — Haut. 1,15. 
64. — Battants d’une porte en pièces de bois 


assemblés et incrustés d'ivoire et. d’ébène, prove- 
nant de lamosquée el-Achraf — Haut. 1",98. (PI. XIID). 


Ces battants sont remarquables parce qu'ils ont les deux faces 
également travaillées. 
Les pan:eaux oblongs du haut et du bas manquent. 


1 Voir P. Ravaisse précédemment cité. 


PL. XIV: 


59 


EX 


EBENISTERIE 


Salle IV 


v> : 


NS? PRNE 
AMEN 


MUSÉE ARABE. 


BOISERIES 119 


t 


&@3. — Coffre-bibliothèque de koran, en bois, 
recouvert à l'extérieur et à l’intérieur de mosaï- 
ques fines. Les charnières sont en bronze incrus- 
tées d'argent et d'or. Travail fort remarquable. 
Le coffre est divisé en trois compartiments, chaque 
compartiment en dix rainures pour les trente 
parties du koran. — Long. 0,71. — (PI. XV.) 


Ce coffre est de la même provenance que la table décrite sous 
le N°59. Les motifs de dessins, notamment les petits arcs, soit 
communs aux deux objets. 


66.— Lustre à base octogonale en bronze fondu 
à jour. Dans les compartiments une fleur de lis 
ou un losange comme armoirie ; sur la couver- 
ture en tôle repoussée, le croissant. — Haut. 4, 50, 
— (PI. VI.) 

Provenant dela mosquée Serghitmash, mort en 756 de l’hégire 
(1355). 


67. Neuf vitraux en plâtre découpé et verres 
de couleur. — Haut. de 0,82 à 4,74. 
68-69. — Deux planches en bois, ornées de 


sculptures. Les panneaux disposés en dessins 


géométriques renferment de jolies arabesques. — 
Haut. 4,99 et2v,00. Trouvées dans la mosquée el-Mouayyed. 


20. — Frises en bois. La surface est divisée 
en champs oblongs séparés d’un petit champ en 
forme d'étoile. Les premières contiennent en 
inscription coufique les phrases : 


MAS 2. s AA || AA 


La bénédiction complète et la faveur générale. 
— Long. 1",36. 


120 SALLE N° 4 


24-22. — Planchesen bois avec sculptures, orne- 
ments et inscriptions en caractères coufiques ti- 
rées du koran. — Long. 4,55. 


43. — Plancheen bois couverte d’arabesques 
et d’écritures en sculpture. Le milieu des étoiles est 


occupé par les mots : gi j\ Za gloire éter- 
nelle. — Long. 1",71. 

34. — Fragment d'une planche en bois, lettres 
blanches sur fond rouge, en peinture. — Long. 0,70. 

33. — Planche en bois sculpté, avec panneaux 
oblongs et circulaires, entourés de bandes pein- 
tes. Dans le médaillon, la fleur de lis en sculptu- 
re dorée; l'inscription en peinture des grands 
panneaux est koranique. — Long. 2»,5. 

28. — Planche en bois avec ornements et 
inscriptions en peinture. 

Dans le panneau de gauche, les mots: ea sal 
La gloire éternelle. — Long. 1,72. 

Les traits du panneau de droite ne sont pas des leitres, bien 
qu'ils ressemblent au coufique. 

77%. — Fragment d'une planche en bois avec 
ornements en peinture. — Long.1m,50.. 

Les Ne: 73 à 77 ont été trouvés dans là mosquée du sultan el- 


Mouayyed. 


78. — Planche en bois avec inscriptions sculp- 
tées des deux côtés. D'un côté, nous lisons dans 


Salle IV 


22e" 
Var 


. 
Nr 


HDOERIORREREX 


NOR 


SAT 
PS Vas 


Musée Arabe. 


EBENISTERIE. — IVOIRE 


BOISERIES I21 


la seconde ligne (la première ligne ainsi que le 
texte de l’autre face sont tirés du koran): 
ge EM SLI Lg SA à A és Lai L “ai 
à RS en : 
dla il ° 2) 339 » Ce TA NAME A, Li ok 
La construction de celte tombe bénie a été or- 
donnée par notre seigneur, le sultan, le roi victo- 
rieux, secoureur de l'État et de la religion, Abou 


Säâdât Farag, fils de Barkouk. Que Dieu le très 


haut le secoure. — Long. 1,63. 
Provenant de la mosquée funéraire du sultan Barkouk (1:05 à 
4410). 


39-80. — Fragments de planche sculptés d’or- 
nements. Trouvés dans la mosquée d’el-Mouay- 
yed. — Long. 0,70 et 4",00. 

.S4-82. — Planches à arabesques en sculpture, 
provenant d'une solive du plafond de la mosquée 
el-Mouayyed. — Long. 4,16. 

S3-89, — Sept panneaux en bois sculptés 
d'inscriptions en relief provenant de la mosquée 
funéraire du sultan Barkouk. 

Le texte de l'inscription : 


Doi» CU» c? 2 SLA cel. LYse a ,\ L \js 
C'est ce qu'a légué notre seigneur, le roi picto- 
rieux Farag, fils de Barkouk. — Long. 0,72. 
90. — Planche sculptée d’ornements. Long. 1",80. 
91-92. — Frises en bois sculptées d’ornements 
en Creux. — Long. 1",10 et 1",23. 
Trou vées dans la mosquée d'el-Mouayyed. 


122 SALLE N° 4 


93. — Planche en bois, ornée de décorations 


géométriques en sculpture. — Long. 2",03. 

Les pièces décrites sousles Nes 68, 77, 79, 80, 91, 93 ont élé trou- 
vées sur la couverture du sanctuaire de la mosquée d'el-Mouayyed 
en 1889, à l’époque des travaux de réparations, Ces planches ont 
aù être jetées sur la terrasse pour boucher quelques défectuosités 
de la couverture, et il n’y a aucun doute qu'elles aïent jamais fait 
partie de cette mosquée. Nous sommes plutôt porté à croire qu’elles 
“proviennent de quelques palais ou maisons, et ce qui nous le fait 
supposer, c’est que le texte des phrases qui s’y répètent se rap- 
porte plutôt à un sujet laïque qu’à un sujet religieux. 

94. — Fragment d’une planche sculptée d’or- 
nements dans le style des premiers siècles de 
l'art arabe, en Égypte. — Long. 6,57. 

Trouvé dansles terrains situés aux environs d’Aïn Sira, au Sud 
du Caire. 

93. — Panneau en bois sculpté d'inscription 
au texte suivant : 


Ja ges Line SU SSI dia Le al 
ai al ele Ladt tes ,2M El SU 


6,5 Li s ae 

L'érection de cette tribune bénie fut ordonnée 
par notre maître et seigneur, le noble person- 
nage, le sultan, 'le roi très-noble, Aboul-Nasr 
Kaïtbaï. Que Dieu éternise son royaume et forti- 
fie ses bases. 

Le milieu de cette inscription est interrompu 
par un médaillon qui contient en trois lignes la 


phrase aux louanges du sultan. — Long. 2,43. 
Cette planche provient de la tribune qui a été léguée par le 
sultan Kaïtbaï à la mosquée funéraire du sultan Barkouk. 


PL XVI. 


MACHRABIÉHS 


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LÉLRLRES 


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À 
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2032 


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BOISERIES 193 


98. — Planche portant l'inscription suivante 
en sculpture ; 


RAA ASS PAT RES Per LE 24 La MIE el 
val I Vale stat ai cs je 1 EU 


La réfection à neuf (réparation) de cette mos- 
quée fut ordonnée par notre maître et seigneur, 
le sultan possesseur, le roi très noble Aboul- 
Nasr Kaïtbaï. Que Dieu éternise son royaume. 
Amen. 

Long. 0m,82. — Cette pièce provient de la mosquée el-Azhar. 


97. — Fragment sculpté d'ornements. — 
Long. 1n,03. 

98. — Planche ornée d'arabesques à disposi- 
tions symétriques. — Long. 1",12. 

99. — Planche en bois sculptée et portant 
des traces de dorure. — Long. 4,79. 


De Le D = 


SALLE N°5 


4. — Deux battants d’une porte assemblés de 
petits panneaux provenant de la Basse-Egypte. 
Les panneaux du haut et du bas sont sculptés 
d'ornements à lignes géométriques. — Haut. 1,60. 

2. — Armoire. La face se divise en frise, sou- 
bassement et portes, composés de petits panneaux 
en bois dur et en ivoire. Les panneaux en bois 
sont sculptés, ceux en ivoire sont incrustés de 
diverses matières. Les côtés sont unis. Prove- 


nance de la mosquée el-Azhar. — Haut. 19,69. 
3. — Face d'une armoire assemblée de petits 


panneaux, Le haut est percé de deux arcs. — 
Haut. 4,74. 


4. — Porte en bois à panneaux sculptés et 
tournés. — Haut. 1»,52. 
5. — Six fragments de planches sculptées en 


motifs de fleurs. Trouvés dans l’okâla Sonboul. — 
Long. 0.80 — 1m,31. 


6. — Fragment d’un encadrement sculpté. — 
Long. 0,60. 
7. — Bois. Planche sculptée d’arabesques. — 


Long, 05,57. 


BOISERIES 199 


8. — Six planches sculptées provenant de 
l'okäla Sonboul, Caire. — Long. 0v,55 — 4m,54. 

9. — Planche sculptée d'inscription korani- 
que. — Long. 1",90. 

40-41. — Deux panneaux en bois sculptés et 
perforés ; provenant de la mosquée el-Azhar. — 
Long. 0,69. 


42. — Bois sculpté. Fronton d'encadrement 
d’un minbar. — Long. 0,68. 

43. — Deux panneaux de porte, travail d’as- 
semblage. — Long. 0v,35. 


#44. — Fragment d'un plafond seulpté d'orne- 
ments. — Long. 0m, 42. 

45. — Fragment d'une planche sculptée. L'in- 
scription se rapporte à une fontaine. — Long. 1",35.. 

46. — Bois. Deux consoles à stalactites ; la 
base en travail appliqué. Provenant de la maison 
du Wakf el-Arabi, à el-Goudarieh, Caire. — 
Haut. 1",60. 

47. — Battant de porte. Le panneau du milieu 


est sculpté d'ornements géométriques, — Haut. 0,72. 

48. — Bois. Fragment d’un arc à forme ogivale. 
Les reins sont sculptés d'ornements.— Long. 0,98. 

49. — Porte à deux battants en bois sculptée 
d'inscription ; provenant de la mosquée de Sidi 
Ibrahim el-Bourkaoui, à Dessouk, Basse-Egypte. 
Haut. 4,95. 

20. — Porte à deux vantaux assemblés de 
petits panneaux et ornée de bronze. Même pro- 
venance. — Haut. 1",44. 


126 SALLE N° D 


24. — Bois. Panneau oblong sculpté et per- 
foré, provenant de la mosquée el-Azhar. — 
Long. 0,85. 

22. — Trois fragments de planches à orne- 
ments sculptés ayant servi de revêtement aux so- 
lives. Provenance de l’okâla Sonboul, en ville. — 
Long. 0,70 — 1",55. 

23. — Planche sculptée d’un plafond, trouvée 
dans le même okâla. — Long. 1",06. 

24. — Porte formée de petits panneaux assem- 
blés et sculptés ; leur encadrement est également 
sculpté. — Haut. 2,10. 


Provenant de la Khânka (mosquée-couvent) du sultan Beïbars 
el-Gachankir. xive siècle. 


25. — Côté d’une porte de minbar à orne- 
| 


ments sculptés et incrustée de filets d'ivoire. — 
Hout. 1,76 


26. — Bois. Encadrement d’une porte. Assem- 
blage de petits panneaux carrés, ornés de fleurs 
de lis sculptées. — Haut. 2, 33. 


La sculpture des plates-bandes est surtoul intéressante à cau- 
se des figures d'animaux qu’elle représente. Provenance de la 
mosquée-couvent du sultan Beïbars. xive siècle. 


27. — Côté d’une chaise de lecteur de koran. 
Le haut est occupé par une inscription commémo- 
rative, portant la date de 546 de l’hégire (1345). 


Provenance de la mosquée el-Azhar. — Haut. 
1m, 05. 
28. — Panneau central d’un plafond sculpté et 


peint, provenant d'une fontaine fondée par le sul- 
tan Kaïthaï, fin du xv° siècle, — Larg. 1",67. 


BOISERIES 127 


Le polylobe ‘du centre contient l'inscription 
suivante : dans la seconde ligne : 
SM A LM EI je 
Gloire à notre seigneur, le sultan, le très no- 
ble roi. — Dans la première ligne : 
ska Je + 
Aboul-Nasr Kaïtbaï. — Et à la dernière ligne : 


9,2 Je 
Que sa gloire soit exaltée. 
29. — Solive à inscriptions sculptées en relief, 
aux louanges d’un sultan. — Long 2,85. 
30. — Linteau de porte gravé d’une inscription 


au nom du roi el-Aziz Osmân ; date de 554 de 
l'hégire (1178). 

Provenance de Dessouk, Basse-Fgypte. — Long. 2,12, 

Le nom du sultan écrit sur la planche est textuel- 


lement le suivant : 
Dy\ ©! hu y LC? des > a SM 
La roi el-Aziz: Osman, fils de Youssef, fils 
d'Ayyoub. 


EIl-Aziz Osman était fils du grand Saladin. Il a régné de 1193 à 
4198, époque de la quatrième croisade. 


34. — Porte à petits panneaux assemblés, pro- 
venant de la maison Wakf el-Kasr Ali. Caire. 
XVIIIe siècle, — Haut. 2,00. 

32. — Chaise delecteur de koran à panneaux 
pleins, les appuis sont en bois tourné, (réparée). 
Haut, 1,05. 


198 SALLE N° D 


33. — Bois. Console à ornements sculptés. — 
Haut. 1,"22. 

Ces spécimens de corsoles sont destinés à supporter dons les 
coupoles un châssis ordinairement octogonal, formé de solives 
servant elles-mêmes à supporter des l:mpes. 

La salle N° 4 possède une de ces solives (Nc 47). 


34. — Porte en bois, lames et boutons en 
bronze provenant du tombeau de Sidi Ibrahim, 
à Dessouk, Basse-Égypte. — Haut. 2,17. 

3>3. — Solive en bois de dattier recouverte de 
planches avec traces de peinture, provenant de la 
mosquée Wakf el-Tauoâfieh, rue Abou-Taleb, au 
Caire. — Long. 4,99. 

36. — Chaise de lecteur de koran avec champs 
en bois tourné et assemblés de petits panneaux, 


incrustés de fines mosaïques. 
Provenance de la mosquée de lémir Kidjmas el Ishàki, grand 
écuyer du sultan Kaïtbaï, XVe siècle — Haut. 1", 56. 


37. — Planche en bois. Pièce de revêtement 
d'une solive. Les ornements sculptés sont peints 
en blanc ou dorés, fond bleu. Du plafond de la 
mosquée du sultan el-Mouayyed, xv° siècle. — 
Long. 1,00. 

3S. — Support de bulbe,du minbar de la mos- 
quée de Kaoussoûn el- Säki, x1v° siècle.—Haut.0®,90. 

39. — Panneau en bois, les champs sont or- 
nés d'ornements sculptés. 


Provenance de la mosquée el-Azhar. — Long. 0,55, 
Très probablement du sultan Kaïtbaï, restaurateur de cette 
mosquée, XVe siècle, 


BOISERIES 129 


40. — Fragment d'un plafond ; sculpture peinte 
et dorée. — Long. 0,78. 
4. — Table forme étoile, panneau des côtés 


en bois tourné. 

Provenance du tombeau du sultan el-Ghoùri, XV[e siècle, — 
Cet objet d'art est fort intéressant à cause de la peinture. 
Haut. 05,50. 


42. — Dix vitraux en plâtre découpé et vitres 
en couleur. — Haut. 0v,95 à 1,14. 

43 - 44. Traverses d'armoire de la petite mos- 
quée el-Goharieh, construite à l'angle nord-est 
de la mosquée el-Azhar. Les panneaux sont in- 
crustés d'ivoire. — Long 1r,00. 


La mosquée fut élevée en l’an 1446 par Gôhar el-Kankabâï. Le 
fondateur est enterré sous la coupcle attenant à la mosquée. 


45. — Face d’armoire à panneaux décorés 
d’arabesques et d'inscriptions sculptées. En haut, 
de petits arcs découpés en planches — Haut. 221. 

Phrases de l'inscription: La gloire éternelle. 
La vie à son propriétaire. La bénédiction com- 
plète. La vie longue. 


kb ga ed à LAS SN à al LE x A IL 


46. — Lustres en tôle de laiton richement 
gravé au burin, à cent veilleuses, provenant de 


la mosquée el-Azhar. — Haut, 1", 80. 
L'inscription indique que ce lustre fut donné «en Wakf: c'est 
à dire legs par un mamlouk d’un sultan. 


SIXIÈME SALLE 


—e— 
Céramique. 


La poterie est une branche tellement élémen- 
taire de l’industrie céramique, elle embrasse la 
fabrication de vases et d’ustensiles qui sont si in- 
timement liés aux besoins journaliers, qu'il est 
naturel qu’elle ait eu en Egypte un dévelop- 
pement d’une importance particulière, si l'on 
tient compte surtout du grand essor qu'a pris en 
ce pays la fabrication de produits beaucoup 
moins usuels. 

On peut aisément aflirmer qu'on ne s'est pas 
arrêté longtemps à la fabrication de produits 
élémentaires, mais qu'on s'est au contraire a- 
donné de bonne heure à la création d'objets re- 
vêtus de ce qu'on nomme en termes techniques 
couvertes. 

L'histoire et les nombreux vestiges de vyais- 
selles de terre, que l’on rencontre ça et là, nous 
prouvent d’une façon irréfutable que les Arabes 
de la vallée du Nil exerçaient sur une grande 


CÉRAMIQUE 137 


échelle l'industrie de la poterie. Pour la preuve 
historique, nous renvoyons de nouveau le lec- 
teur au passage suivant du voyageur persan 
Nassiri Khosrau!, qui a écrit sur le Caire: «On 
fabriq e à Misr de la faïence de toute espèce; 
elle est si fine et si diaphane que l’on voit à 
travers les paroïs d'un vase la main appliquée 
à l'extérieur. On fait des bols, des tasses, des 
assiettes et d'autres ustensiles. On les décore avec 
des couleurs analogues à celles de l’étoffe ap- 
pelée bougalemoun*; les nuances changent selon 
la position que l’on donne au vase ». Et plus 
loin, (page 153), il mentionne encore une fois 
cette industrie en parlant des vases en faïence 
que les épiciers offraient aux acheteurs pour 
y mettre la marchandise achetée. 

Il est très naturel que l'industrie de la céramique 
ait eu chez les Arabes un développement marqué, 
‘si l’on considère les traditions séculaires des an- 
ciens Égyptiens, les traces assez récentes laissées 
par la civilisation gréco-romaine, ainsi que les 
relations intimes qui existaient entre les Arabes 


: Sefer Nameh. Ch. Schefer, page 131. 

” «L’étoffe appelée bougalemoun était un tissu fabriqué dans 
l'ile Tinnis, près de la ville de Thineh, en Egypte; elle changeait 
de couleur plusieurs fois par jour, selon la position qu'on lui 
donnait. C'est bien là l'une des qualités des faïences à reflet 
métallique... » 

Tu. Deck, la Faïence ; Paris, Quantin. 


132 SALLE N° 6 


et les Persans, qui avaient transporté, dès le 1x° 
siècle, l’industrie dela faïence en Espagne. 

Si l'historien Nassiri Khosrau n'était pas là 
pour nous raconter ce qu'il a vu de ses yeux, les 
considérations émises plus haut sufliraient pour 
nous convaincre que cette industrie a dü exister. 

En ce qui concerne l’habileté des Arabes dans 
l'industrie céramique pendant les siècles suivants, 
nous en trouvons des preuves dans les fragments 
déposés en masse dans les monticules qui s'élèvent 
aujourd’hui sur l'emplacement où existait la ville 
de Fostât. 

Depuis plusieurs années,les couches supérieures 
de ces décombres sont utilisées comme engrais 
dans les jardins de la ville; au cours des fouilles, 
la pioche heurte souvent des débris de vases de 
toutes sortes, parmi lesquels on en rencontre de 
fort remarquables. 

Nous voulons attirer immédiatement l'attention 
sur le N° 145 qui nous offre encore, adhérant au 
fond du vase, le trépied dont on se servait pour 
superposer une série d'objets pendant la cuisson. 
C'est une preuve assez concluante que nous som- 
mes en présence d’un produit du pays. Nous en 
avons une autre preuve dans les nombreux rebuts 
que l’on rencontre dans les déblais. 


1 Ces fragments sont très recherchés par les amateurs. Nous 
tenons à signaler notamment ceux qui se trouvent dans la collec- 
tion bien connue de M. le Docteur Fouquet, du Caire. 


CÉRAMIQUE 133 


Nous trouvons ici, comme dans les produits 
industriels de toute sorte, des objets médiocres. 
qui devaient être certainement à la portée de tout 
le monde, de mème que des pièces finement tra- 
vaillées dont les dessins sont exécutés avec un 
soin extrême. 

Ces produits révèlent en même temps le goût 
des inscriptions si vif chez les Arabes. La pré- 
sence de ces textes, à défaut d’une date précise, 
n'en constitue par moins un moyen suflisant, la 
plupart du temps, pour en déterminer approxima- 
tivement l’époque. 


sb, 


Gloire à notre Seigneur... 


$ toto JE Lis 


Parmi ce qui a été fait pour... 


sont pour nous des formules trop connues pour 
ne pas les faire remonter sans hésitation au 
commencement du xive siècle. Et si ces devises 
n'étaient pas assez éloquentes, le nombre et la 
variété des blasons nous démontreraient d’une 
manière. évidente l’âge auquel ces objets appar- 
tiennent. 

Cette reproduction continuelle des blasons 
qu’on retrouve constamment dans les poteries, 
m'amène à cette conclusion que, si l’on arrivait 
un jour à leur classement chronologique, on 


134 SALLE N° 0 


aurait fait un pas important dans l’histoire de 
la céramique arabe. | 


Parmi les fragments recueillis, nous retrouvons 
les mêmes blasons qui accompagnent d’autres 
produits industriels. C'est ainsi que l’on voit 
le lion, l'aigle à deux têtes, l'aigle à la poi- 
trine ouverte, le lis sous ses formes les plus 
variées, la coupe, les losanges, etc. 


Pour ce qui est de la qualité des poteries, il 
convient d'observer que les unes sont ornées de 
glaçure, tandis que les autres en sont complète- 
ment dépourvues. Ces dernières sont les poteries 
cuites proprement dites, composées d'une pâte 
dure et ordinairement munies d’estampilles qui 
indiquent probablement la capacité du récipient. 
Les autres, au contraire, les faïences, constituent 
une riche série, encore imparfaitement étudiée 
par les céramistes, auxquels nous nous faisons 
un devoir de renvoyer le visiteur. 

: Quoiqu'il en soit, il est un point qui nous semble 
acquis. C’est celui qui a trait à l'influence exercée 
par les céramiques étrangères sur l’industrie indi- 
gène. Il est hors de doute pour tout connaisseur 
de l’art arabe, que certains dessins qui se répè- 
tent à l’envi sur nombre de vases (V. 135 et 138) 
n’ont pu être empruntés qu'à l'Extrême Orient ; 
il en est de même des couleurs. Le céladon, dont 
la Chine est, comme on sait, le lieu d’origine, 
parait avoir exercé un vif attrait sur les céramistes 


CÉRAMIQUE 139 


égyptiens (V. N° 144) à une époque que nous 
croyons pouvoir déterminer. Les céladons sont 
en effet connus dans tout le pays sous le nom 
de Ghoûri!. N’est-il pas permis de se demander si 
ce nom n'est pas le nom de l’illustre constructeur, 
qui a doté, comme on sait, le Caire d’un si grand 
nombre de beaux édifices, et qui, de plus, a eu 
souvent recours pour la décoration de ses con- 
structions à un emploi si caractérisé de la cérami- 
que ? N'y a-t-il là qu'une simple coïncidence, nous 
ne le pensons pas. 

L'Egypte, nous l'avons déjà dit,aservi pendant 
des siècles d’intermédiaire à tout l'Orient, et ne 
pouvait manquer de devenir l’entrepôt naturel 
de tous ses produits. 

Les fragments qui proviennent des vases dont 
l'émail opaque forme la glaçure, sont très remar- 
quables. La face extérieure du fond, celle qui 
s'est le mieux conservée, porte souvent la mar- 
que du fabricant ou de l'artiste, sous la forme : 


LS pi e 


Fait par le Caïrote 


li je 


Fait par le maitre 


1 Les céladons authentiques, quicommencent déjà à n'être plus 
très rares, sont des pièces anciennes gardées dans les familles 
de génération en génération. 


.136 SALLE N° 6 


US JE > 
Fait par le Syrien 


25) ©! de: 
Fait par le fils du Syrien 
ee qui prouverait que le fils a continué l’art de 
son père. Les noms que l’on retrouve le plus 


souvent sont: Ghaïbi 4 et Ghazäl Je 
Ces signatures sont souvent tracées au pinceau 
avec une verve tout artistique. 


\ 


Nous passerons maintenant à l'examen d’une 
autre catégorie de faïences : les plaques de revè- 
tement qui ont joué un si grand rôle tant en 
Perse qu’en Espagne où on les rencontre à partir 
de 935. 

Lé voyageur qui traverse l'Egypte sera surpris 
de Femplei si limité que les Arabes ont fait du 
revêtement en terre cuite émaillée. Ce fait est 
d'autant plus frappant, que ces carreaux cérami- 
ques ont eu en Perse un remarquable développe- 
ment et que ce pays a exercé une grande in- 
fluence sur la marche des industries égyptiennes. 
Signalons ici tout d’abord les carreaux de 
faïence appelés en Egypte ÆXichäni, nom qui leur 
vient de la ville persane Kichân, dont ils tirent 
leur origine. 


CÉRAMIQUE 137 


Cette exclusion ne serait justifiée, à mon avis, 
que par le fait que les constructeurs préféraient 
le marbré comme revêtement et que cette matière, 
très abondante dans le pays ou dans les pays voi- 
sins satisfaisait davantage leur goût artistique, 
étant donné aussi que la mosaïque en marbre est 
un genre d'ornementation plus riche. La même 
observation a été faite pour les Romains, dont les 
architéctes n'employaient pas la faïence dans 
leurs constructions, bien qu'elle fût en vogue 
dans les pays qu'ils avaient conquis, alors qu'ils 
se plaisaient souvent à imiter l'architecture et le 
goût des pays placés sous leur domination. Th. 
Deck, à qui j'emprunte cette remarque, dit que : 
« c'est à cette exclusion systématique qu'il faut 
attribuer le retard si prolongé que la fabrication 
de la faïence a subi en Europe ». 

On peut énumérer facilement les monuments 
du Caire et de ses environs dans lesquels la faïence 
a trouvé son emploi, ce sont : les minarets de la 
mosquée du sultan el-Nässer, à la citadelle (XIVe 
siègle), le tombeau de l’émir Tachtomar el-Säki 
ct le tombeau de Khaouand Baraka. Ces derniers 
se trouvent dans la nécropole des sultans mam- 
louks, généralement connue sous le nom de 
tombeaux des Khalifes. 

Considérons maintenant de près ces rares spé- 
cimens dans lesquels apparaît en Egypte le revê- 
tement en faïence. Dans les deux minarets cités 


138 SALLE N° 6 


plus haut, les carreaux revêtent les pierres de 
taille de l’étage supérieur où les formes ne sont 
qu'ébauchées à grands traits. Les carreaux sont 
de couleur unie, blanche, brune et verte. La 
coupole du tombeau de l'émir Tachtomar porte 
la date de l’année 735 (1334). Les carreaux verts 
qui s’y trouvent forment une ceinture dans le tam- 
bour de la coupole même. C’est une autre coupole 
qui nous fournit le spécimen le plus intéressant 
de ces faïences; nous y voyons en effet un ban- 
deau portant une inscription et dont le rebord 
supérieur s'accuse par une gorge couronnée de 
merlons. Les grands caractères blancs ressortent 
nettement du fond vert à deux nuances et rehaussé 
par un feuillage en faïence brun foncé. L’en- 
semble du travail, tel que lettres, feuillages, etc., 
se présente comme une mosaique composée de 
morceaux irréguliers dont l'effet, si la comparai- 
son nous est permise, ressemble à un mur cy- 
clopéen. 

Le nom Khaouand Baraka sous lequel ce monu- 
ment est connu n’est pas le nom véritable, c’est 
plutôt un nom donné capricieusement par le peu- 
ple qui ignorait celui du vrai fondateur !. A en 


1 Ainsi, par exemple, on appelle cheikh el-Arbaïn une quantité 
de santons dont on ne connait pas le véritable possesseur. 


CÉRAMIQUE 139 


juger par le caractère de sa construction et de son 
ornementation, ce monument appartient à la 
même époque que les deux autres. 

Ce n'est qu'un siècle et demi plus tard que 
nous trouvons un autre monument avec cette 
même caractéristique: Le visiteur du musée 
arabe sera frappé par l'aspect de grandes plaques 
en faïence sillonnées de lettres cubitales blanches 
sur un fond bleu. Ces lettres s'étendant sur deux 
assises sont d'une rare beauté ; les ornements 
qui remplissent par ci par là les vides ont un 
cachet purement arabe. Les registres que nous 
avons consultés à ce sujet nous disent que ces 
plaques ont été apportées dans la collection avec 
différentes pièces du tombeau du sultan el-Ghoûri; 
ces registres sont malheureusement muets sur les 
parties que ces pièces revêtaient. Si elles ont 
appartenu réellement à ce tombeau.,elles ne pou- 
vaient, à mon avis, que former une ceinture sem- 
blable à celle des coupoles que nous venons de 
décrire. Les recherches que j'ai été amené à faire 
m'ont confirmé dans cette supposition. Prisse 
d'Avennes ! rappelle que la coupole du sultan 
el-Ghoûri a grandement souffert d'un tremble- 
ment de terre et qu'on se trouva dans la nécessité 
de la démolir ?. 


1 Prisse d’Avennes — L'Art Arabe, p. 123 
La coupole actuelle est en bois et a été construite il y a en- 
viron treize ans. 


140 SALLE N° 6 


En la décrivant, Prisse d'Avennes dit: «qu’elle 
était construite en pierre ornée à l'extérieur de 
carreaux de faïence bleue comme le minaret, 
puis d’une inscription formant ceinture et enfin 
de petites imitations de fenêtres bleues et blan- 
ches scellées entre les fenêtres du dôme » !. 

Au milieu d'un monceau de faïences mises au 
rebut, j'ai découvert une pièce classée sous le 
N° 328 et exposée au-dessus du N° 253, dont elle 
est le complément, ainsi qu'il est aisé de le voir 
à la couleur de la glaçure, à la forme des orne- 
ments, et notamment des lettres de l'inscription. 
. Ces fragments proviennent, selon toute appa- 
rence, d’un de ces médaiïllons si fréquents dans 
l'architecture des xrv° et xv° siècles et portant 
une inscription laudative au nom d’un sultan. Ce 
nom est ici celui d’el-Ghoûri. 

Nous n'hésitons donc pas à considérer comme 
un produit national, les faïences des monuments 
cités plus haut, ainsi que les carreaux du tombeau 
d'el-Ghoüri. Ces faïences locales, il importe de 
l’'observer, étaient à une ou deux teintes tout au 
plus. En pareil eas, les deux teintes usitées étaient 
le blanc et le bleu. 

En définitive, les Arabes n'ont fait — et nous 
insistons sur ce point, — qu'un usage des plus 


1 Prisse d’Avennes veut sans doute parler du minaret du 
collège (madrassa', car le tombeau lui-même n’a pas de minaret, 


CÉRAMIQUE IAT 


restreints du revêtement en faïence dans leur 
architecture. Ce n’est qu'au commencement du 
xvi® siècle que ces faïences font leur apparition 
et cette innovation concorde de la manière la 
plus curieuse avec la conquête du pays par les 
Turcs, c’est-à-dire par un peuple dont l’architec- 
ture avait pour caractéristique l'emploi de ce 
procédé décoratif. La mode fut alors d'en orner 
les murs des mosquées, des maisons ei surtout de 
ces fontaines-écoles (sebil-kouttäb) qui prirent 
avec le temps une physionomie de plus en plus 
turque. 

On objectera pourtant qu'il existe au Caire des 
mosquées d’une date très-antérieure qui en offrent, 
elles aussi, de très-notables spécimens. 

Mais c’est là qu'il importe de ne pas se laisser 
induire en erreur par les apparences. Un œil un 
peu exercé n'aura aucune peine à reconnaitre 
qu’elles ne sontlà qu'une superfétation, et qu’elles 
étaient introduites après coup pour satisfaire au 
goût du jour. 

Prenons commeexemplela mosquée Ak-Sonkour 
élevée au xiv° siècle, restaurée ensuite en 1653 
par Ibrahim Agha Mostahafazän et la mosquée 
de l’émir Cheykhoû qu'on se plaît ordinairement 
à citer comme un spécimen des plus typiques de 
cette architecture. Pour peu que l'on examine 
les carreaux du mihràb de cette dernière mos- 
quée, on s’apercevra qu'ils sont entremêlés sans 


142 SALLE N° 6 


système avec les restes de mosaïques en marbre 
et sans aucun souci de l’incompatibilité dans 
laquelle se trouvent ces deux procédés décoratifs 
dont l’un exclut nécessairement l’autre ; de plus, 
les motifs habituels qui ornent les carreaux ne 
sont même pas de style arabe. Quelles que soient 
les couleurs employées, qn'elles soient à deux 
ou à plusieurs tons, la main-d'œuvre et le goût 
turcs y sont manifestes. 


Prisse d’Avennes, à l'autorité de qui nous 
aimons à nous référer, classait ordinairement ces 
produits céramiques, dont l'emploi s’est répandu 
à partir d’une certaine époque, dans tout l'Orient, 
sous le nom de faïences de Kutaïa. C'était de 
cette ville d'Asie Mineure où l’industrie en était 
particulièrement florissante, que ces carreaux 
rayonnèrent jusqu'à Jérusalem ou Constantinople, 
jusqu’au Caire ou Damas, en un mot dans tout le 
Levant. 

L'Égypte pourtant ne devait pas rester à ce 
point de vue longtemps tributaire de l'étranger. 
Elle s’assimila les procédés turcs et sut si bien 
leur donner son empreinte, qu’il est impossible de 
confondre les faïences à ornements géométriques. 
qu'on remarque dans les constructions du Delta, 
et notamment celles de Rosette, avec celles des 
mosquées de la période turque, au Caire. Avec le 
temps, cette industrie tomba en pleine décadence ; 
l’ornementation comme la matière perdirent leurs 


CÉRAMIQUE 143 


belles qualités (voir notamment l’un des mihrâbs 
de la mosquée de Saïda Nefissa, au Caire, qui 
porte la date de 1171 de l'hégire). Puis les fours 
ne tardent pas à s’éteindre et les faïences qui ap- 
paraissent dans les constructions du commence- 
ment de ce siècle portent dans leurs dessins des 
motifs naturalistes (N° 252), signe évident d’une 
origine occidentale. 


SES Se — 


SATLE N° 6. 


Céramique. 
A. — Terres cuites (Sans glacure). 


4-4. — Coupes.— 1. Diam. 0w,17 — 2. Diam. 0m,15 
3. Provenance de la mosquée du sultan el-Ghoùri. — Diam 0,14 — 
Æ., Porte trace d’un vernis à l’intérieur. — Diam. 0,41. 


3. — Vase d’une haute forme. — Haut, 0.15. 
&. — Petit vase. — Haut. 0m, 04 
3-9. — Récipients, de la mosquée el-Ghoûüri.— 
Haut. 0m,08 — 0,12. 
40-84. — Lampes. — Haut. 0,13 — 0w,12. 
42-13. — Pipes. — Haut. 0,03. 
44 — Brique trouvée au vieux Caire. — 
Long. 0,15. 
13-16. — Grégeoises (grenades de feu) portant 


en estampe le nom Mohamed». — Haut. 0,11. 

17-34. Dix-huit fragments de récipients à 
diverses estampes. 

33. — Récipient en forme de quadrupède. — 
Long. 0,14. 

Les N°: 17-35 ont été trouvés dans les décombres au sud de la 


ville et ont été donnés au Musée par M. Fouquel, docteur mé- 
decin. 


66 PI. XVII. 


PATENCES 


NS T2 x 4 à 
ROLE" 
Cia 


ES 
" 


CÉRAMIQUE 145 


38. — Cruche à base ovoïde. — Haut. 0,37. 
37-38. — Amphores à base pointue. — Prove- 


nant de la mosquée de l’Imäm Chafey, au Caire.— 
Haut. 0,55 — 0,60. 


39. — Cruche à base sphérique. — Haut. 0",37. 

40. — Cruche à base aplatie.— Haut. 0,21. 

4. — Talisman (hegàb) portant inscriptions 
estampées. — Diam. 0,06, 


B. — Objets en faience. 


42-59. — Dix-huit lampes. — Long. 0,09 — 0,42. 

60. — Globe en terre cuite, émail jaune. De la 
mosquée de l'épouse du sultan Kaïtbaï à Fayoum. 
Fin du xv° siècle. — Diam. ot. 

61-62. — Globes en faïence. Fleurs bleues sur 
fond blanc. — Diam. 0,22. — (PI. XVII). 

Les globes mentionnés. sous les Nes 60 et 62-servaient à orner 
les chaines de lampe. 

63. — Fond de plat émaillé en blanc, à orne- 
ments bleus et noirs. Inseription à l'extérieur. 

Trouvé dans la mosquée du sultan el-Ghoüri. 

64. — Plat à bord modelé de diverses couleurs. 
-— (PI XVII) — Diam. 0,38, 

63. — Fragment d’uneassiette avec inscription. 
Diam. 0,20. 

66-70. — Veilleuses. 

66. — Veilleuse en faïence. Fond blanc opaque, 
décoration en couleur. — Haut. 0m,49. — (PI. XVID). 


L’iascription est une sentence du koran. Date 4155 de l’hégire 
(1645). 
10 


146 SALLE N° 6 


67. — Veilleuse sur un fond blanc ; ornements 
bleus, verts et jaunes. — Haut. 0.29. 
68. — Veilleuse émaillée de blane, à décora- 


tion bleue et verte. — Haut. 0m,23. 

Provenaut de la mosquée d’Ahmed el-Badaoui à Tantah. 

69. — Veilleuse à fond blanc, décoration bleue. 
= Haut. 0,22. — Même provenance. 

70. — Veilleuse en terre cuite couvérte d’'émail 


bleu turquoise. — Haut. 0,30 
Trouvée dans la mosquée du sultan Hassan. 
24. — Grand récipient en terre cuite émaillée 
et couvérte d'un réseau de lignes. La grande di- 
‘mension dè cet objet nous indique qu'il a été fait 
par zones juxtaposées. — Haut. 0,91. 
Provenance de la mosquée el-Azhar. 


22. — Coupe vernie à l’intérieur. — Diam. 0",06. 


23-89: — Fragments de poteries glaçurées. 
Don de M. Herz. — 1893. 
73-74. — Poterie portant inscription. — 
Long, 0,07. 
75. — Fragment avec blason (écusson avec 
ghwive) et'inscription: — Long. ur,08. 
76. — Fragment de faïence à inscription. — 
Long, 0,07. 
77. — Fond d'un récipient sur lequel est 
représentée une fleur de lis: — Diam. 0,07: 
78. — Fond de terre cuite couverte &'émail 
‘blanc. Sur le révérs se trouve le nom du fabricant 


sÉ ÉRONOE: Doi: ot 


Van 


nas CT: 


167  PLXVIN 


FAIENCES 


CÉRAMIQUE 147 


79. — Idem. — Sur le revers, le nom dE 
Ghazâl.'=— Diam. 0,03. 

80. — Fragment de faïence avec feuillages en 
Style arabe. — Long. 0,09. 


S1-166. — Pièces de faïence et fragments : 

Don de M. Fouquet, docteur-médecin. — 1893.' 

81-108 — Fragments de poteries ; émail blanc 
opaque. 

135. — Morceau de faïence dont le dessin 
présente de l’analogie avec celui du fragment de 
porcelaine N° 318. 


1444. — Fragment de poterie à glaçure verte. 
Genre céladon. 
145. — Morceau de poterie conservant encore 


le trépied qui a servi de support à une autre pièce 
pendant la cuisson. 
457. — Coupe couverte d'émail blanc. — 
‘Diam. 0,13. 
158-159. — Coupes. = Diam: 6,16 0,11. 
460-162. — Petits récipients. — Haut:0m,07-0,10. 
463-164. =— Lampes. — Haut. 0,09. 


165. — Pièce cylindrique en émail bleu. — 
Didin: 0303. 

166. — Soucoupe. — 'Piim.0"04. 

163. Plaques en faïence représentant en 


perspective la kaaba étses environs.— (PI. XVID) 
Üne iascription mdique qu’ells a êté faite par Mohamed el-Chämi 
(le syrien) en 1139 de l’hég. (1726). — Long. 0, 45. 


148 SALLE N° 6 


168-177. — Dix carreaux émaillés ayant 
pour motif d’ornementation l’œillet. — Long. 0w,25. 

478. — Faïence. Fragment de bordure. — 
Haut.0",13. 

479-181. — Quatre pièces de faïence prove- 
nant d’un tympan. — Long. 6,25. 

182-185. — Cinq plaques émaillées, ornement 
blanc sur fond bleu. — Long. 0,24. 
_ 486-187. — Deux fragments dé carreaux de 
revêtement. Email rouge, bleu et vert sur fond 
blanc. — Haut. 0,14-0w,17. 
= 488-190. — Trois plaques, fond blanc et or- 
nements bleus en deux nuances. — Long. 0",25. 

#94. — Plaque contenant un morceau de pan- 
neau et son encadrement. — Long. :0",25. 


. 492-495. — Faïences. Quatre plaques oblon- 
gues à ornements bleu, gris et vert sur fond 
blanc. — Long. 0,19. 


496, — Faïence. Ornements gris et bleus de 
diverses nuances. — Long. 0,19. 
+ 97-199. — Trois plaques en faïence à orne- 
ments blancs et verts sur fond bleu. — Long. 
0m,13-0,15. 

200-212. — Treize carreaux en terre cuite 
émaillée. — Long. 0°,10-0",23. 

Travail médiocre. 

213-214. — Deux plaques. Panneau blane, 


bordé d’ornements bleus et verts. — Long. 0m,25. 
Travail médiocre. 


Ra nn de ni 


CÉRAMIQUE 149 


213-228. — Quatorze carreaux en faïence. 
Bonne exécution. — Long. 0w,11-0"95. 


229-230. — Deux plaques (dont une incom- 


plète). Les filets des entrelacs forment autour des 
champs une bordure en relief. Travail remar- 
quable. | 


Ces pièces proviennent de la mosquée de Khochkadam el- 


Ahmedi, rue el-Hosr, au Caire. 


Nous trouvons des plaques semblables dans la mosquée de 
l’émir Cheykhoù, également au Caire. — Ces faïences ressemblent 


beaucoup aux produits céramiques de l'Espagne, d’où ellesont été 
très probablement exportées. — Long. 0,66 — 0,10. 


234-233. — Cinq panneaux formés de cin- 
quante carreaux. — Le motif représenté consiste 
en une fleur sortant d’un vase. — Provenant de 


la maison de la dame Nafoussa Gassoussa, au 


Caire, datant de la fin du siècle dernier. — 
Long. 0m,79. 

236-247. — Douze plaques en faïence. — 
Long. 0",20. Travaif moderne. 

248-252. — Plaques à dessins naturalistes. 

248-249. — Plaques en faïence. Un insecte 
au milieu d'un champ. 


250-259. — Carreaux en terre cuite émaillée. 


Le feuillage est d’un style naturaliste. Au milieu, 
un cyprès. 

A ce sujet, on lit dans l’ouvrage de Prisse d’Avennes! que : «les 
écrivains arabes orientaux ne sont pas d'accord sur le sy nholisme 
du cyprès, qui se voit si souvent sur les tombeaux, les faïences, 
les étofïes et Les tapis, surtout en Turquie et en Perse. Les artistes 
le représentent quclquefois la tête penchée, comme s’il cédait à 


1 L'Art arabe. Paris 1877. 


150 SALLE N° 6 


l'effort du vent. Les Arabes prétendent que c’est l'arbre auquel le 
démon à été enchainé et le considèrent comme le symbole de la 
liberté. Le cyprès a été, en Perse, l'emblème de la religion et: 
représentait l’âme aspirant au ciel. » 


252. — Quatre plaques. Les ornements repré- 


sentent des fleurs dessinées d’après nature. 
Le dessin de ces plaques trahit son origine européenne. 


253-221. — Dix-neuf carreaux en faïence à 
lettres blanches sur fond bleu, 

Les carreaux contiennent les. sentences sui- 
vantes.: 

252, 258, 263, 264 et 269: à\ W'd\Y 

Il n'y a pas de divinité en dehors de Dieu. 

Cette inscription reproduit entièrement avec 
celle qui se trouve sur les carreaux suivants, la 
sentence sacramentelle musulmane. Ces carreaux, 
sont : 


è 
254, 259 et 265 : à\ J,., a, 
Mohamed est le prophète de Dieu. 
270.— Contient la première phrase, mais écrite 
à l'envers, sans doute pour former symétrie. 
+ ÿs 
255,260 et 266: al Je = ,: 
Je me fie à Dieu. 
1 
RPG. 804, et 867.:, uy3 25, Al Ce ai 
Victoire de: Dieu et conquête: prochaine. 
257: 262; 26842711: Jetb ces, pans. 
Annonce, 6 Mohamed; la bonne nouvelle aux 
croyants ! 


CÉRAMIQUE II 


272. Grand panneau ogival formé de petits 
carreaux. Dans l’état actuel, il y a quatorze pla- 
ques. Sur chacune d'elles une inscription en lettres 
blanches entourées de lignes vertes sur fond 
bleu. Une bordure à ornements coloriés en blane 
sur fond vert encadre le panneau. 

223. — Deux pièces de faïence, fragments 
d'un panneau à médaïllons. Ornements et inscrip- 
tions en lettres blanches sur fond bleu. 

A l'aide des quelques lettres représentées sur ces plaques, l'ia- 
scription peut facilement être complétée. Elle contenait la phrase 
habituelle à la louange d’un sultan mamlouk telle que nous la 
retrouvons sur des menus objets. (Voir l’observation du No 49, 
page 73). 

224. — Pièce. identique à la plaque inférieure 
du numéro précédent. 

275-292. — faïence. Dix-huit plaques à let- 
tres et ornements bleus contournés de lignes blan- 
ches sur fond bleu. Les lettres occupent deux as- 
sises. 

293-308. — Quarante plaques en faïence avec 
une inscription en blanc sur fond bleu. Les lettres 
s'étendent sur deux assises de carreaux. Les orne- 
ments qui remplissent ça et là les vides laissés 
par les lettres, d’un style pur arabe, trahissent 
leur origine égyptienne. 

Provenant de la. coupole (démolie. en 4860) du tombeau.du, sultan 
el-Ghoùrij, construit en, 909 de l’hég. (1503). 


309-313.— Plaquesen faïence de couleursunies. 
Fragments de la ceinture et de son couronne- 
ment, qui décorent le dôme du tombeau connu 


152 SALLE N° 6 


sous le nom de Kobbat  el-Sitte Baraka aux 
tombeaux des Khalifes. — xrv° siècle. 

309. — Fragment de faïence ; lettre blanche 
et feuillage vert sur fond brun. 

310-311. — Fragment du couronnement de la 
frise. 

314-347. — Faïence en couleur unie, prove- 
nant du minaret nord de la mosquée du sultan 
Mohamed el-Nâsser à la citadelle. — xrv° siècle. 

314. — Couleur verte. (Quatre pièces). 

315. — Couleur blanche. (Cinq pièces). 

316-317. — Brun foncé et brumclair. 


CG. — Porcelaines:: 


318. — Fragment d'un récipient en porcelaine 


blanche avec feuillage en bleu clair. 

Trouvé dans les buttes de décombres ainsi que les poteries con- 
tenues dans l’armoire. x 

319-322. — Quatre vases céladon. Trouvés 
dans la mosquée du sultan Hassan. 

Ces porcelaines chinoises en vieux vert de mer 
sont très recherchées et très rares. Bien qu’on les 
nomme dans le pays «ghoûri », il n’est pas dou- 
teux qu'elles aient une origine étrangère. 

Il est à remarquer que le céladon peut parfois se rencontrer sur 
le marché du Caire. Des vases et de petits flacons de cette matière 
sont souvent vendus par dès bédouins, qui assurent les avoir trou- 
vés dans les tombeaux. Cependant le monde savant se méfie, du - 
reste avec reison, de ces prétendues trouvailles; car ces porce- 


laines sont d’une époque plus récente et n’ont été placées dans les 
tombeaux que par les marchands eux-mêmes. 


323. — Vingt-trois perles, émail bleu. 


CÉRAMIQUE 153 - 


II. — Hivers. 


324. — Lampe en pierre. 

Don de M. le professeur Schweinfurth. 

325. — Coupe en plâtre. 

326. — Plat en carniole. Les bords relevés et 
taillés en facettes. Trouvé dans la mosquée du 
sultan Kalaoûn. C’est un précieux spécimen de 
la richesse des objets en cristal et pierres rares, 
dont nous entretiennent les historiens orientaux. 

327. — Lustre. Travail moderne. 


SAIT MNT 


I. — Treillis en bois tourné 


#4. — Devant de balcon, dans le panneau 
supérieur un vase entre deux lions. — Haut. 1°,59. 


2. — Côté de balcon. — Haut. 3,00. 

3-3. — Parties de balcon. Le socle est en bois 
découpé. — Hsut. 2v,34,-3",20. 

6. — Devant de balcon.— Haut. 2,65. 


7. — Côté de balcon ajouré d’une petite fenêtre. 
Haut. 2,30. 


8. — Dix balustres sculptés, provenant d'une 
rampe. — Long. 0m,65. | 
9. — Côté de chaise, bois tourné. — Long. 0w, 69. 


40. — Rampe. Les bases et chapiteaux des 
balustres sont ornés d’arabesques. — Long. 2»,30. 

41. — Bois tourné. Dans le panneau supérieur 
deux figures d'animaux. — Haut. 49,54. 

42. — Côté de balcon en bois tourné, avec 
une petite fenêtre. — Haut. 2»,74. 


Fe 


SALLE. N° 7 199 


43. — Devant de balcon en bois tourné avec 
khôka {petite fenêtre en saillie). — Long. 3,00. 

44-17. — Bois tournés. — Long. 0m,53 — 0,55. 

48. — Côté de balcon, bois tourné. — Haut. 2,85: 

#49. — Côté de balcon en bois tourné, percé 


d'une fenêtre. — Haut. 3,50. 


20. — Grille en bois tourné à gros nœuds. — 
Haut. 1",95. 


21. — Côté de balcon avec socle, travail rap- 
porté. — Haut. 2,09. 


22. — Treillis en bois tourné.— Haut. 1",85, 
23. — Côté de balcon avec kh6ka.— Haut, 1v,93. 


24. — Koursi el-Kahf ou siège pour la lecture 
du koran. La partie large est destinée à recevoir 
le pupitre. — Haut. 1",63, 

25. — Grillage en bois tourné. Le champ du 
milieu représente un minbar (chaire) et une 
lampe: — Haut, 4",53. 


26. — Deux côtés de balcon, bois tourné. — 
Haut. 1v,05. 


27. — Grillage de fenêtre à gros nœuds, — 
Haut. 1,12. 


28. — Treillis en bois tourné. — Long. 0,73. 
29. — Treillis en bois tourné à nœuds trian- 


gulaires ornés de boutons d'ébène.— Haut. 0v,13. 
309. —. Pupitre. de koran en bois. tourné. Pro- 
venance de la mosquée.el-Mouayyed..— Haut. 1°,29,. 


196 SALLE N° 7 


II. — Treillis en lattes. 


31. — Grillage en bois découpé. 


82. — Treillis à mailles octogonales.— Lo:g.0".75. 
83. — Treillis à mailles cruciformes.—Haut.0",93. 
34. — Treillis à mailles octogonales et cruci- 

formes. — Haut. 1,00. 


3%. — Treillis à mailles stelliformes.—Haut.1".35 


36. — Treillis à mailles stelliformes et cruci- 
formes. — Haut. 0”,60. 


III. — Portes en bois 


37. — Vantaux de doulâb (sorte de placard) 


ornés d’arceaux dans la partie pe — 
Haut. 1,70. 


38. — Porte; travail d’ Er — Haut. 1,64. 

39, — Devant de douläb à cinq portes ; trois 
motifs de travail d'assemblage. — Long. 3,35. 

40. — Devant de douläb, surmonté d’ares. — 
Haut. 17,63. 

Ai. — Porte. Motif ondulé. — Haut. 1, 07. 

42. — Porte. Le motif des panneaux se com- 


pose de carrés et de rectangles à disposition obli- 
que. — Haut.0m,95. 

43. — Porte. Le motif des panneaux se com- 
pose de carrés et de rectangles à assemblage 
perpendiculaire. — Haut. 1",00. 


SALLE N° 7 1957 


44. — Porte. Motif en rosace de six mailles.— 
Haut. 4v,80. 


45-46. — Devant de doulâäb — Motif de ro- 
sace de dix mailles. — Haut. 1,76. 


47%. — Trois devants de placard. Le champ du 
milieu à motif hexagonal. — Haut. 17,75. 


48-49. — Portes de doulàäb. Le motif des pan- 
neaux en forme de marches. — Haut. 4», 08. 


50. — Porte de douläb. Motif rectangulaire. — 
Haut. 1,08. 


51-52. — Porte de -doulâb. Motif hexago- 
Nal. — Haut. 1,08 

53-54. — Porte de placard. Motif rectangu- 
laire. — Haut. 1v,08. 


55. e de koran, bois découpé en un 
seul morceau. Provient de la mosquée el Mouaÿ: 
yed. — Haut. 1w, 00. 


IV. — Lustres en bronze. 


56. Lustre cylindrique à six étages. Les pan- 
neaux ajourés sont ornés d'arabesques et de des- 
sins géométriques, à l'exception de ceux du 
troisième étage, qui sont formés de plaques où 
sont gravées des inscriptions. Ces plaques sont 
séparées les unes des autres par des médaillons. 
L'inscription porte le nom du sultan Kânsoû el- 
Ghoûri. Le dôme est surmonté d’un croissant, le 
tout recouvert d'ornements gravés et d’inscrip- 


58 SALLE N° 7 


tions énumérant les titres du sultan donateur. 

L'inscription des médaillons est ainsi conçue : 

ovai 5 6 pif ana à, 2M SLI EN 5e 

Gloire à notre seigneur le sultan, le roi très 
noble Kansoû el-Ghoüri. Que sa victoire soit 
exaltée. — Haut 1,55. 

57. — Lustre de forme prismatique à douze 
côtés et six étages. Les côtés sont formés de pan- 
neaux carrés ajourés de dessins géométriques. 
Dôme surmonté d'un croissant avec inscription. 
Provient de la mosquée du sultan Hassan. L'in- 
scription qui occupe la plus grande partie-du 
dôme, fait connaître le titre et le nom du dona- 
teur. C'est Æeissoûn el-Melki el-Nâssiri. 

1572l\ SM yes 
Haut. 1",50. 

Au troisième étage, tous les deux montants, 
court l'inscription suivante : 

Lilave s CAE Dati Lens à Ho #12 dl de 

Fait par le maître Bedr Abou Yälä'en l'an, 
mois (?) trente ‘et sept cents (1329). 

ten ,\e, #4 

Fut-achevé (dans) le délaide-quatorze jours. 

En comparant des lettres de cette dérnière 
phrase avec celles de la phrase précédente et'en 
tènant compte ‘de ‘la faute commise dans le mot : 


JE )!  quüdtorse, ôn “peut conclate ‘que Cest 


SALLE N° 7 199. 


lemaitre Bedr, peu versé dans l'orthographe, qui 
l'aura ajoutée dans un but facile à comprendre. 

58. — Lustre composé de deux parties. La 
partie inférieure en forme de plat à douze douilles. 
est reliée par trois chaînes au dôme qui est ajouré 
et surmonté du croissant. Des bras sont attachés 


en plusieurs endroits pour recevoir des veilleuses. 
Haut 2,00. 


HUITIÈME SALLE 


Por 
Cuirs 


Cette branche si importante de l’industrie arabe 
n’est représentée que par un coffre à livres et 
environ trois cents reliures ?.. 

Ces objets sont intéressants à deux points de 
vue: ils nous montrent d’abord à quel degré de 
perfection était arrivé l'art de la reliure en 
Orient ; ils s'offrent ensuite à nous comme les 
modèles dont s’inspirèrent les ateliers européens 
dès le xv° siècle, à la suite des Italiens, à qui re- 
vient l'honneur de les avoir importés. 

Les reliures orientales sont à tranche plate et 
presque toujours munies d’un rabat aussi orne- 
menté que le reste de la reliure. A l'opposé des 


À Prisse d’Avennes, qui parle dans son ouvrage de toutes les 
industries arabes, n’accorde aucune mention à celle du cuir. 


2 Toutes les reliures de la collection, à part quelques échan- 
tillons trouvés dans la mosquée Barkouk, proviennent de la mosquée 
el-Mouayyed. Elles y étaient entassées, au milieu delivres, dans 
une petite chambre derrière le mur du mihrâb et devaient, très- 
probablement, faire partie de la bibliothèque dont le constructeur 
avait doté la mosquée. 


CUIRS 161 


reliures européennes, le plat de la couverture ne 
dépasse jamais la tranche ". 

Dans les livres de moyenne dimension, le rabat 
est donné en traçant une ligne qui va d’un tiers du 
côté jusqu’au centre du plat. 

Cette règle n’est appliquée ni aux livres de 
grande dimension, ni aux rabats des étuis dans 
lesquels les livres sont introduits par le pied ?. 

Les reliures dont nous avons à nous occuper 
ici sont généralement en maroquin. Comme com- 
plément d’ornementation on employait aussi d’au- 
tres matières, divers tissus, la soie, par exemple. 
On laissait au cuir sa couleur naturelle et l’on n’en 
peignait que certaines parties. 


À M. Paul Adam (Kunstyewerbeblatt N° 5, 1888. Leipzig) dit que 
le rabat ne couvre pas le plat, mais que, au contraire, il est placé 
au dessous. 


Ce mode est encore employé aujourd’hui por les Orientaux ; 
cependant les considérations suivantes nous portent à ne pas por- 
tager lPopinion émise par cet auteur : Tout d’abord les ornements 
du rabat représentent sur le plat exactement la partie cachée, de 
manière que la face est complètement rétablie. (Vitrine A. Ne 7) : 
ensuite, l’épaisseur assez considérable du rabat, surtout dans les 
reliures turques, empêcherait de l’adapter convenablement au- 
dessous du plat. 


2 Les reliures rich-s ne pouvaient se passer de ces sortes d’étuis 
quan | elles atteignaient certaines dimensions comme dans certains 
korans ; on avait recours à des coffres en bois richement peints 
ou sculptés ou recouverts de métaux finement travaillés. 

On trouvera dans la salle IV, sous le N° 48, les débris d’un coffre 
du même genre. à 


d'A 


162 HUITIÈME SALLE 


Nous diviserons les reliures orientales en qua- 
tre groupes : 


I. — Les reliures arabes. 
II. — Les reliures turques. 
III. — Les reliures persanes. 
IV. — Les reliures à surface vernie. 


$ I. — Reliures arabes. 


Cette série, originaire des ateliers égyptiens, 
est une des plus riches et des plus variées. Malgré 
le luxe des arabesques dont le jeu des lignes et 
des contours est capricieusement composé, les fers 
employés à cet effet ont toujours été très-res- 
treints. 

Les ornements des plats sont en creux lors 
même que, dans les gardes, on a fait emploi du 
relief. (PI. XX). En vertu du même principe basé 
sur la recherche du contraste, dans les plats, l’or- 
nement est doré et quelquefois colorié,. tandis 
que le cuir des gardes conserve sa couleur natu- 


Père, 


Un procédé auquel on avait souvent recours 
consistait à découper un dessin végétal en l’appli- 
quant sur un fond de soie verte ; ensuite on re- 
haussait d’or les tiges et feuillages. — Cet or était 
placé au préalable sur les contours et pressé au 
fer chaud. L'effet ainsi obtenu était très-heureux 
(PLXTEX UNS TR 


Comme nous le verrons plus tard,ce système d’or- 


CUIRS 163 


nementation se développa chez les Persans et les 
Turcs et atteignit une surprenante perfection. Ge 
qui en diminue toutefois la valeur, c’est le fait que 
la découpure s’effectuait non pas à la main com- 
me chez les Arabes, mais au moyen de formes. 

En ce qui concerne le caractère ornemental des 
reliures arabes, nous y retrouvons ces motifs bien 
caractéristiques que nous avons admirés dans 
toutes les branches de leur industrie d'art. — A 
l'extérieur on employait de préférence les figures 
polygonales et les inscriptions, tandis que les 
gardes étaient ornées d’arabesques. Ces dernières 

sont très-bien représentées dans la colléetion du 
musée. Pour ce qui est des inscriptions, au con- 
traire, c’est à la Bibliothèque khédiviale que nous : 
devons nous référer, car c’est là seulement qu'on 
y trouvera réunis les spécimens les plus impor- 
tants. (PI. XX). 

Nous mentionnerons surtout la couverture du 
koran de la mosquée de Gaï el-Youssefi, dont la 
dernière page contient certaines phrases qui nous 
permettent de faire remonter jusqu’ au xrt1° siè- 
cle le livre encoreen possession de sa reliure ori- 
ginale. 

Les reliures de cette première série ont une 
grande importance, en cesens que c'est précisé- 
ment celle qui a influé sur le développement de 
la reliure en Europe. 

Les premières reliures italiennes, les Majoli, 


164 HUITIÈME SALLE 


les Canevarius, les Grollier et plus particulière- 
ment les Corvinus, nous le prouvent suflisam- 
ment. { 


S IL et III. — Reliures turques et persanes. 


Avec la domination turque prend fin l'indus- 
trie proprement indigène. Un grand changement 
s'opère alors dans la façon et le décor. 

Au lieu de se servir du fer dont l'emploi ou- 
vrait un champ vaste à l'habileté et à la fantaisie 
de l'artiste, car c’est grâce à ce procédé que l’on 
a pu obtenir les plus belles arabesques, on eut re- 
cours à des matrices, dont la valeur artistique, 


malgré la beauté des dessins, devait être néces- 


sairement inférieure. 

La conséquence naturelle de cette nouvelle mé- 
thode a été l'abandon du dessin polygonal et de 
l’arabesque de style proprement arabe. On y sub- 


stitua les ornements dont le caractère persan ori- 


ginal se trahit par la prédominance des motifs 
naturalistes. Rien n’établit mieux le bien fondé 


1 Bien que les reliures appartenant à la Bibliothèque du roi 
de Hongrie Mathias Corvin et qui se trouvent aujourd’hui dans le 
Musée national de Budapest datent de la Renaissance, elles ont un 
cachet si franchement oriental qu’o2 les prendrait plutôt pour des 
ouvrages fabriqués en Orient. 

Ces reliures, qui datent du règne même du roi Mathias Corvin 
(1458-1490) ont été transportées à Constantinople avec le reste du 
butin, lors de l'invasion turque dansle XVIe siècle et ne furent 
rendues à la Hongrie qu’en 1875 par le sultan Abdul Aziz. 


CUIRS 165 


de cette assertion qu'un volume du koran de la 
mosquée de Gaï el-Youssefi, déjà signalé et qui a 
été écrit en l’an 1176 de l'hég. (1762), très proba- 
blement pourremplacer un volume égaré.— (N° 94 
de la Bibliothèque khédiviale). 

Le goût de plus en plus ,osé pour le relief dé- 
termina l’ouvrier à recourir au moule. Le cuir y 
était énergiquement comprimé et y prenait ces 
saillies très-accusées qui caractérisent les reliures 
turques et persanes. 

La collection de la société industrielle, à Dus- 
seldorf, nous donne d’utiles renseignements sur 
ces moules!. Ils étaient en peau de chameau. 
On prétendait qu'ils appartenaient à une épo- 
que éloignée et que plus tard on se servit de ma- 
trices en métal, ainsi que le prouverait la finesse 
des reliefs obtenus dans les reliures les plus ré- 
centes. Le hasard m'a mis en présence de trois 
moules en cuivre jaune, qui, comme nous le 
prouvent les ornements et la disposition des 
inscriptions, doivent appartenir à une époque 
récente, assez éloignée toutefois pour ne pas être 
rangée parmi les produits de l’industrie contem- 
poraine?. (Nous donnons à la fig. 3 de la PI. XIX 
le dessin d’un de ces moules.) 


1 Voir le Kunstgewerbeblatt 7 précité. 
. Ces moules, de grande valeur pour l’histoire de là reliure 


appartiennent à la collection de M. J. A. Cattaui Bey, dun Caire, 
qui a bien voulu me les confier pour m'aider dans cette étude. 


166 | HUITIÈME SALLE 


Lorsque les relieurs persans et tures voulaient 
obtenir des effets en profondeur, ils avaient re- 
cours à deux épaisseurs de cuir qu'ils superpo- 
saient, non sans avoir au préalable découpé lé- 
paisseur supérieure à la demande du motif voulu 
et de telle façon que ce motif se trouvât avoir 
pour champ l'épaisseur inférieure. On obtenait 
ainsi des ornements à deux couches du meilleur 
effet. Un des exemples les plus intéressants de 
cette main d'œuvre nous est fourni par le koran 
donné en 1032 de l'hég. (1622) par la princesse 
Safia, mère du sultan Mohamed Khân, à la mos- 
quée qu'elle avait fondée au Caire, (n° 27 de la 
Bibl. khéd.). Extérieurement une large bordure 
d'inscriptions en vigoureux relief contourne le 
milieu et les angles obtenus par le système du 
découpage. Les contours conservent la couleur 
naturelle du euir, tandis que le reste de la re- 
liure est orné de dorures de divers tons. Dans le 
dernier volume du même koran, les bordures sont 
décorées d’ornements et non d'inscriptions. L’ex- 
térieur n’est pas moins délicatement travaillé ; 
la garde entière est recouverte d'un gracieux 
réseau d’ornements finement découpés et dorés. 
Les champs sont peints en rouge, bleu et noir. 

On n’a jamais employé les ' découpures avec 
autant de succès que dans les reliures persanes, 
véritables chefs-d'œuvre dont le modelé est d’une 
netteté admirable. 


de a. n°: 


CUIRS 167 


Comme dans d’autres branches de l'industrie 
persane, nous trouvons dans la reliure aussi des 
figures d'hommes et d'animaux. La reliure n° 56 
de la Bibliothèque khédiviale! offre toute sortes 
de figures d'animaux, notamment des têtes 
agencées dans les rinceaux. 


$S IV. — Reliures vernies 


Ce genre de reliure parait être le procédé le 
plus moderne. Pour l'obtenir, l'artisan couchait 
sur le cuir un enduit analogue au plâtre. On 
y peignait des inscriptions, surtout des fleurs 
d’après nature et avec leurs plus vives couleurs; 
on passait ensuite sur le tout une couche de 
vernis protectrice. Ce vernis ne tardait pas à 
s’oxyder et à prendre une teinte jaunâtre; mais 
là où il s’écaille, on voit réapparaître la peinture 
dans toute sa fraîcheur. 

Cest encore à la Bibliothèque khédiviale que 
nous renvoyons l'amateur curieux des spécimens 
de ce genre, en lui signalant le n° 32, un koran, 
qui porte la date 1205 de l'hég. (1790). Au- 
jourd'hui, l’art de la reliure en Orient est tombé 
si bas que c’est tout comme s’il n'existait plus. 


Nous avons dit plus haut que les travaux sur 


: Divan Suleiman Ibn el-Souaghi écrit en 841 de l’hég. (1431). 


168 HUITIÈME SALLE 


cuir exécutés par les Arabes n'étaient représentés 
que par des reliures, mais l’Arabe comme tout 
oriental est éminemment guerrier et cavalier.Com- 
ment n'en pas conclure que la séllerie dut deve- 
nir dans ces conditions une des industries les 
plus florissantes. Malheureusement.il ne nous res- 
te rien à mettre en regard de cette conjecture 
si vraisemblable. 


PL. XIX 


+ < # 
HS SSSENN : 
À. nr 


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À 
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Al 


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FT, 


St 


Salle VIII 


2 


Salle VIII. 


PÉLIURES: 


: GARDE : 
RELIURES DE LA BIBLIOTHÈQUE 
. KHÉDIVIALE (CAIRE) 


re 


ra 
HEC 


SALLE N° 


VITRINE À. 


(contient 67 pièces de reliures). 


#4. — Rabat d’une reliure en cuir à ornements 
découpés et recouvert d’un tissu vert. Les tiges et 
les contours des feuillages sont pressés au fer et 
rehaussés d’or. 

On voit, à quelques gaucheries, que le travail 
a été fait à la main. — (PI. XIX). 

2. — Plat d'une reliure en cuir. Au milieu, une 
rosace formée de lignes géométriques de différen- 
tes couleurs et dont quelques unes sont dorées, — 


(PI. XIX). 

8. at d’une grande couverture ; ; orne- 
ments pressés. — Long. 0,82. 

4-3. — Gardes de reliure en cuir recouvertes 


de jolies arabesques. Les ornements clairs, dans 
la couleur naturelle de la peau, se détachent du 
fond plus foncé et pressé. 

6. — Plat d'une reliure en cuir couvert 
d’ornements géométriques. 


:'170 SALLE N° 8 


Au milieu, une rosace à douze mailles. Les 
motifs d'angle sont formés de quarts de rosace; les 
alternances des mailles sont accusées de points 
dorés. 

%. — Rabat de reliure. Entrelacs formés 
d'éléments alternativement cuir et or. Le tout 
est renfermé dans une large bordure ayant pour 
motif des lignes géométriques. 

8. — Plat d'une reliure turque (genre persan) 
en cuir. Le milieu est occupé par un champ 
ovale enchassé en contre-bas, duquel se détachent 
enreliefdes feuillages et des fleurs naturelles. Les 
bords du plat sont rehaussés de lignes dorées. 


VITRINE B. . 


(contient 204 pièces de reliures). 


3. — Rabat de reliure, conforme à celui qui est 
décrit sous le N° r. 

#0. — Plat d’une reliure en cuir entièrement 
couvert d’ornements polygonaux. 

#4. — Caisse-bibliothèque de koran, en bois, 
recouverte de cuir. La caisse a son plan hexa- 
gonal divisé en trois compartiments à dix 
rainures. Les parties restantes du cuir qui se 
trouvent sur le corps de la caisse contiennent 
une ornementation plutôt sobre. La base, par con- 
‘tre, est bordée d’une jolie bande richement do- 


e 


SALLE N°8 171 


rée. Les quelques mots de l'inscription de cette 
dernière nous ont conservé le nom de « Känsoû » 
(Känsoù el-Ghoûri), l'avant-dernier sultan cireas- 
sien (1501-1916). La rosace du couvercle en 
cuir, repoussé et doré, est d’une composition 
délicate et riche. 


#42. — Etofle brodée en soie. 
#43. — Couvre-tombe en drap rouge avec 
applications de velours et de soies. 


‘#4. — Lustre en cuivre jaune. — (PI. VI). 

Le lustre consiste en un dôme ajouré en fine 
dentelle ; ce dôme couvre un plateau à neuf douil- 
les. Parmi les nombreuses inscriptions travaillées 
au burin, on relève les titres du sultan Mohamed 
el-Nâsser. La fin de l'inscription est ainsi conçue : 


ph lt EN AN +.» 


e 72) ÿ la Rou] Do Cy 
...... le sultan, le roi victorieux, le défunt 


Mohamed, fils de Kalaoëûn, le martyr, le salehi; 
que Dieu exalte ses victoires. 


COULOIR 


#4. — Porte en bois à deux battants, panneaux 
à ornements et inscriptions coufiques sculptés. 
L'inscription est au nom du khalife el-Hâkem bi- 
Amr Allah, 996-1020 après J. C. Provenance de 
la mosquée el-Azhar. — Haut. 3,20. 

Sur cette ancienne porte, on relève des traces 
de réparations. L’ossature semble avoir été com- 
plètement renouvelée, ainsi que quelques uns des 
panneaux, notamment ceux dont l’ornementation 
est le moins fouillée. Non seulement des pan- 
neaux ont été renversés lors de leur remontage, 
mais encore les champs à inscriptions ont été 
intervertis. Ainsi, le vantail droit contient l'in- 
scription qui appartient au vantail gauche et 
vice-versa. 

Nous lisons : 


Sur le vantail gauche Sur le vantail droit 
oser ce) LN s pr] b s à rev 
des «de al Le ab, cu st 4 


Notre seigneur le prince des croyants, l'imäâm 
el-Hâk:em bi-Amr Allah. Que les bénédictions de 


COULOIR 173 


Dieu tombent sur lui, sur sa vie pure et sur ses 
descendants. 


2. — Face d’un balcon en bois sculpté. — 
Long. 2%,56. 

3. — Côté d’un balcon avec petite fenêtre en 
saillie. — Haut. 17,95, 

4. — Porte en bois à deux battants fort inté- 


ressante à cause de ses sculptures représentant des 
figures humaines et animales. Les lignes de sculp- 
ture, malheureusement effacées, sont identiques 
comme caractère et exécution à celles du pan- 
neau N° 54 de salle N° 4. Provenance de la mos- 
quée du sultan Kalaoûn. — xin° siècle. — 
Haut. 3,83. 

Porte en bois sculpté. En haut et en 
bas, des inscriptions ; au milieu, des ornements. 
Provenant de la petite mosquée el-Goharieh, qui 
fait partie de la mosquée el-Azhar. — Long. 4,30. — 
(Voir N° 44 de la page 129). 

&. — Grande porte en bois à deux battants 
richement sculptés d’ornements géométriques. 
Provenance de Damietite, — Haut. 4v,15. 

%. — Porte en bois à deux battants conservant 
encore une grande partie de ses bronzes d'appli- 
que perforés et gravés. Provenance de la mos- 


De 


quée de la princesse Tatar el-Hégazieh. — xrve 
siècle. — Haut. 2,30. 
8. — Côté d'un balcon en bois tourné. La 


partie inférieure est travaillée à la scie. — Hcut 2,30. 


174 COULOIR 


9. — Devant de balcon en bois tourné, sur- 
monté de cinq fenêtres en plâtre découpé. — 
Haut. 2,60. : 

49. — Battant de porte agrémenté de clous. 
Provenance du tombeau du sultan el-Ghoûri. — 
XVIe siècle. — Haut, 2v,95. 


#1. — Fragmént de planche; ornements et 
inscriptions sculptés. — Long. 2,62. 

#2. — Fragment de planche-sculpté, provenant 
d’un plafond. — Long. 0,80. 

413. Treïllage en fil de laiton. — Haut. 0n,97. 

#4. — Face d'un balcon à trois fenêtres ; le 


soubassément est en travail d'assemblage, les 
nœuds sont cubiques. Ce ‘spécimen de bois tourné 
ést appelé dans le pays « ma’ moûni ». — Haut. 4,75. 


#53. — Solive sculptée provenant du tombeau 
du sultan el-Ghoûri. — xiv° siècle. — Long. 2,88. 

48. — Planche sculptée avec traces de dorure. 
— Long. 2,80. 

47-22. — Planches sculptées ; du tombeau 
du sultan el-Ghoûri. — Long. 1v,05 — 2,80. 

23. — Plafond en bois; les dessins géomé- 
triques sont formés de baguettes clouées. — 
Long. 3,20. 

24-26. — Planches sculptées provenant du 
plafond de la mosquée el-Märdäni. xrv° siècle. — 
Long. 147,60 — 2,53. 

23-34. Planches sculptées ; ornements en 
relief. Fragments du plafond de la mosquée 


COULOIR | ; 199 


du sultan el-Zäher Barkouk fondée en 1384. 


Ces bois ont été déposés, dans le musée lors de la réparation de 
cette mosquée, cn 4891. 


3%. — Planche sculptée. — Plafond du tom- 


beau du sultan el-Ghoüûri. — Long. 2,80. 

36. — Kragment de chambranle d’une fenêtre 
ronde en bois sculpté. — De la mosquée el-Mär- 
dâni. — Larg. 0w,20, 

3. — Deux morceaux de planche; inscrip- 
tions sculptées en grands caractères. — Long. 1,78. 

38. — Vingt-cinq planches ornementées de 


sculptures. Du plafond de la mosquée el-Màrdani. 
— Long: 1m,50 — 2m,47. Le 

89. — Huit pièces de stalactites en boïs prove- 
nant d'un plafond. — Haut. 0m.65. 

49. — Deux morceaux . d’une frise à orne- 
ments et à nds en plâtre, avec peinture 
et dorure. — Long. 2,7: 


4. — Porte en. béis ; petits panneaux assem- 
blés. — Haut. 1,90. 

42. — Deux battants d'une porte. Les pan- 
neaux sont incrustés d'ivoire. — Haut. 2,48. 

Le milieu du ventail droit est mal réparé. 

43-45. — Planches sculptées, provenant du 


plafond de la mosquée el-Mârdäni.— 1,30 — 2,60, 
46-42. — Planches sculptées provenant du 
tombeau du sultan el-Ghoûri. — Long. 1.19 et 2v,60. 
48. — Face d'un balcon en bois tourné, à 
trois fenêtres. — Long. 2,87. 


170 : COULOIR 


49, — Fragment de planche ; inscriptions et 
ornements sculptés. — Long. 2,27. 

50. — Battant d’une porte garni de clous dis- 
posés en figures géométriques. — Haut. 2,95. 

Du tombeau du sultan ei-Ghoüri. 

54. — Face d’un balcon à cinq fenêtres. — 
Long. 3,57. 

52. — Côté d’un balcon avec une fenêtre 
oblongue; le soubassement est travaillé à la scie. 
— Haut. 2m,82. 

33. — Soubassement de balcon orné de rosaces 
en boïs tourné ou scié. — Long. 2,54. 

54. Grille formée de petites pièces de bois 
à assemblage géométrique. — Long. 2,42. 

53. — Porte à deux battants ornée de panneaux 
sculptés ; inscriptions coufiques et naskhis. Les 
pièces d'assemblage sont de bois d'espèces di- 


verses. 


Du tombeau du sultan Sàleh Nigm el-Dyn ibn Ayoub. XIIIe 
siècle. — Haut. 4,35. 


56. — Porte formée de petits panneaux as- 
semblés. — Haut. 2,15. 
5%. — Face d’un balcon. — Long. 2, 50. 


58. — Linteau d'une porte de boutique de l'O- 
kâlat Kaïthbaï à Gamälieh. Les panneaux sont 
en bois tourné ou sculpté ; inscriptions au nom 
du sultan Kaïtbaï. — Long. 2,68. | | 

39. — Côté d’une mchrabieh à petit balcon.— 
Haut. 1,50. 

G6®. — Face de mchrabieh en bois tourné, à 
soubassement et à panneaux pleins. — Long 2m,35. 


COULOIR 179 

&14. — Solive sculptée provenant du plafond 
du tombeau du sultan el-Ghoûri. — Long. 4%,80. 

@62. — Porte en bois à deux battants conser- 


vant encore une grande partie de ses appliques 
en bronze, provenant de la mosquée de la prin- 
cesse Tatar el-Hegazieh. — Haut. 4,20. 


Le haut et le bas des vantaux portaient des panneaux à insCrip- 
tion. Entre ces deux champs oblongs, il y a un placage consistant 
en pièces polygonales perforées et disposées en forme de rosace 
à douze et neuf mailles. 


63. — Poutre sculptée; inscriptions au nom du 
cheikh Mohamed Abd el-Latif. 1178 de l'hég. 
(1964). — Long. 3",82. 

64-68. - Panneaux en bois tourné.- Long 0",62-1m,22, 


&9. — Dix planches provenant d'un plafond. 
— Long, 0w,80-1",90, 

3@. — Quatre portes en planche ; ornements 
sculptés. Provenant de l’okäla Sounboul à Bein 
el-Sourein, démoli en 1884. — Haut. 1",40-1",53. 

4. — Linteau d'une porte de boutique de lo- 


kâla Kaïtbaï. Les panneaux inférieurs sont en 

bois tourné ou sculpté; inscriptions au nom de 

ce sultan. — Long. 2,57. 
22.— Panneau en bois avecinscription —Long. 4". 


#3. — Deux fragments de planche avec in- 
scriptions en grands caractères. — Long: 0",70 1,05. 
24. — Cinq fragments de planches à inscrip- 


tions coufiques. Provenant de la frise qui cou- 
ronne les parois intérieures de la mosquée d’Ibn 
Touloun. IX° siècle. — Long. 1",00-1v,0. 


12 


198 COULOIR 


#53. — Fragment du plafond de la baie d'une 
porte. Mosquée d’Ibn Touloun.— Long. 4,82. 

26. — Pièce de bois provenant de la rampe 
d'un minbar de la même mosquée. — Long. 0,98. 

Ce minbar est un don du sultan Ladjyn. — XIVe siècle. 

27. Planche portant des ornements en bois 
scié, aux arêtes arrondies. Travail moderne ; pro- 
venant de la mosquée de Saïda Zeinab.—Long. 2,1. 

#8. — Deux corbeaux en bois. — Provenant 


de l’intérieur d’une maison. Travail moderne. — 
Long. 1,63. 


9. — Lustre en forme de prisme hexagonal. 
Travail moderne. — Haut. 1",00. 

80. — Vase en cuivre jaune. — Haut. 0,30. 

84. — Lustre en cuivre jaune. Moderne. — 
Diam. 0,25. 

82. — Vase en cuivre jaune. — Haut. 6,70. 

83. — Lustre en cuivre jaune à cinq veilleu- 
ses, recouvert d'un dôme ajouré. — Haut. 6m,55. 

84. — Vase en cuivre jaune. — Haut. 0",70. 

S>3. — Lustre en cuivre jaune. — Le plateau 


contient sept ampoules à inscriptions ciselées. 
Le dôme qui recouvre le plateau est décoré 
d’ornements et d'inscriptions. — Haut. 0,70. 

86. — Lustre en cuivre jaune, en forme de 
pyramide hexagonale couronnée d’un bulbe. Le 
tout est ornementé de dessins et d'inscriptions à 
jour. — Haut. 0,75. (PI. VIT.) 

87. — Lustre en cuivre jaune portant un 
plateau — Haut. 2,20. 


COULOIR 179 


88. — Fauteuil à panneau en bois tourné et 
sculpté. — Haut. 19.50. 

89. — Quatre queues d'aronde. Provenant du 
minaret de la mosquée Aksounkor en ville. 
XIV siècle. — Long. 0m,19-0m,37. 

90. — Dikkah (banc) en bois tourné et décou- 
Ppé. — Long. ?»,43. 

91-92. — Planches en bois, ornées d'inscrip- 
tions en relief ; de la mosquée el-Azhar. 

91. — Les lettres sont en grands caractères 

92. — Texte de l'inscription : 


SM M BL Le, Las lle 38 pal 
St à se LS LL el + \ 


La réparation de cette mosquée bénie fut 
ordonnée par notre maître et seigneur le sultan, 
le roi très-noble, Abou el-Nasr Kaïtbaïi. Que 
Dieu conserve son royaume. 

93. — Planche sculptée. Le commencement 
de l'inscription est tiré du koran, la suite se 
rapporte à la construction d’un mihrab exécuté 
en 753 de l’hég. (1352 après J.C.) 

94. — Planche d'inscription relate le don 
d'un koran | Fat Lis2k\ de la part de Badr Lou- 
lou en l'an 858 de l’hég. (1454 après J.C.) 

D». — Panneau. L'inscription finement tracée rappelle 
l'érection d’une mosquée. 


LES ANNEXES DU MUSÉE 


DOM 


Le local du Musée proprement dit ne suflisant 
pas à contenir tous les objets, un grand nombre 
d’entre eux ont été provisoirement déposés dans 
les chambres de l'annexe N° I et dans le kiosque 
en bois, annexe N°II. 

Les objets exposés dans l'annexe N° EI com- 
prennent : 


A. — Portes ET FENÊTRES 


a) Portes en bois en travail d'assemblage. 


#. Porte composée de petits panneaux. Le 


dessin du milieu est à système hexagonal. — 
Haut. 40,75. 


2. — Porte à un vantail. Système de panneaux. 
— Haut. 2,00. 

3. — Analogue au numéro précédent. 

4. — Porte à un vantail. Travail d'assemblage ; 


le centreest occupé par une rosace à douze mailles. 
— Long. 0,93, haut. 1.95. 

3. — Porte à un vantail. Système de panneaux. 
— Haut. 4,85. 


LES ANNEXES I8I 


&. — Vantail de porte en bois, système de pan- 
neaux, au milieu combinaisons hexagonales. — 
Larg. 0,64, haut. 2,95. 

2. — Comme le précédent. Les panneaux du 
haut et du bas sont en deux morceaux. Haut. 20,95. 

8. — Porte secrète en forme d’armoire. — 
Haut. 1,90. 


b) Portes et fenêtres ornementées de bronze. 


3, — Porte en bois à deux battants, plaquée 
de cuivre et ornée d'étoiles à huit branches, en 
bronze fondu, Provenant de la mosquée Säleh 
Telâäyeh Abou Rezik. XIe siècle.— Haut. 4v,37. PL IX. 

49. — Porte en bois à deux battants, provenant 
du tombeau de l’Imâm el-Chafey. — Haut. 3",23. 

Analogue au N° précédent . 

#4. — Porte à deux battants. Le milieu a con- 
servé une partie du placage en bronze.- Haut. 4",30. 


I! est visible que le haut et le bas dela porte étaient recou- 
verts de panneaux à inscriptions. 


#2. — Vantail de fenêtre, orné en haut et en 
bas de plaques en cuivre encadrées de bronze et 
découpées en fleurs de lis. — Haut. 3,55. 

43. — Vantaux de fenêtre en bois. Système 
de panneaux assemblés. Charnières en bronze 
gravées. Inscriptions sur le panneau supérieur. 
Provenant de la mosquée du sultan Solimân (Saria 
el-Guebel), à la Citadelle. xvi° siècle. — Haut. 2v,25. 


182 LES ANNEXES 


44. — Vantaux d’une fenêtre. 


Comme le numéro précédent et de même provenance. Le 
fragment du couvre-joint contient de jolis ornements sculptés. 


45. — Vantaux de porte avec fausses pentures 
en cuivre. Le haut et le bas du devant sont pla- 
qués d’une lame, la penture supérieure est enca- 
drée de fleurs en bronze fondu. — Haut. 3,25 

46. — Vantaux d’une porte en bois conservant 
quelques restes d’un encadrement en cuivre 
jaune fondu et ajouré. — Haut. 3,07. 

#7. — Quatre vantaux de portes en bois 
portant encore les restes d’un placage en bronze, 
notamment des équerres fondues et percées à jour. 
Deux des vantaux ont conservé le heurtoir. — 
Haut. 3,17. 

8. — Vantail de porte analogue au numéro 
précédent. En haut, inscriptions ; au milieu, reste 
d'une rosace en bronze fondu et perforé. Pro- 
venant de la mosquée el-Mouayyed. — Haut. 3,14. 


c) Portes et fenêtres ornées de bronze (modernes). 


49-23. — Portes en bois à deux vantaux, pla- 
quées de bronze fondu et percé à jour ; enca- 
drement de qualité analogue. Provenant de la 


mosquée Sayeda Zeinab, récemment reconstruite. 
19: Haut. 3%, 20. — 20: Haut. 3m, 20. — 21: Haut. 2", 28. — 
28: Haut. 9, 58. — 23 : Haut. 2,05. 


LES ANNEXES 183 


B. — MEevgzes. 


24. — Chaise en bois tourné. Les côtés infé- 
rieurs sont formés de planches découpées en 
arcs. — Long. 4,70. 

53. — Chaise semblable à la précédente. La 
moitié du dos est en retrait pour permettre la 
pose d'un pupitre en forme de X (Voir ce spéci- 
men de pupitre sous Les N° 28-32). — Long.1",36. 

26. — Chaise de lecteur de koran (Koursi 
sourat el-Kahf). Joli travail d'assemblage, mais 
en mauvais état. — Long. 1",55. 

23.—Chaise de lecteur de koran; même système 
de montage que dans la précédente, incrustée d'1- 
voire à face unie ou sculptée sur les côtés. Pan- 
neaux en bois tourné. — Long. 1,25. 

Ces deux meubles proviennent de mosquées. 

28-34. — Pupitres de koran (Koursi Mous- 
haf). De la mosquée el-Mouayyad. — 28, Haut. 19,11. 
— 29, Haut. 1.12. — 30, Haut. 1",00. — 31, Haut, 1",09. 

32. Pupitre en bois tourné. Les vides étaient 
anciennement aussi garnis de pièces en bois 


tourné, dont une seule subsiste. — Haut. 1",20. 
33. — Minbar (chaire de mosquée). 


: Riche travail. Les surfaces sont composées 
de panneaux disposés en lignes géométriques et 
incrustés d'ivoire finement sculpté. Les rampes 
sont en bois tourné. Les côtés du baldaquin sont 
traités avec le plus grand soin. 

Ce meuble à beaucoup souffert ; il porte des traces de. répara- 


184 LES ANNEXES 


tion. Provenance de la mosquée fondée par la Princesse Tatar el- 
Hegazieh, au XIVe siècle. 


34, — Coffret en bois incrusté d'os et de nacre. 
— Long. 0m,76. 
83. — Coffret en bois, incrusté d'os. 


Caissons Funéraires. 


36. — Caisson en bois (Faboût).Une inscription 


sculptée en relief couronne les quatre faces. 
Le couvercle manque. Provenant d’une chapelle funéraire de la 


rue Dalii Hussein, au Caire. — Long. 1,90. 
3%. — Trois faces d'un caisson pareil au précé- 
dent. — Long. 1",96. 
C. — Ogsets Drvers. 
38. — Pièce de bois composée de cinq pan- 


neaux ; celui du milieu porte une inscription 
sculptée au nom du sultan Kaïtbaï. Les panneaux 


sont en bois tourné aux extrémités. — Long, 2»,10. 
Provenant du tombeau de l’Imàäm el-Chafey. 
39. —— Devant de balcon en bois tourné. Le 


milieu est occupé par le reste d’une ouverture 
flanquée de fenêtres. Le socle est formé de petits 
arcs — Long. 11,68, 

40. — Côté d'un balcon en bois tourné. — 
Haut. 1,86. 


Ce spécimen de bois tourné nœud de cube) est appelé dans 
le pays « el-Mamouni ». 


4%. — Bois. Face d’un meuble composée de 
six panneaux ; celui du milieu est rempli de 
colonnettes. 


LES ANNEXES 185 : 


42. Cloison en bois tourné et découpé. Les 
panneaux du socle sont sculptés et disposés en 
arabesques géométriques. — Long. 4°,08. Provenant 
de la mosquée el-Bakri à Haret el-Otoûf, en ville. 


42, Bois. Soflitte d’une porte. Motif à trois 
champs finement sculptés. — Long. 2,10. 

44, — Stalactites à triple rangée, bois doré. — 
Haut. 0,40. 

&>3. — Escalier d'un minbar avec ses rampes. 


Limon et contre-marches décorées d'arabesques 
sculptées ; les nœuds cubiques de la rampe, 
qui est en bois tourné, sont également ornés 
d'arabesques. 


Provenant de la mosquée Kaoussoün el-Sàki {en état de ruine. 
— XIVe siècle). 


48. — Panneau carré en bois sculpté et ajouré. 
— Le côté a 0,48. 


44. Trois bandes de cuivre rouge ciselées 
avec inscriptions.. Détachées d'une porte. 

48-59. — Fenêtres en plâtre découpé. 

48. — Fenêtre à ouverture annulaire. — 
Long 0,84. 

La plus grande partie des vitres manque. 

49. — Fenêtre géminée à ouvertures poly- 
gonales. — Long.1",30. 

50. — Fenêtre à décor végétal. Long.o,6s. 

5%. — Base de colonne en forme de kolla!, 
marbre blanc. — Haut. 07, 42. 


AE De 

C’est le rom donné par les gens du métier aux bases ou aux 
chapitaux de cette forme à cause de sa ressemblance avec la kolla 
ou gargoulette. 


186 LES ANNEXES 


52. Marbre. Base (ou chapiteau) de colonne 
de même forme. -- Haut. 0,28. 

Cinq côtés seulement de l’octogone sont couverts 
d'arabesques, ce qai prouve qu'elle appartenait à 
une colonne engagée. 


33. — Idem. Les coins de la plinthe sont dé- 
corés de feuilles. — Haut. 0,42. 

34. — Chapiteau byzantin d'un feuillage très 
refouillé. — Haut. 0,45. 

53. — Bulbe d'un pilier d'angle, provenant 
d’une tombe en marbre (Tarkiba). — Haut. 0,50. 

56. — Quarante-deux pièces fragments de 
marbre sculpté. — Haut. de 0,30 à 1m,26. 

5%. — Dalle de marbre sculpté, brisée en deux 


morceaux. Le champ supérieur porte les mots 


bal LA Lesullan magnifique; dans le champ 


inférieur, deux chimères adossées. — Larg. 0m,73. 

Cette dalle avec sa face sculptée se trouvait 
scellée dans le mur à l’intérieur du tombeau du 
sultan el-Mouayyad. 

58. — Marbre portant quatre poissons sculptés. 
— Long, 22,90. 

59. — Douze pièces de pierres jaunes sculptées. 
— Long, de 0,28 à 0.53. 

Les objets classés sous les N°5 56 à 59 ont été 
trouvés dans la mosquée du sultan el-:Mouayyad 
(x412 après J.-C.) et transportés au Musée lors 
des travaux de restauration entrepris dans cette 
mosquée, il y à quelques années. 


LES ANNEXES AREEN Loir, 


6®. — Porte à un battant. Panneaux oblongs ; 
le haut et Le bas sont en bronze ; au milieu, frag- 
ment d’une rosace également en bronze. (PL. IX). 
Le métal de ce placage est fondu et à ornements à jour. 


61. — Parapet à dix panneaux en bois tourné. 


La deuxième chambre de l'annexe N° I, ainsi 
que l’annexe N°IT contiennent une grande quantité 
(plus de mille pièces) de pierres funéraires — Châ- 
hed — provenant en ’grande partie du cimetière 
d’Assouan et de l’ancien cimetière situé au sud 
du Caire. Les inscriptions en caractères coufiques 
qui couvrent ces pierres leur donnent un très 
grand intérêt. Elles datent presque toutes des 
Ile et IV siècles de l'hégire. 

La plupart d’entr'elles ont été données par 
la Direction du Musée égyptien. 


LISTE DES DONATEURS 


. le D' FOUQUET (1893). 

. M. HERZ (1893). 

. PHILIP (1887). 

. PUGIOLI (1887). 

. ALEX. ROSTOWITZ BEY (1886;. 
. le Professeur SCHWEINFURTH. 


TABLE DES MATIÈRES 


Pages 
AVANT-PROPOS......... NAN CA OA CP ï 
NÉ ODUCDIO NES ET Re RO AE NUE IX 
CATALOGUE 
PREMIÈRE SALLE : 
TO PT A RE SEE TT A Ne nes 3 
EE Pierres de taie tir Ua Tee du anne 
PE MAD LOS A LENS Me 14 
DEUXIÈME SALLE (Métaux)....,.....2,: Mere At 
PROISTEME SADER: LE Ven es nee pere 60 
SAME RON GRETA dent aie dela ess ace carre dre a nest 70 
Il. — Ecriteaux...... HAE EE ACCRA ME 89 
PR DENT NT ic di a00 an no are UE se Vire SANS a ss 


BOISERIES ET IVOIRE (Introduction pour la 
collection des salles N° 4, 5, 7 et du couloir) 96 


QUATRIÈME SALLE (Boiseries).....,......... 108 
CINGTDIDMENSAD Era eee sn ue 124 
SIXIBMBASADEE ((éTAMIQUE) ER AE MEN SE 130 
SEPTIÈME SALLE (Boiïiseries).........,....... 155 
ÉDOLDTEME MS ALL BE NCCUILS )e Re Re 160 
CODÉOER ee ed era AN ee derriere ln 172 
PREMIERE ANNEXE. 4000. PS ST Re 180 
DÉDXIEMESANNENRE, RER AS en ele 
EISTES DRÉADONATEURS INR RER 189 


20 PLANCTIES 


| 


3 9088 015 


LT